PARTICIPATION DE LOUIS XIII
certaine clémence envers le fils. Louis XIU et Rirhclieu furent impitoyables, lï était dans la destinée du premier de toujours sacrifier aoit, à la di^ité, soit àl'autorité royale tous ceux qu'il voulut aimer. Depuis ïe berceau où il se refusa de chérir ses compagnons de jeu parce qu'ils étaient bâtards, jusqu'en 1643, il n'a cessé d'immoler ses préférences. La raison d'État lui interdit d'aimer sa mère, son frère, souvent la reine, ses favoris et les deux seules femmes sur lesquelles se soit porté son regard avec tendresse. Le couvent et la disgr&ce ont puni de cette distinction mademoiselle de la Fayette et madame de Hautefort. Il chérit Henri IV, mais.Ravaillac l'enleva à son amour. Il aima Luynea, et celui-ci succomba prématurément au siège de Monheur. Ceux qu'il distingua ensuite se laissèrent égarer par l'ambition et crurent pouvoir abattre Richelieu. Mais, dès ce moment, l'affection de Louis se changeait en haine, et il frappait. Dès qu'on visait le grand ministre, le roi renonçait à sa prérogative la plus précieuse, le droit degrAce.
Quel a donc été le secret de Richelieu pour conserver jusqu'à la fin, et à un tel point, la confiance de son maître? Ce secret est à la portée de tous les premiers ministres qui voudraient faire échouer les menées de leurs adversaires : agir sans cesse en vue du bien de l'État, et ne rien laisser ignorer au roi lin leurs moindres, de leurs plus insignifiantes actions. Quel ambitieux, même le plus habile dans l'intrigue, aurait pu lutter avec succta contre Riche-