LXIV
Mon cousin, jenvOye ce genliUôme pour savoir de vos nouvelles en ayant esté toujours en peine depuis ier 2 la Reyne ne senva que lundy, et moy mardy elle satant de bien passer son temps a paris a mon absance , elfe sera bien atrapée quand elle me verra arriver on me dist ier au soir quelle foisoit estât daler tous les
i'ours répéter le balet chez les unes et les autres et ensuite faire iône colation et la comédie après ^.
Je vous prie de ne -le dire a personne parce que on sauroit bien qui me lauroit dit je vous recommande toujours davoir soin de votre santé pour laquelle je priejroy le bon Dieu de tout mon cœur. Louis. A St Germain ce 20 janvier 1635. — (Ibid., fol. 87. — Original.) — {Ibid., 1635, six premiers mois, lol. 55. — Copie.)
1 feuvrier 1635.
Mon cousin, je vous envoyé la lettre en nostre langue toute ouverte laquelle vous ferés ferme layant vue et celle que vous mavés envoyiée afin que vous voyés les mots que jay esté contraint de changer nestant en nostre langue, je nay aajouté quel- 3ues que nous naurions pas vus lesquels sont marqués d'une rais esoubs je vous les envoyé pour les envoyer a mon cousin le maréchal de Bresse * et mettres en chifre les mots françois afin que si il estoit pris on ny cognoise rien ^ je me porte très bien et vous asureroy toujours de mon affection. Louis. — (Ibid., t. V, fol. 89.) -r- (Original.)
* Cette lettre a déjà été citée en note par M. Avenel, t. IV, p. 654.
* Le roi était allé, le 19, à Ruel, voir le cardinal ; la crainte exprimée par le roi semble indiquer un malaise passager de Richelieu. La Gazette, qui parle de cette visite, est muette sur la maladie (Y. Gazette du 27 janvier).
* La reine arriva à Paris le 22 et le roi le 24: le cardinal y vint aussi le même jour. Le lendemain il y eut conseil, et le soir on joua un ballet devant Leurs Majestés. « Car, dit la Gazette^ les divertissements ne retardent point ici les affaires , comme elles n'empêchent point aussi les récréations. » {Gazette du 20 janvier 1635.)
* Urbain de Maillé, mar(quis de Brézé, maréchal de France depuis 1632. Il montra en diverses occasions des talents militaires et diplomatiques, mais toujours accompa^és de rudesse et de morgue. Il perdit, en 1635, sa femme, sœur de Richelieu, et mourut lui-même en 1650,
* Cette lettre accompagnait évidemment l'expédition et la minute d'une d^êche au maréchal de Brésé. M. Avenel, qui a vu la minute de cette dépêche, lui donne la date du 31 janvier (V. Papiers de Richelieu, t. IV, p. 818}. L'expédition chiffkrée ne dut pourtant partir que quelques jours plus tara» puisque Louis XIII en parle ici dans une lettre du !•' février.
SSO LETTRES INÉDITES
De St Germain ce 2 feuvrier 1635.
Mon cousin, iespère avec laide du bon Dieu et vos bons conseils aue nos alaires iront bien et que nos enemis ne viendront pas atout de leurs mauvois dessams je vous prie que quand vous saurés le particulier de ce qui cest passé à (ilipsbourg de me le faire savoir*. Louis. — (Ibid,, fol. 90.) — {Original.)
Mon cousin, je vous envoyé le chevalier de Bellebrune pour vous dire lestât auquel est péronne ce quoy il faut remédier promlement je me porte bien Dieu mercv et Vous asureroy toujours de mon afection. Louis. A VersaiÙe ce 23 feuvrier J635. — {Ibid., fol. 91.) — (Original.)
Mon cousin, cÔme Vaugelé est arivé jalois envoyer un gentil lome vers vous pour savoir de vos nouvelles en estant toujours en peine je fais responce a vostre mémoire a la marge de chaque article ce porteur vous dira une petite défaite de 190 nomes que Espernon a forcés dans un fort vis a vis de filipsbourg je me porte bien grâces au bon Dieu lequel je prieroy de tout mon cœur vous vouloir donner la santé telle que vous la souhaite la personne du monde qui vous ayme le plus. Louis. A Senlis * ce i" Mars 1633. '
De peur de batre les corneilles en ceste corneillere et les voulant garder pour la Reyne quand elle sera a Chantilly jay pris résolution de men aler luncly a Nanteuil si le temps me le permet et que mes afairçs ne men empeschent vous aurés de mes nouvelles entre cy et la. — (Ibid., fol. 92 et 93.) — (Original.)
