LXXV
Mon cousin estant en impatiance de vous voir jay pris résolution daler demain a Ruel ou je seroy a 2 heures après midy pour vous tesmoigner la joy que jay de vostre meilleure disposition et vous asurer toujours de la continuation de mon afrection qui durera jusques a la mort finissant ceste lettre je prieroy le bon Dieu de tout mon cœur quil vous tienne .en sa saincte garde. Louis. A Monceaux ce i8 Juin 1635. — (ibid,, fol. 109.) — {Original.)
Avant de s'adresser au cardinal, Louis XIII avait écrit à Bouthillier pour savoir de lui si une visite de sa part n'incommoderait pas Richelieu. « M. Boutilier, lui disait-il, ne pouvant durer plus long temps sans voir mon cousin le cardinal de Richelieu ma
moire que lui donna Richelieu, et les lettres de celui-ci aux deux généraux qui combattaient le duc de Lorraine. {Papiers de Jtichelieu, t. V, pp. 53 et 920.)
En revenant de sa mission, Tabbé de Coursan alla sans doute trouver tout d'abord le roi, comme l'indique la lettre de Louis XIII au cardinal, car celui-ci ne parle de son retour aue dans une lettre adressée à Servien, le 17 juin. {Papiers de Richelieu, t. V, p. 921.)
* Le roi lait allusion à la capitulation de Porentru^, dont la Force avait commencé le siège le 10 et qui s'était rendue le 13 juin, u ce qui rend le duc Charles, dit la Gazette de France, si mélancolique, qu'il ne fait plus sa barbe et ne s'habille qu'à la négligence ; désespérant' lui-même de ses affaires. » [Extraordinaire du 25 juin.)
* Le même jour, écrivant au roi, Richelieu lui exprimait avec chaleur sa reconnaissance pour les bontés dont il en était comblé, u La joye, lui dit-il, qu'il a pieu à Vostre Majesté me tesmoigner avoir de l'alégement de mon mal estant le plus excellent remède que j'eusse peu recevoir pour avancer ma guérison, m'est si sensible, que je n'ay point de paroles pour luy en rendre grâces aussy dignement que je le desirerois. A ce deffaut je la supplie très humblement de croire que je ne tiendray jamais ma vie chère que pour l'employer pour son service... etc. » {Papiers de Bichelieu, t. V, p. 54.)
» Cette lettre a déjà été citée par M. Ave'nel. {Papiers de Richelieu, t V, p. 59.)
fait changer le dessaim que javois daler droit à Fontenebleau et ma fait prendre le chemin de Ruel je seroy demain a midy au port de Neuly ou vous me renvoyerés ce porteur afin que je sache si la santé mondit cousin sera en estât que je le puisse voir sans luy donner incommodité... etc. ^ » Louis XIII alla, en effet, à Rueil, le lendemain, comme il le dit dans les deux lettres précédentes. « Le 19, dit la Gazette de France j le roi alla de Monceaux à Ruel, où il trouva le cardinal-duc en convalescence d^une maladie que lui avoient causée, comme autrefois, les grands soins, veilles et travaux d'esprit où le salut et rhonneur de cet État Tobligent : duquel acheminement à une parfaite santé, Sa Majesté lui témoigna de si tendres ressentissements qu'ils eussent été capables de porter au dernier point son affection au service d'un si bon roi, si elle n'y étoit déjà et s'il se pouvoit ajouter quelque chose au zèle d'un si grand ministre '. )> M. Avenel, qui a eu entre les mains les deux lettres que nous venons de donner, a cru devoir expliquer les sentiments d'affection dont elles débordent, par le désir ressenti par le roi de faire cesser une brouille survenue entre lui et Richelieu, depuis quelques jours*. Nous croyons avoir assez montré les véritables sentiments que le car* dinal inspirait à son maître pour pouvoir ne pas accepter cette explication. Nous avons assez vu que Louis XIII n'avait pas besoin d'avoir à se réconcilier avec Richelieu pour l'accabler des preuves de son affection.
• Àrch. des aff. étrang., Frtmee» t. V, fol. 110.
