‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 58 sur 137 · CINQ-MARS · texte numérisé non relu

CINQ-MARS

père, puis pour sa grâce, pour son esprit orné, pour ses saillies heureuses. Ce fut en 1639 que, durant un voyage en Picardie, la cour s'aperçut delà faveur croissante du jeune d'Effiat, qui, de capitaine de mousquetaires, s'était rapidement élevé à la situation de maître de la garde-robe, puis à la dignité de grand écuyer. Il avait les reparties promptes, un caractère ouvert, un esprit enjoué, un peu railleur, et il employait dans la conversation des tours plaisants qui divertissaient la nature mélancolique de Louis XIII. Il passait Ses journées auprès du roi, et, le soir venu, il quittait Saint-Germain, où était la cour, pour venir à Paris se dédommager dans la société de la jeunesse galante, et oublier le rigorisme et la roideur de langage de son maître. Celui-ci, toujours sévère dans ses mœurs, blâmait Cinq- Mars de sa conduite, et ce fut là le premier sujet de querelles dans lesquelles intervenait quelquefois Richelieu pour les apaiser.

Peu à peu l'ambition se développa dans l'esprit du jeune d'Effiat, qu'étourdirent lés témoignages d'affection que lui prodiguait le roi. Il voulut épouser Marie de Gonzague, qui devjnt plus tard reine de Pologne. Le cardinal s'étant opposé à cette union d'une façon un peu blessante pour ce jeune présomptueux, et en essayant de le ramener à une plus modeste appréciation de sa valeur, celui-ci persista dans son projet, et, comptant sur la faveur du roi, il essaya de supplanter Richelieu. Comme il avait dans sa personne et dans son esprit beaucoup des

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