14 Mars 1635.
Je trouve très a propos denvoyer Vogles a peronne pour donner ordre a la (sûreté) de la place dont elle a besoing'.
* Philippsbourg^, dont le g^ouverneur, Amauld de Corbeville, était Français, mais dont la garnison était presque entièrement composée d'Allemaiids, avait été surpris par l'ennemi dans la nuit du 23 au 24 janvier.
* Le roi avait quitté Paris le 26 février, pour aller k Senlis. Richelieu, âm ■on côté, éuit parti de Paris le 27, pour aller habiter Rueil. (V. GasHt0 du 3 mars 1635.)
* Cette lettre est une réponse à un rapport de Richelieu que noua n*«TODS
DE LOUIS XIII A RICHEUEU. 22l
Si j eusse retrouvé hier le gentilhomme de mon frère je vous laurois envoyé ce que je feroy lorsque je le verroy* et feroy voir le portrait que mavés envoie au capitaine de mes gardes et a ceux auquels je me fie le plus je me suis fait ce matin seigner par précaution dout je me trouve fort bien. St Simon a esté mon secrétaire à cause de ma seigné. Louis. — {Ibid,, fol. 94.) — (Original.)
Le jour de Pâques (8 avril 1635).
Je crois aue vous aurés veu St Florent lequel vient de larmée du maréchal de Chatillon qui asure que il y a dans cette armée ii a i2 mil homes de pied très bons et 3 cents chevaux ausi très bons.
Jay songé ceste nuit a Verdun on peut mander a mons*" de chatillon qui nen est que a huit lieues dy envôyier promtement un régiment et 2 compagnies de cavalerie lesquels on ostera quand on voudra aler aileurs.
Je donneroy ordre de foire meubler lostel de Guise et une chambre icy pour mon frère ' charost ^ doit partir mardy pour venir icy je croy quil est bon de lui mander quil ne bouge de k
Je vous renvoyé dans ce paquet la lettre dii jeune et celle de chamblay le voyage du marquis de Sourdis * a esté très à propos
I'ay toucné ce matin 13 cens malades ce qui ma un peu fatigué, -ouïs. — [Ibid., fol. i04.) — {Original.)
Sas trouvé. 'Dans un autre, du même jour, le cardinal, parlant de cette affaire e Péronne, demandait Tavis du roi, et celui-ci avait répondu qu'il « songeroy a quelquun qui soit propre » à la charge que l'on voulait remplir. Prêt à déclarer la guerre à l'Espagne, Louis Xlll voulait mettre les places de la frontière du Nord en des mains sûres. Il ne crevait pas pouvoir compter absolument sur le gouverneur de Péronne, M. de Blérancourt, et voulait placer auprès de lui un homme qui serait devenu, en quelque sorte, sbn surveillant.
* (I Le 12, dit la Gazette^ Monsieur arriva en poste de Blois k Paris, dtna, soupa et coucha le lendemain en la maison de son chancelier, d*où il partit le 14. pour aUer trouver Sa Majesté, à Chantilly, avec laquelle il soupa ce jour-lk, prit tous ses repas le lendemain et en partit hier pour Blois. » {Gazette du 17 mars.) C'est Léon Bouthillier qui, le 21 février précédent, avait été nommé chancelier, chef du conseil et surintendant de la maison de Monsieur. (V. Gazette du 3 mars.)
* « Lé 9. dit la Gazette^ Monsieur et le prince de Condé arrivèrent à Paris, d'où Monsieur alla aussitôt à Saint-Germain trouver le roi. avec lequel il soupa et dîna le lendemain à Ruel. » {Gazette du 14 avril 1635.)
* Louis de Béthune. comte de Charost, était le quatrième fils de Philippe de Béthune, frère de SuHy. D'abord mestre de camp, puis capitaine des gardes du corps, il était, pour le moment, gouverneur de Stenay. Il fut créé duc de Charost en 1672*
* Charles d'Escoubleau, marquis de Sourdis, frère de l'archevêque de Bordeaux, maréchal des camps et armées du roi. Il mourut en 1666.