• Gaxetie <U France du 23 juin 1635.
• Papiers de Richelieu, t. V, p. M.
* Mon cousin, je vous renvoyé les billets dans ce paquet je prie Dieu que la nouvelle soit vraye il faut atendre le boiteux ^ je vous remercie de la tapicerie que vous mavés envoyée laquelle est très belle je lay faite tendre ausi tost dans ma cnambre, les raisons que vous me mandés pour le ch«' de Frugé son si fortes quil nen faut plus parler je vous prie den chercher quelque autre pour remplir la X™° compagnie, St Simon vous vas voir je croy que M' boutilier vous aura dit ce qui ce passa ier entre nous, je men vas a la chasse pour prenare des perdreaux lesquels je vous envoyeroy ausi tost priant le bon Dieu guils vous facent autant de bien que le souhaite la personne qui vous les envoyé. Louis. A St Germain ce 20 juillet 4635. — {Ibid,, fol. iii.) — (Ongima/.)
Depuis quelque temps les relations de Louis XIII et de Saint-Simon s'étaient un peu refroidies. Celuici avait élevé, sur les bagages enlevés le 22 mai, à Tarmée espagnole, des prétentions que le roi ainsi que le cardinal avaient jugées exorbitantes. Le jeune favori aurait voulu faire donner à son frère une part dans le butin de la bataille d'Avein, à laquelle, pourtant, ni l'un ni l'autre n'avaient assisté. Un refus formel l'avait froissé, et, depuis ce temps, ses relations avec Louis XIII s'étaient tendues, chaque jour, davantage. Il est à remarquer que Richelieu s'éleva avec force contre les prétentions de Saint- Simon, ainsi que le prouve une lettre qu'il adressait à Bouthillier, le 10 juin 1638*. Cette disposition du cardinal, à l'égard du favori, nous semble prouver, avec évidence, qu'à la Journée des Dupes, Richelieu
* Louis XIII veuMi désiffner par là le temps ? Nous ne savons, mais nous le croyons à cause de la lorme dubitative du commencement de la phrase. D^ailleurs, quelques années plus tard, dans la Suite du Menteur, Corneille employait la même expression pour désigner le temps ; il n*y aurait donc rien d étonnant à ce aue notre supposition fût vraie. Nous ne savons de quelle nouvelle Louis XIII se félicite.
* Papfertde Richelieu» t. V, p. 51.
232 LETTRKS INÉDITEg
ne dut pas son salut à une intervention de Saint- Simon, comme Font affirmé certains contemporains, et, aprës eux,* plusieurs historiens. De plus, si cette intervention avait été aussi nécessaire et aussi véritable qu'on Ta dit, le fils du favori de Louis XIII aurait certainement flétri, dans ses Mémoires, Tingratitude du cardinal, ce qu'il n'a pas fait. Mais, nous croyons l'avoir prouvé, cette ingratitude n'a jamais existé, car Richelieu n'a pas reçu de Saint* Simon l'assistance qu'on a attribuée à celui-ci *, et le grand ministre n'a couru aucun péril en i630, parce qu'il était déjà soutenu par l'estime, l'admiration et même l'affection qu'il avait inspirées à Louis XIII. Nous pourrions trouver une autre preuve encore, dans une lettre que Richelieu écrivit à Saint* Simon, le 23 octobre 1636, aprës que la conduite de celui-ci pendant l'invasion espagnole eut forcé le roi à l'exiler dans son gouvernement de Rlayc. « Monsieur, dit le cardinal, le roy affectionnant son Estât plus que toute chose, jay tousjours recognu que la conduite que vous avés prise à l'esgard de vostre oncle de Saint -Léger ne luy estoit pas agréable*. Je vous en ay parlé plusieurs fois, mais peut-estre que certaines considérations, que je ne
* Il est vrai que, dans le récit laissé par Saint-Simon en dehors de ses Mémoirei, et dont nous avons parlé plus haut (p.. 71), le fils du favori de Louis XIII attribue une nande part & son père dans la détermination qui a fait triompher Richelieu le 11 novembre 16^. Mais il faut tenir compte de l'extrême vanité de l'auteur des Mémoires, et des tendances qu'il a toi^ours eues à grossir son rôle et celui des siens. Au surplus, s'il y avait eu ingratitude cnes Richelieu. Saint-Simon aurait certainement ven^è son père la plume à la main. On sait avec quelle virulence impitoyable il s'est fait le justicier de tous ceux dont lui ou sa famille avaient eu à se plaindre.
