GRANDS RÉSULTATS DU RÉGNE
établir Tunion étroite et naturelle de ces deux hommes, sont tellement irréfutables, que nous nous serions vingt fois arrêté dans une démonstration superflue, si nous ne nous rappelions que nos devanciers ont été à peu près unanimes ^ dans l'expression de l'opinion contraire.
Est-il besoin, pour achever de déraciner cette erreur si singulièrement répandue, est-il besoin, pour achever de montrer que Louis XIII a non-seulement soutenu mais aimé le cardinal, de résumer leur œuvre commune? Faut-il rappeler les finances organisées, les intendants créés et placés en face des gouverneurs pour restreindre leur pouvoir ; les protestants désarmés comme parti politique et réduits à n'être plus qu'une secte religieuse ; les plus hautes têtes fléchissant devant la Majesté royale, et, quand elles s'y refusent, mises sous la hache du bourreau et tombant; l'armée, qui comptait dix mille hommes sous Henri lY, portée au chiffre de cent quatrevingt mille hommes ; une marine créée et forte de vingt galères et de quatre-vingts vaisseaux? Faut-il rappeler les alliances habilement nouées au dehors et les subsides donnés si à propos à des puissances qui avaient des troupes, mais point d'argent; nos frontières, désarmées précédemment, pourvues de forteresses formidables : Brisach et Pignerol à l'est, Arras au nord, Perpignan au sud devenant nos boulevards? Faut-il rappeler enfin que si, en 1648, le traité do Westphalie abaissa l'Autriche; que si, en
1 Voir pliu haut, ehapitre premier.