Le même jour, le désir du roi recevait un commencement d'exécution. Richelieu, en écrivant à Servien pour ordonner les détails courants d'administration, lui recommandait, entre autres choses, d'écrire au maréchal de Ghâtillon et de lui donner ordre de disperser ses troupes dans les villes environnant son campement. Et le lendemain, 9, Saint-Florent repartait pour la Champagne, emportant la dépèche adressée au maréchal*. Ici, encore, on le voit, c'est Louis XIII qui a l'initiative et Richelieu n'est que Texécuteur docile de la volonté royale.
(Première quinzaine de mai 1635) *.
Faire venir a Roye et Montdidier les iO compagnies du régiments des gardes qui sont a Paris et les 5 des Suises.
Savoir si on fera venir en Picardie de larmée loraine iO compagnies de cavalerie et 30 compagnies de gens de pied
Jay pandé celles qui sont en ce pais
Si je mandroy mes compagnies a ceste heure parce qu*ils ne soroient estre ensemble gue à la fin de ce mois
Prendre garde a Calais nieulay et ardres, faire coure le bruit daler a compiegne
Si de mdns vient ce que je dois faire. — {Ibid,, fol. o2.) — (Original.)
La lutte séculaire de la France et de l'Espagne venait enfin d'entrer dans une nouvelle phase. « François P% a dit un historien moderne, avait lutté avec constance, mais sans succès, contre la maison d'Au-
« Voir la lettre du cardinal à Servien, Papier» de Biehelieu, U IV, p. 704. * Cette note classée, en 1634, dans notre manuscrit, et datée, par une main étrangère du 4 août 1834, doit, selon nous, se rapporter à la première
campagne, par le traité du 8 téynét précédent, conclu avec la UoUaode. En outre, le roi et Richelieu se trouvaient tous deux en Picardie à cette époque.
triche ; Henri IV lui avait glorieusement résisté ; le cardinal de Richelieu devait l'abaisser ^ » Louis XIII et son ministre, qui jusqu'alors avaient conduit leur politique avec tant de circonspection, mais aussi avec tant de ténacité, croyant la France assez forte, par elle-même et par ses alliances, pour attaquer directement son ennemie, venaient de déclarer la guerre à l'Espagne. Avant de recommencer cette lutte, toujours renaissante, dans laquelle « il fallait que l'un des deux Etats vainquit ou s'attachât l'autre', » Richelieu avait essayé, comme nous l'avons vu, de réunir de son côté toutes les conditions du succès. Il avait armé la Hollande contre l'Espagne. En aidant de l'argent de la France les protestants d'Allemagne et les Suédois, et en les appuyant d'une armée française pour qu'ils pussent lutter avec plus d'avantages contre la branche allemande de la maison d'Autriche, il avait isolé complètement la monarchie espagnole. Pour plus de sûreté encore il signait, le 28 avril, avec le chancelier Suédois Oxenstiem, un nouveau traité par lequel les deux États s'engageaient de nouveau et solennellement à faire cause commune et à ne jamais conclure séparément aucun accord avec l'empereur ni avec les princes de sa maison ^
Les Espagnols venaient d'ailleurs de fournir euxmêmes un excellent prétexte pour leur déclarer la guerre. Le 26 mars précédent, ils avaient envahi la ville de Trêves et fait prisonnier l'archevêque-électeur. Ce prélat, ne pouvant compter sur l'assistance
* M. Mignet. Introduction à Y Histoire des négociations relatioes à la weees' sion d'Espagne, p. xuu.
* Idem, p. II.
s Arch. des af^. étrang.. Suède, t. III, fol. 333.
32i LETTRES INÉDITES
de l'empereur pour défendre ses États contre les Suédois, s'était adressé à Louis XIII pour épargner à ses sujets les horreurs de la guerre. En se mettant sous la protection du roi de France, il avait consenti à recevoir une garnison française dans sa capitale. C'était donc à la France que les Espagnols venaient de faire injure en envahissant l'électorat. Louis XIII réclama aussitôt la mise en liberté de l'archevêque. Le 4 mai, le cardinal-infant, qui gouvernait les Pays- Bas pour le roi d'Espagne, répondit qu'il ne pouvaitrien décider dans cette affaire sans avoir reçu réponse de l'empereur, duquel, selon lui, l'électeur de Trêves dépendait uniquement. C'était en quelque sorte accepter la guerre. Pourtant Louis XIII et Richelieu, voulant engager la France, d'une façon absolue, dans la lutte qu'ils avaient préparée avec tant de persistance, crurent nécessaire do renouveler, à cette occasion, les anciennes coutumes chevaleresques, et de faire déclarer la guerre à l'Espagne avec tout l'appareil et toutes les cérémonies usités dans les siècles précédents. Le 12 mai, Louis XIII ordonne au héraut d'armes au titre d'Alençon, d'aller solennellement « au lieu où sera le cardinal-infaut d'Espagne, et luy déclarer la guerre de sa part,au.\ formes en pareil cas accoustumées \ » Le hérai|t d'armes, parti le i6 mai, arriva à Bruxelles le i9; mais il ne fut pas reçu par le cardinal-infant, et fut obligé, pour remplir sa mission, de jeter, en se retirant, sa dc^'claration écrite au milieu de la foule que son arrivée avait rassemblée. Cela fait, il quitta Bruxelles pour retourner en France ; et dès qu'il fut
* Bibliothèque oationale. Fonds Brienne^ t. 351, fol. 13. Commis»ion donoée au héraut.