* Saint-Léger, gouverneur du Catelet, en Picardie, avait, le 23 juillet 1636, rendu cette place aux Espagnols, sans la défendre. Le conseil ayant juk?e nécessaire de le faire arrêter. Saint-Simon le fit prévenir à temps, ce qui lui permit de s'échapper. C'est cette conduite du favori qui avait amené sa dis* gràc« déâoitive.
pénètre pas, vous ont empesché de faire estât de cet advis. Je voudrois de bon cœur que vous eussiés continué à procéder comme vous avés faict quelque temps depuis la mort de M. de Montmorency. J'attribue le changement de vostre esprit à de mauvais conseils de personnes qui ayment mieux leurs intérêts que les vostres. Quant à ce qu'il vous plaist me mander que vous avés des choses importantes à me faire savoir, je suis bien fasché que vous ne vous en avisastes avant que de demander congé au roy d'aller à Blaye. En quelque lieu que vous soyez, je veus croire que vos déportemens n'empireront point vos affaires et qu'ils me donneront lieu de tesmoigner que je suis vostre très-affectionné serviteur \ » Il nous semble que la manière cavalière dont Richelieu traite Saint-Simon, dans cette lettre, prouve surabondamment que le cardinal ne lui devait aucune gratitude. On a dit qu'il l'avait ménagé jusqu'alors en souvenir du service qu'il en avait reçu; cette lettre montre, au contraire, que si Saint-Simon avait pu demeurer auprès de Louis XIII sans éveiller la défiance du ministre, c'est seulement parce qu'il ne s'était mêlé jusqu'alors à aucune intrigue. Cette lettre demande à être signalée encore à un autre point de vue. Écrite à un homme qui, ayant vécu longtemps auprès du roi et dans son intimité, devait connaître parfaitement son caractère, elle ne pouvait contenir que des jugements véritables sur les sentiments du monarque. Or, Richelieu commence par exprimer cette pensée que nous ne cessons de mettre en lumière : « Le roi affectionne son Estât plus que toute chose. » L'affirmation est importante
* Papier» de Richelieu, t V, p. 640.
en elle-même, mais combien a-t-elle plus de portée encore, étant adressée à l'ancien favori de Louis XIII, à celui qui avait pénétré jusqu'au fond du caractère du roi ! Elle achève de prouver que seule la haine , inspirée par Richelieu à certains de ses contemporains, a dicté le jugement qu'ils ont porté sur les rapports de Louis XIII et de son ministre.
Co 30 juillet 1635*;
Pour les commissions de Fumel il se faut adresser à Lousteinau au cloitre Si Marceau.
Je ne sache aucun des oflciers des vieux Régiments pour les recrues estant tous presque aies a leurs charges de peur destre cassés et ceux qui nv sont aies se cachant de moy'.
Je trouve bon que M'' le Prince face le Régiment de i500 homes quil demande'.
Il est très a propos que M de la Mailleroye meyne la noblesse en la fason que me le mandés puisque M' de Longue ville ny va pas*.
Japrouve la proposition de ceste nouvelle fason de cavalerie
* Cette note contient une série de répontea à plusieurs mémoires de Richelieu, qui ont disparu ou du moins qui sont inconnus.
* Louis XIII avait signé, le 26 juiUet, une ordonnance enjoignant à tous les chefs et conducteurs de gens de guerre de se rendre à leurs postes dans la huitaine, sous peine d'être cassés de leurs grades. (V. la (iasette du 27 Juillet.)
