OriginaL
Mon cousin, jenvoye des Chapelles au jeune ' afin quil lexpédie prontement et quil'sen aile a Cirg^ je iay chargé de ce mot pour vous asurer de la continuation de la grande affection que jay
< Richelieu habitait alors Royauroont.
* « Le roi a eu une attaaue de goutte... qui n*a duré que deux jours pendant lesauels le cardinal-auc n*a pas manqué de le visiter soigneusement. » Gazette de France du 19 août 1634, p. 344.) La ffontte, en effet, reprit le roi la nuit suivante, et il n'alla pas voir le cardinal, comme il se le proposait : ce fût Richelieu qui vint à Chantilly, le 17, il y revint aussi le 18, comme il nous rapprend dans une lettre à Bouthillier, du 18 août (Papiers de HichBlieit, t. IV, s. 593).
* A Léon Bouthillier. Le même jour. Louis XIII écrivait à celui-ci : « Monsieur BouthiUier-Deschapelle vous va trouver pour avoir les e&oéditions de Cirg afin ^u*il s'en puisse aler au plus test. Faist à Nanteuu c« 3U aoust 1634. Louis {Areh. des aff. étrang., r'ranee, t. Y, fol. 57.)
* Circk, dont Deschapelles fut nommé gouverneur, était un ch&teau situé sur la Moselle, près de la frontière de Luxembourg. (Peut-être Sierck, car les dictionnaires de géographie ne donnent plus ce nom.) Dans une note placée en errata, à la nn (p. 819) du Quatrième volume de sa publication, M. Avenel affirme que Deschapelles rut nommé gouverneur de Circk, au mois d'octobre. La lettre que nous donnons rétablit les faits, et celle de I<<oui8 XIII à Bouthillier, jusau*alors inédite, nous montre qu'il reçut sa commission, au plus tard, dans les premiers jours de septemore. Ce qui a pu tromper M. Avenel, c'est que le 18 octobre, Deschapelles écrivait à Richelieu
Gouie, ceiie convicuon qui i amena a se renare aussi racuemeni, lorsqu i assiégé. Sa conduite manqua teUement de courage, que Richelieu la qualifie de « lâcheté », dans une lettre à Charnaoé, du 10 mai 1635 {Papier» de Richelieu^ t. IV, p. 758). Cette reddition le fit condamner à mort, par an conseil de guerre. Il fut exécuté à Mézières, le 9 mai 1635.
DE LOUIS XIII Â RICHELIEU. i89
pour vous je me porte bien a ceste heure et me porteroy encor mieux quand je sauroy gue vostre santé sera telle que la désire la persône du monde qui vous ayme le plus est moy qui priant le bon Dieu de tout mon cœur ouil vous conserve aussi longtemps aue je le désire. — Louis. Nanteuil ce 30 aoust 4634. — (Ibia,, roi. 55.) — {Ch'iginal.)
Mon cousin, iay veu le marquis de la Force * et ses instructions il me' semble qui luy faudroit un petit équipage ou pour le moins quelques munitions dartillerie de guerre suivant le mémoire que jenay dresse lequel je vous envoyé car si il trouve le moindre obstacle du monde savoir barricades ou traverses dans des chemins sans petites pièces il les forcera malaisément. Toutefois je remets le tout a ce que vous en jugerés à propos *, je me porte bien grâces au bon Dieu et suis en grande impatiance de vous voir pour vous aseurer de la continuation de mon amitié qui durera jusques a la mort. — - Louis. A Monceaux, ce 4 septembre i634. — (Ibid., fol. 60.) — [Original,)
Mon cousin, iay escrit les billet pour les surintendans lesquels je vous envoyé ', jay apostille vostre mémoire lequel je vous renvoyé dans ce paquet je finiroy ce billet en vous aseurant que lafection que jay pour vous augmente de jour en jour et durera éternellement. — Louis.