à la frontière, pour obéir à ses instructions, il afficha à un poteau une copie de son manifeste ^ Dès ce moment, l'état de guerre entre la France et l'Espagne était un fait officiel, et ces deux puissantes nations allaient de nouveau jouer leur existence »ur les champs de bataille.
Des deux côtés, les armées étaient prêtes à corn*battre. Les maréchaux de Ghâtillon et de Brézé, partis de Mézières le 9 mai, dirigeaient Tannée française vers le Luxembourg, où elle allait rejoindre celle qu'amenait le prince d'Orange. L'armée espagnole n'attendait plus que son chef pour entrer en campagne. C'était le prince Thomas de Savoie, frère du duc régnant, et qui venait d'entrer au service de la maison d'Autriche. Arrivé, le 20 mai, au milieu de ses soldats, il se prépara aussitôt à attaquer les Français auxquels les Hollandais ne s'étaient pas encore réunis. La bataille eut lieu le 22 mai, dans la plaine d'Avein. L'année espagnole fut complètement battue. Elle laissa sur la place plus de S, 000 morts et 1,500 blessés, et abandonna aux mains des Français 600 prisonniers, seize pièces de canon, son équipage d'artillerie, tous ses bagages et un grand nombre de drapeaux. De leur côté, les Français ne perdirent qu'une centaine d'hommes*. Dès que Richelieu eut reçu à Condé, qu'il habitait alors, la nouvelle de cette victoire, il écrivit à Bouthillier, pour lui commander de prier le roi d'écrire à Paris et à toutes les autres villes du royaume, pour ordonner de chanter partout un Te Deiim en réjouissance de la nouvelle faveur que Dieu venait d'accorder à la
* Voir le rapport rédigé pour le roi par le héraut d*armes lui-même. Bibliothèque nationale, Fonds Brienne, t. 351, fol. 15.
• V. Gazette de France, n»» des 26 et 30 mai 1635.
226 LETTifBS INÉDITES
France ^ C'est pour répondre à son minisire que, le même jour, Louis XIII écrivait lui écrivait la lettre suivante.
37 mai 1635.
Mon cousin, jay foit faire les lettres que vous maviés mandé M' le garde des seaux et boutilier lont vue qui lont trouvée bien M' de Bulion vous estant aie voir ny a pas peu estre nous chanterons le te deum après diné jay prié ce matin le bon Dieu
Eour vous a ce quil vous donne la santé telle que je la désire, ouïs. A Chastautiery ce 27 a 2 heures après midi 1635. — (Ibid., fol. 105.) — (Onginal.) . .
Comme le dit Louis XIII, le Te Deum fut chanté à Château-Thierry, le même jour, et en présence de toute la cour, dans l'église des Cordeliers '. La victoire d'Avein mit un grand trouble dans tous les Pays-Bas, et si la France avait pu continuer la guerre avec vigueur, sans nul doute la domination espagnole dans ces provinces eût reçu dès ce moment une atteinte mortelle, et la lutte eût pu se terminer rapidement. Voici ce qu'écrivait de Bruxelles, le 25 mai, Riolant, le médecin de la reine-mère dont nous avons déjà parlé : « Sy le roy attaque avec une autre armée dans l'Arthois, tout ce pays delà Saint-Remy est perdu pour l'Espagne... Le roy et M. le cardinal ne doivent pas laisser passer cette occasion, jamais ne Vauront plus belle. Le prince Thomas est fort méprisé maintenant. .. Encore une victoire ou deux tout au plus gaigne le
pays, et en chassera les Espagnols, otc '. » Ces
espérances ne purent être réalisées < Les généraux
• Papiers de Richelieu, t. V, p. 30.