* Le pnnce de Condé avait demandé, au commencement de juillet, ainsi
?[ue nous l'apprend Richelieu dans une lettre à Bouthillier, rautorisation de ormer un régiment de cinq compagnies, destiné à son Als, le duc d'Enghien. qui fut plus tard le Grand Conde, et qui alors n*avait pas encore quatone ans.
* Le 7 juillet, le cardinal ovait écrit à M. de Longueville pour l'engager à venir le trouver. Richelieu voulait, comme il le dit, « le disposer à s*en aller luy mesroe en Normandie quérir la noblesse. » (V. Papiers ae Jtiehelieu, t. V, p. %, lettre à Servien.) M. de Longueville ne vint pas ou ne voulut peut' être pas, à ce moment, remplir la mission <;^u'on lui proposait, puisque, ainsi que rindique la note du roi, Richelieu avait songé à en charger M. de la Meilleraye. qu'il ne faut pas confondre avec le grand-maître de l'artillerie, Charles do La Porte, marquis de la Meilleraye ; celui-ci était alors avec l'ar» mée française en Flandre ; quant au premier, c'était un simnle gentilhooune normand, dont la seigneurie ne Ait érigée en marquisat qa en 1G08. Koartant, le duc de Longueville se ravisa, sans doute, puisque la Gazette du 11 août raconte ceci : « Le duc de l^ongueville ayant fait savoir au sieur de la Meilleraye, lieutenant pour le roi, en Normandie, au comte de Croiasy et au marquis de Nouant, l'ordre qu'il avoit du roi de lui ramener la nobloasede
pour servir en alemagne pour le non que on leur doit donner je guis bien emçesché a en trouver un je y penseroy un peu*.
Je vous prie que desque il sera venu des nouvelles de Tibaut de me les faire savoir pour moster linqui étude ou je suis de ce combat *.
Keroel a exécuté mon ordre pour le prince de marsilac' et marquis dotefort ils sont partis ce matin.
Je vous envoyé ceton auquel jay donné ordre de faire le mesme comandement a ceux qui sont encore a Paris et ausy darester
Normandie, ils se rendirent le 4 de ce mois, à huit heures du matin, sur les bruyères d'Evreux.en trois brigades, le premier avec 220 mai8tres,le second avec 250 et le troisième avec 120. Le duc de LongueviUe est allé de là k Gisors, où il a donné rendez- vous à une partie de la noblesse de la même pro* vince. >»
* Richelieu, dans une lettre au roi du 28 juillet (Papiers de JUchelieu, t. V,
§. 123), était revenu sur la formation d'une nouvelle cavalerie, en proposant e la nommer « cavalerie hongroise. »
* C'est du combat de Vanloo, livré aux Espagnols par les armées alliées, que le roi veut parler. Servien en écrivant, la veille, au cardinal , lui avait annoncé ce combat, et terminait sa lettre ainsi : « Demain M. Thibaut m'en doit escrire plus certainement. » {Arch, des aff. étrang,, France, 1635, juillet et août, fol. 224.) C'est, sans doute, après avoir reçu les nouvelles de 1 agent français que Richelieu, répondant à Servien, le 30 juillet, lui disait, entre autres choses : « Quant au combat que vous mande M. Thibaut, Taffaire, k mon avis, est représentée plus grande qu'elle n'est. » {Papiers de Hickelieu^ t. V, p. 928.)
