OEUVRE POLITIQUE DU RÈGNE
régences, ils ont réparé les calamités de la première et atténué à l'avance les périls de la seconde, en laissant à la régente et à Fenfant couronné un trftne assez affermi pour pouvoir résister à la tempête.
Mettre la royauté hors de l'atteinte des grands et la rendre capable de triompher des résistances du clergé dans les affaires de FÉglise, des résistances du parti huguenot dans les affaires politiques, des résistances des gouverneurs de province dans l'administration, des résistances des généraux dans la conduite de la guerre, des résistances des parlements dans les affaires civiles, telle fut la première moitié de la tâche que se proposèrent de concert Louis XIII et Richelieu. Concentrer le plus possible un pouvoir singulièrement énervé par les dix années d'anarchie qui avaient suivi la mort d'Henri IV, tel fut, avant tous les autres, le but principal poursuivi. Relever au dehors le prestige de la France, la maintenir dans le concert des grandes puissances, préparer les bases de l'équilibre européen, étendre les frontières nationales si rapprochées de Paris dans le nord et ouvertes dans l'est depuis la Champagne jusqu'au Dauphiné, ce fut la seconde partie de cette grande et glorieuse tâche. Nul, plus que Louis XIII, héritier direct, admirateur sans réserve d'Henri IV» n'était capable de se^ donner tout entier à ces vastes projets. Nul, autant que Richelieu, n'avait le génie nécessaire pour concevoir les moyens les plus propres h atteindre le but, pour tout coordonner, tout régler, tout préparer de ce qui devait rendre le suc-