Jay escrit le tout dans mon lit qui est cause que que (sic) mon escriture est un peu plus difficile à lire *. — A Monceaux, ce i2 septembre 4634. — {Ibid., fol. 61.) — {Original)
I Armand de Caumont, marauis de la Force, maréchal de camp dans l'armée de son père, le maréchal de la Force. Il devint maréchal de France, après la mort d^ celui-ci, en 1652. et mourut en 1666.
* La guerre n'était pas déclarée à l'Espagne, et, cependant, sur toute l'étendue des frontières les deux armées française et espagnole se combattaient, l'une sous prétexte de seconde^ les Hollandais ou les Suédois, l'autre pour venir en aide aux impériaux. Ainsi le marquis de la Force n'avait qu'une mission bien précaire ; il allait, selon un mémoire de Richelieu an roi, daté du 3 septemore « avec six mil hommes de pied et douxe cents chevaux vers Doncnery pour sauver les Liégeois. » {Papier» de Richelieu^ t. IV,
{>. 598.) A la fin du mois, sa mission étant terminée sans doute, il recevait 'ordre m de s'en aUer droit à Saverne pour se joindre ou ne se joindre pas aux troupes commandées par son père, selon uu*il le jugera plus à propos. » (Mémoire à Servien. Papiers de Bichelieu, t. Iv, p. 619.) ' Nous ne savons quel est le document dont Louis XIII parle ici.
* Ceci nous serait une preuve, si elle était nécessaire, de l'authenticité de l'écriture des lettres que nous publions.
Richelieu avait adressé au roi, ce même jour, 12 septembre 1634, un mémoire dans lequel, après divers compliments et protestations de tendresse et de dévouement, il demandait l'avis de Louis XIII sur la formation d'une nouvelle cavalerie. Il lui disait, à ce sujet, qu'il pensait que les étrangers étaient préférables aux Français pour former cette cavalerie. £n général, nous ne reproduisons pas ici les réponses que faisait Louis XIII en marge des rapports de son ministre, mais nous n'hésitons pas à donner celle qu'il rédigea à propos de ce mémoire de Richelieu, parce qu'elle montre bien que les questions d'administration n'étaient ni inconnues ni indifférentes à ce roi, qu'on a trop voulu représenter comme un roi fainéant. Le cardinal lui propose de lever de la cavalerie étrangère. « Il est très-à-propos, répond-il, et croy qu'il faut qu'ils soient tous carabins, comme ceux de Miche, tant parce que la cavalerie estrangère n'est pas meileure, queausi la nostredès qu'elle a fait un voyage elle jette toutes les hautes et basses armes et ne luy reste plus que la cuirace, qui est l'arme du carabin, et pour M. de Rulion elle ne couste pas tant et me semble qu'il faut lever en Alemagnc et Liège, parce qu'on tirera le tout de l'armée d'Espagne qui, par conséquent, s'af^oiblira^ » C'est là, il nous semble, parler en capitaine et en administrateur, et le cardinal prisait avec raison un maître qui examinait et contrôlait ses avis d'une façon semblable. La postérité, nous le savons, a été plus injuste que le grand ministre, mais nous ne désespérons pas de la voir réformer un arrêt rendu par la passion et répété par l'ignorance. En consul-
> Pnpitr» de HichelieH, t. IV, p. 600.
DE LOUIS Xlll A RICHELIEU. 19i
tant les papiers de Richelieu, on pourra d'ailleurs se rendre compte que tous ses rapports sont annotés pareillement, ce qui démontre bien que si l'illustre cardinal peut retenir à son acquit la conception et la préparation des grandes choses qui ont illustré le règne, il n'a pas eu, comme on l'a dit, un maître indifférent à ces vastes projets, et qui ait subi leur auteur avec une impatience chagrine. On a vu, au contraire, et on verra de plus en plus que Louis XIII participait à tout, aux grandes comme aux petites affaires, et qu'aux unes et aux autres il prenait le plus vif intérêt.
Mon cousin, je vous prie que de la fère dont il est question
gersone n'en sçache rien que vous le jeune et le mareschai de iresé lequel désire de faire un régiment a quoy je consens très volontiers*. Louis. A Monceaux ce 12 septembre 1634. — [Ibid,, fol. 62.) — {(hnginal.)