* Qui devint plus tard François YI, duc de la Rochefoucauld ; il fut mêlé k tous les événements de la régence d*Ânne d'Autriche, et il est l'auteur des Maximes, Le marquis de Hautefort était le frère de cette belle Marie de Hautefort qui, tout en se laissant aimer par Louis XIII, sut rester l'amie dévouée et fidèle de la reine. Ces deux jeunes gens, ainsi que beaucoup d'autres, d*aiUeurs. venaient de servir comme volontaires dans Tarmée des.maréchaux de Châtillon et de Brézé, et s'étaient distingués k la bataille d'Âvein. « Une si heureuse victoire, raconte la Rochefoucauld, donna de la jalousie au prince d'Orange, et mit la dissension entre lui et les maréchaux de Châtillon et de Brézé : au Heu de tirer avantage d'un tel succès et de maintenir armes du roi vain, sans
par les fatigues continuelles et nar le manquement de toutes choses, au'k là fin de la campagne elle ne fut plus en état de retourner seule par le chemin qu'elle avoit tenu, et elle fut contrainte de revenir par mer. Je revins avec ce qu'il y avoit de volontaires, et je leur portai malheur : car nous fûmes tous chassés, sous prétexte qu'on parloit trop librement de ce oui s'étoit passé dans cette campagne; mais la principale raison fut le plaisir que sentit le roi de faire déoit k la reine et k mademaiselle d'Hautefort en m éloignant de la cour. » {Mémoires de la Rochefoucauld, p. 385, col. 1.) On sait qu!^n effet Louis XIII, qui s'était peu k peu détaché de mademoiselle de
importante. Nous croyons que Louis XIIL très-affecté de l'insuccès de la tentative faite sur les possessions esi)agnoles, en Flandre, était peu satisfait de wir des gentilshommes français, sur le dévouement desquels il voulait pouvoir compter, apprendre k la cour, k la ville, k la France tout entière, les causes de l'échec que la politique française venait de subir dans le nord .
Tavanes que on ma dit estre a Paris et le mettre a la Bastille si vous le jugés ainsi a propos ^.
Il a pris ceste après diné une grosse fièvre a M' Boutilier et M*" Bouvart dit quil est pour avoir une grande maladie. Il a voulu aler a la victoire ou il est a présent • vous vous pouvés asurer que M' Bouvart en aura tout le soin qui se poura.
Zamet' m'a dit que M' Servien luy vouloit donner un enfant de Paris pour ensegne je luv ay commandé de ne le prendre pas et de choisir une personne ae comandement. Louis.
Depuis ce mémoire escrit jay pensé quil est a propos que le chevalier du guet senqueste aoucement si ces M" qui auront reseu comandement de se retirer ches eux lauront exécuté et en cas quils ne layent fait les faire mètre a la Bastille pour leur aprendre a obéir. — (Ibid,, fol. i42 et il3.) — {OriginaL) — {Ibid., 1635, juillet et août, fol. 288.) — {Copie.)
Nous ferons remarquer que Louis XIII eut seul rinitiative dans cette dernière affaire. Richelieu ne s'en mêla nullement, et aucun des documents émanant de lui n'indique qu'il ait pesé d'une façon quelconque sur la volonté royale. Louis XIII agit seul et avec la plus grande rigueur. Pour punir quelques indiscrétions qui l'atteignaient dans son orgueil, mais qui pouvaient ausâi, en semant la défiance, décourager la nation et arrêter l'effort qu'elle tentait à l'extérieur, il exile des gentilhommes qui avaient fait leur devoir sur le champ de bataille, et fait enfermer à la Bastille ceux qui ne lui obéissent pas assez rapidement.
* Tayannes ne Ait arrêté que le 11 septembre suivant, d'une façon fort curieuse. Etant venu à Paris, ce jour-là, ce gentilhomme alla voir Richelieu, qui lui dit aue. comme le roi avait l'intention de le mettre k la BastiUe. il lui conseillait dy aller de lui-même. ËtTavannes y alla. (V. Papiers de htehelieu, t. V, p. 207 .j
* Le roi veut parler de Tabbaye de la Victoire, dans le diocèse de Senlis. La maladie de Bouthillier devait être cependant peu importante, putsaue -Kîchelieu, écrivant au surintendant des finances, le lendemain, 1*' août, lui dit: M Un billet devostre main parle de vostre maladie comme n'estant pas très
Srande ; n et que le 4 août il le félicite de sa convalescence. (V. Papiers de ichelieu. t. V, p. 929.) On peut remarquer, à ce propos, tout l'intérêt que Louis XIII semble porter à ce fidèle serviteur. '
* Sans doute, Sébastien Zaroet, baron de Beauvoir, capitaine-concierfre du château de Fontainebleau, mort le 6 septembre 1636. Il était ftls de Jean Zamet, mort au siège de Montpellier, en 1622, avec le grade de maréchal de camp.
