DU RÉGNE DE LOUIS XIII
manqué à Louis XIII ces intermédiaires éclatants, ces auxiliaires immortels, ces répondants de génie que l'on nomme Racine, la Fontaine, Boileau, Lebrun, le Poussin, Molière, madame de Sévigné, Saint- Simon. L'histoire aime à concentrer sur un seul homme, qu'elle grandit souvent outre mesure, l'éclat d'un règne. Ne pouvant choisir dans le cortège de Louis XIV ni. entre Mazarin, de Lionne, Colbert et Louvois, ni entre Pascal, Bossuet, Corneille et Racine, ni entre Condé, Turenne et Vauban, elle a jugé plus logique et plus facile de distinguer le mo-: narque dont le nom brille dans toutes les œuvres du grand siècle, qui a été moins profond politique que Mazarin et Lionne, administrateur moins éclairé que Colbert, moins habile capitaine que Turenne et Condé, mai^ qui a eu la bonne fortune d'avoir au service de ses projets tous ces admirables instruments. Sous Louis XIII, le siècle dans son printemps n'en était encore qu'aux bourgeons de la gloire. Louis XIV devait en recueillir les fleurs épanouies et les fruits. Mais n'oublions pas que si, dans les choses de l'esprit, l'influence du règne de Louis XIII prépara la moisson prochaine, en rétablissant la règle, en redressant le goût, en épurant les mœurs, son action politique fut plus efficace encore, car Louis XIII et Richelieu consolidèrent et rendirent inébranlable l'autorité royale, telle que la reçut Louis XIV enfant. Placés entre deux règnes glorieux, ils ont servi d'intermédiaires entre Henri IV qu'ils ont continué, et Louis XIV qu'ils ont commencé. Placés entre deux