H TRAHISON DE CINQ-MARS
part le duc do Bouillon, depuis longtemps complice de Cinq-Mars, ne voulait exposer sa place de Sedan que si les conjurés lui procuraient une armée pour la défendre. C'est alors qu'ils s'adressèrent aux Espagnols. En attendant le retour de Fontrailles envoyé en Espagne, Cinq-Mars, qui était auprès de Louis assiégeant Perpignan, feignait de posséder encore sa faveur. <( Durant quinze jours, dit Montglat, il se tint dans un endroit apparent de l'antichambre dn roi, pour dissimuler sa disgrâce ; mais la porte lui était interdite ^ »
Bien que Louis XIII et Richelieu fussent encore dans une ignorance absolue des propositions portées en Espagne, les intrigues de Cinq-Mars avaient transpiré, et, à l'étranger, beaucoup croyaient à la chute prochaine du cardinal. En réalité, celui-ci était si peu menacé, et le roi considérait si bien son maintien au pouvoir comme une affaire d'honneur, cotnme un acte de gratitude nécessaire, qu'un officier français, arrivé de Hollande, lui ayant dit que les Hollandais voulaient faire la paix avec l'Espagne, sur le bruit de la prochaine disgrâce du cardinal :. « Qui lui donne-t-on comme successeur? demanda le roi. — On croit que c'est M. le grand écuyer; répondit l'officier. » Louis XIII rougit de colère et dit : <c Les Hollandais ont donc bien méchante opinion de moi"? » Du reste, il est utile de faire remarquer qu'en France, même à cette époque, on était con-
1 Mrmoireg dé» Montgtat, p. 128, col. S.
• Mf^mtnre» de Montglat» p. 129, col. ?.