De Chantilly ce premier Âoust 1635.
Je trouve très a propos ce que vous proposés pour Gasion et Bideran je voudrois que nous eusions beaucoup de gens pareils *.
Le Prince Virtemberg qui est icy ma bailé un mémoire que je vous envoyé dans ce paquet je croy quil luy faudroit faire donner quelque chose.
Je suis en grande impatiance de savoir la vérité de la dernière nouvelle de ce combat le croy que la nouvelle de Diepe se trouvera la plus vray'. M Boutilier ce portoit un peu mieux ier au soir mais ceste nuit luy a esté très mauvaise a se que ma dit M' Bouvart. Je me réjouis de vostre bonne santé et prie le bon Dieu vous la vouloir conserver ausy longtemps que je la désire. Louis.
(JB71 marge.) Jatens le Jeune avec impatiance. M. Boutilier me vint icy voir qui ce porte bien Dieu mercy. Louis. — (I6ed.,t. V, fol. H4.) — (OriginaL)
Du 6 Aoust 1633.
Jay fait loger aujourduy la compagnie du chevalier de St Simon avec les autres cômes vous me le mandés*.
* Gassion, qui avait servi Gustave-Adolphe avec éclat, venait de passer
au service de la France. Richelieu avait d'abord songé à profiter des rela- /'
tions qu'il avait eues avec les princes d'Allemagne, du vivant de Gustave- /
Adolphe, et à le charger d'une mission diplomatique auprès d'eux. Mais ce ^^
Srojet, qui, dans les premiers jours de juillet, avait reçu un commencement '*
'exécution, ne fut pas réalisé, et ce ne peut être à lui que Louis XIII fait allusion. Peut-être le roi veut^il parler du dessein que Richelieu conçut vers ce temps-là de charger Gassion de défendre les places d'Alsace, occupées par les Français. Le cardinal nous apprend que c'est le maréchal de la Force qui s^opposa à Texécution de ce projet, en prétextant que les soldats commandés par Gassion étaient trop fatigués, et qu'il fallait, pour cela, des troupes fraîches. (Y. une lettre de Richelieu au roi. Papiers de Richelieu, t. V, p. 134.)
* On voit combien Louis XIII se préoccupait des nouvelles^ de l'armée de Flandre. Il sentait fort bien que tout était désespéré de ce côté, et pourtant il espérait encore qu'un revirement de fortune lui permettrait de réaliser le grand programme de conquête qu'il avait rédigé dans le traité conclu avec la Hollande.
' Le favori du roi venait de former un régiment des gardes, composé de cinq compagnies. Son titre de chevalier était cassé a son frère, depuis qu^au mois de février précédent il avait été lui-même créé duc et j>air. Les lettres d'érection de ses terres en duché-pairie avaient été enregistrées au Parlement le l" février. (V. la Gazette du 3 février 1635.) Dans sa lettre du 28 Juillet, Richelieu conseillait au roi de faire loger ses nouvelles compagnies de gardes dans les faubourgs de Paris, ainsi qu'il était d'usage de faire pour les autres. {Papiers de Jtichelieu, t. Y, p. 122.)
Japrouve extresmement de faire lever cette nouvelle cavalerie aux lieux ou vous me mandés, c'est pour quoy vous y envoyeres un gentilome pour faire choix des personnes les plus capables a cet amploy *.
Je suis très ayse que la pansée vous soit venue de faire comprendre le gouvernement oaunix avec celuy de Brouage et des Iles car aymant le maréchal de Brese comme je fais je seroy toujours très ayse de faire du bien a son fils *.
«Tay pris cette nuit une médecine qui ma fait très grand bien.
Jay fait asoir mon frère au cercle lequel en a es^é ravy et dit a tout le monde le contentement quil a ae la fason de quoy je vis avec luy.
Japrens par ce gentillôme de M Dangoulesme' que le duc Charles est vers mirecourt je le trouve bien avancé dans la loraine *. — (I6ic/., fol. Ii6.) — (Original.)
Du 10 Aoast 1635 >.