• V. la Gazette du 30 jatn, p. 290.
• Arch, des aff, étrang., France, 1635, h1i premiert tti^it, hû» 516:
ne manquaient pas de talent, les soldats étaient pleins de courage, mais Tadministration militaire était encore à organiser, et c'est son insuffisance, jointe à la jalousie qui se glissa bientôt dans les deux armées alliées, qui fit perdre à la France tous les fruits qu'elle pouvait attendre de sa victoire. Ces raisons empêchèrent les deux armées de marcher en avant. Plus d'un mois après la bataille d'Avein, les Français et leurs alliés n'étaient encore que devant Louvain qu'ils assiégeaient inutilement; les Espagnol& avaient reformé une armée, et l'empereur, qui venait de réussir à détacher plusieurs souverains de la ligue des princes protestants, envoyait dans les Pays-Bays un corps d'armée dont l'arrivée obligeait les Français à lever le siège de Louvain, le 4 juillet. Le-manque de vivres faisait le reste, et cette expédition dans les Flandres , sur laquelle Richelieu comptait tant, se terminait d'une façon piteuse, deux mois à peine après ses heureux commencements. Cet insuccès obligea la France à chercher ailleurs une revanche. Dès ce moment, Louis XIII et Richelieu ne pensèrent plus qu'à porter tout le poids des armes françaises dans la Lorraine et sur le Rhin.
Mon cousin, je suis extresmement fasché de la continuation de vostre mal je vous prie que je puisse savoir de vos nouvelles le plus souvant que faire se poura pour moster de la peine ou je suis, tout ce que je puis faire est de prier le bon Dieu de tout mon cœur quil vous reaône la santé telle que je la désire. Louis. A Monceaux ce XI Juin i63o.
{En marge, le roi a ajouté :) On me vient dassurer que les veseaux holandois qui sont a la rade de dunquerq en ont coulé a fond 5 qui venoient despagne.— {Ibid*, fol. 106«) ~ (Original.)
Ainsi qu'il nous Tapprend dans une lettre qu'il écrivait le 8 juin à Bouthillier*, Richelieu venait d'être atteint , de nouveau , de la terrible maladie qui avait failli l'emporter, en 1632, lors de son séjour à Bordeaux. Il se vit, encore une fois, obligé de se faire transporter en litière. Pourtant son mal ne dura que peu de temps, puisque, dès le 11, il quitta Bois-le- Vicomte, où il était depuis le 7, pour aller à Rueil, où il arriva le 12, après s'être arrêté, la veille, à Notre-Dame des Vertus', et que le 15 il écrivait au cardinal de la Valette pour le tirer d'inquiétude, et lui dire qu'il était alors hors de danger'. Une lettre du roi, du même jour, adressée à BoutHiUier, confirme ^ette affirmation; et montre la joio qu'inspirait à Louis XIII, le retour de santé de Richelieu. « Monsieur Boutilier, écrit-il, vous nauriés seu mander une meilleure nouvelle que celle do la bonne santé de mon cousin le cardinal de Richelieu, laquelle je prie le bon Dieu de tout mon cœur vouloir ocmenter en telle sorte que nous nayions jamais des alarmes pareilles à celles du passé, etc.\ » On voit combien Louis XIII craignait que son ministre ne fût exposé de nouveau aux dangers qu'il avait courus en 1632, à Bordeaux, en 1633, à Saint-Dizier, et auxquels il venait d'échapper encore une fois.
Mon cousin» vous saurés par labé de Coursan ^ lostat dos afaires du costé de M' de la force qui sont très bien grâces au bon
* Papier» de Bichelieu, t. VU, p. 732.
* Gazette de France du 16 juin 1635.
* Papier» de Bichelieu, t. v, p. 921.
* Àreh. de» aff, étrang., France, t. V, fol. 107. (Original.)
'^ Bruillart, aube de Coursan, avait été envoyé en missiion ver» le inar*»chai de la Force et le cardinal de la Valette, comme nous l'apprend le Me-
Dieu* je ne saurois que je ne vous tesmoigne de la joye que jay daprandre que vous vous portés de mieux en mieux bontemps en a asuré encore ce malin M*" bouvart par une lettre laquelle il ma fait voir il ne me reste que a prier le bon Dieu de tout mon cœur quil vous conserve en santé ausy longtemps que ie le désire*. Louis. A Monceaux ce M6 Juin 1635. — (Ibid,, roi. 408.) — (OriginaL)