‹ Louis XIII et RichelieuChapitre 69 sur 137 · RICHELIEU ET LOUIS XIII · texte numérisé non relu

RICHELIEU ET LOUIS XIII

fres fréquentes de démission ont été quelquefois sincères, et son amour du pouvoir, si grand qu'il fût, aurait été vaincu dans certaines périodes d'affaissement, si Louis XIII n'avait pas aussitôt relevé cet esprit prompt à s'abattre.

Par là ils se complétèrent l'un l'autre, le premier apportant dans l'association son génie inépuisable, le second son autorité souveraine, sa ténacité et son énergie, tous les deux tendant au même but; tous les deux, par conséquent, devant être unis dans la reconnaissance publique, car un lien aussi étroit, et que seul rompra la mort, n'a pu se former qu'entre deux esprits qui se ressemblaient. La parenté de leurs esprits et le besoin qu'ils avaient l'un de l'autre n'ont pas été leurs seuls points d'attache. Tous les deux avaient un véritable culte pour l'honneur et la gloire du pays. La vérité est tellement évidente qu'elle a arraché sur Louis XIII, à un des pires pamphlétaires de notre temps, cet aveu précieux à constater : « Sa gloire de roii l'honneur de la couronne et l'honneur de la France se confondaient dans son esprit*. » Quant à Richelieu, il suffit de lire ses mémoires et ses lettres pour trouver à chaque pas les preuves du patriotisme le plus pur. Les succès de la France « le ravissent; » ses revers « le tuent, » et nul, depuis deux siècles, n'a osé le démentir pour ces paroles prononcées à son lit de mort : « Je n'ai point eu d'autres ennemis que ceux de l'Etat. »

A vrai dire, les preuves que nous exposons pour

' Michelet, Histoire de F^rance, t. XII, p. 31.

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