Quince • mest venu trouver qui ma dit quil a iOO ou 120 chevaux de 100 escus pièce jay eu une pensée la desus quil vous fera entendre ausi bien avons nous assés de Dragons, laquelle
* C*e8t la cavalerie hongroise dont nous avons parlé. Le cardinal, dans sa lettre, indiquait au roi le Périgord, le Rouergue et les Cévennes comme pouvant donner les meilleurs cavaliers. Il proposait de former trois régiments de cette cavalerie. {Papiers de Bichclteu.)
« Lorsqu'il pleut au roi, dit Richelieu dans la même lettre, m'accorder la
moins.
« Le commandement que 8a Majesté m*a faict danser librement en mon endroit, faict que je prens la hardiesse aue je fais sur l'assurance que j*ay qu'elle ne le trouvera point mauvais, n [Idem.)
* Vers le milieu de juillet, le duc d'Angouléme avait été envové en Lorraine pour soulager le marécHal de la I<x>rce et partager avec fui le com* mandement de son armée. Celui-ci crut, sans doute^ à une disgrâce, car, des l'arrivée du duc d'Angouléme en Lorraine, la Force sollicita un congé qtil lui fut refusé. Ce refus fut accompagné de deux lettres du cardinal qtti explM quaient au maréchal les véritables raisons de l'envoi de Mi d'AngoalénM** (V. Papiers de Richelieu, t. V« p. 928.)
* Le duc de Lorraine assiégeait, en effet , Mirecourt depuis quHqn^s jours.
" Cette lettre a déjà été citée par M. Avenel (t. V, pi 161)4
* Cet officier avait été chargé de recruter des hommes et des chevaux ^11 Normandie. Le 30 juillet, Richelieu se plaignait à Servien de n*aVoir anciiii'' nouvelle de ce Quince, qu'il savait pourtant en Normandie. A la date d^* notre lettre, il revenait sans doute de remplir sa mission. Quelques jovra après il était en Lorraine avec tes dragons:
pensée si vous la trouvés a propos vous la ferés exécuter, on en pouroit faire de mesme aux autres Régiments.
M' Darcour * ma prié pour que je escrivisse a M' le garde des Seaux ce que jay fait pour son évocation, ledit M^ le garde des seaux vous en parlera si cest chose que je puisse faire en justice ien seroy bien ayse, sinon je men remets a vous et a M. le garde des Seaux den faire corne vous le jugerés a propos.
M de BuUion a réduit la g:arnison de Bar a 6 monstres qui est trop peu il la faudroit faire mettre a 8. Louis. — (I6tà., fol.H7.)— (Original)-- (I6id.,163o, juillet et août, fol. 289.)— (Copie.)
LXXXP
Mon cousin, si nous nusions esté si proche de la feste ^ je feuse aie des demain a Ecouan pour me rendre lundy a Ruel ^ mais ce sera pour ieudy ^ ou je reseuvroy toujours avec joye et contentement vos bons conseils men estant trop bien trouvé par le passé pour ne les pas suivre a la venir en tout et par tout cûme jay fait jusques icy vous vous pourés asurer que si jay eu jusques a ceste heure de l'afection pour vous que a lavenir elle augmentera toujours et nauroy point de plus grande joye que quand je vous la pouroy tesmoigner atenaant quoy je prieroy le bon Dieu de tout mon cœur quu vous donne une santé parfaite avec une longue vie et vous tienne toujours en sa saincte garde. Louis. A Ghantilly ce xj Aoust 1655 a 8 heures du soir. — (md., t.V, fol. H8.) — (Original) — (Ibid., t. 37, fol. 290.) — (Copie,)
Nous ne voulons rien ajouter a la lettre quî pré-
> Henri de Lorraine, comte d'Hartiourt, frère cadet du duc d'Ëlbetif. Il intentait an procès à sa mère, la duchesse douairière d'ElbeuC sous prétexte que celle-ci favorisait trop son flls atné, le duc d'Elbeuf, qui, déclare rebelle en 1633, avait vu ses biens conAsqués et depuis avait refusé de profiter de l'amnistie accordée aux partisans du dUc d'Orléans. Le roi évoqua lui*méme ce procès, et le termina à davantage du domte d'Harcourt, le 20 décembre 1635, dans un lit de justice qu'il vint tenir au Parlement. « Cette lettre a déjà été citée par Mi AVenél (t. V, p. 155)* » En citant —"- -*- *' *-— -• ^ « r • i- ™ — .
avait écrit
pas eu entre
par une erreur du copiste.
