SA VANITÉ ET. SES PRÉTENTIONS
cher de surprendre ses projets et d'en mesurer la gravité. Il est incontestable que Cinq-Mars fut irrémédiablement condamné dans l'esprit de son maître, dès le moment où il osa menacer Richelieu. <( Je ne veux à aucun prix tne défaire du cardinal, lui dit un jour le roi. S'il faut que Fun de vous deux sorte, vous pouvez vous préparer à vous retirer. Ne vous flattez point lâ-dessus\ » Un jour que le maréchal Fabert causait avec le roi des opérations du siège de Perpignan, Cinq-Mars, présent à l'entretien, se permit quelques observations. « Vous avez sans doute passé la nuit à la tranchée, lui dit le roi, puisque vous en parlez si savamment? Allez, vous m'êtes insupportable. Vous voulez que l'on croie que vous passez les nuits à régler avec moi les affaires de mon royaume, et vous les passez dans ma garde-robe à lire l'Arioste avec mes valets de chambre. Allez, orgueilleux : il y a six mois que je vous vomis * ! » Or Louis ignorait encore la trahison de Cinq-Mars et le traité qu'il avait signé avec l'Espagne. Il ne pouvait donc qu'être excédé de l'insistance que mettait le grand écuyer à attaquer le cardinal.
Cinq-Mars, de plus en plus égaré par la vanité, ne renonce pas à son projet. Il s'adresse d'abord au chef naturel de toutes les conspirations du règne, à Gaston d'Orléans. Mais, depuis son infâme conduite à l'égard de Montmorency, Gaston ne pouvait plus espérer de recruter une armée en France. D'autre
< Mémoires de Monglat, p. 128, col. 1.
• Le P. La Barre,. Vie de Fabert» t. I, p. 308.