* Comme on le verra par la lettre suivante, Itîchelieu était indisposé en ce moment ; cela explique pourquoi Louis XIÏI parait s'excuser de né pas aller à Rueil.
■» X^ 11 août était un samedi. Le roi alla, en effet, le jeudi suivant à RUeil, avec Monsieur. Louis XIII était arrivé le 15 à Ecouen. En quittant RuèiJ, le 16, il alla à Ârgentenil. (V« la GbJKette du 18 et du 26 août.)
cède. Elle suffit à indiquer combien les véritables rapports de Louis XIII et de Richelieu ont été différents de ceux que leur a attribués la haine de quelques-uns de leurs contemporains. Si, comme on Ta dit, le successeur d'Henri IV n'a jamais aimé son ministre, il a, en tous cas, fort bien caché ses sentiments, puisque, jusqu'à ce moment, nous Tavons toujours trouvé donnant, en toute occasion, à Richelieu des preuves d'un attachement profond et d'une tendresse qui ne s'est jamais démentie. Nous le verrons tenir une conduite semblable jusqu'à la mort du cardinal et jamais nous n'aurons à constater la moindre défaillance dans les sentiments de Louis XIII à l'égard du grand ministre. La lettre que nous venons de donner est un véritable programme auquel le roi est toujours resté fidèle.
De loDzième aoQsi 1635.
Je suis bien ayse davoir seu vostre guérison plustost que vostre maladie car elle'^meust mis extresmement en peine je loue le bon Dieu de quoy ce nest rien *
Cest très bien fait davoir pourveu aux vivres de larmée de M*" Dançoulesme car sans cela elle ne pouvoit subsister '.
Jay'mis en marge de vostre mémoire des absans ceux que je croy mériter estre cassés et ausi ceux qui sont malades ou retournés à leurs chargés '
Japrouve le projet de ceste nouvelle cavalerie le principal est de la lever promptement *. — {Ibid,, t. V, fol. 120.) — (OnginaL) — (Ibid., 1635, juillet et août, fol. 291 .) - (Copie.)
* NonB ne trouvons nulle part trace de ce malaise qui dut être passager. ■ Nous avons vu plus haut qu'on venait de donner une partie du comiuan*
dément deTarmée ae Lorraine au duc d'Angouldme.
* Richelieu renvoyait le lendemain ce mémoire à Servien, pour que celui* ei mtt les noms des officiers déserteurs dans l'ordonnance, qui devait être envoyée aux itrmées. Il lui recommandait de lui renvoyer le Mémoire, afin qu'il le pût faire imprimer dans la Gazette. (V. Papiers de Richelieu, c V. p. 931.)
* Louis XIII revient encore sur la cavalerie hongroise. Remarquons qu oa
(12 août 1635.)*
On ne pouvoil faire mieux que denvoyer Argencourt et du Chatelet ' a Chaalons pour régler ces brigades je croy que sans cela M' Conte • et M' de Longueville y eusent esté bien ampeschés.
Je vous renvoyé lordonnance contre les ofîciers absans laquelle iay signée, elle est un peu rude mais aux extresmes maux il faut destresmes remèdes.
Mon frère dit lautre jour a St Simon en partant dicy que dans quelque temps il me vouloit demander de faire un Régiment de mil chevaux ce que je ne trouve nulement a propos ny pour vostre seureté ny pour la mienne. — (Ibid,, t. V, fol. Ii9.) — (Original) — (Ibid,, 163S, juillet et août, fol. 291.) — (Copie,)
s'était enfin décidé à Torganiser, puisque, le 6 août, Richelieu ordonnait à Servien de donner une commission, pour une compagnie, à un sieur Bonnette. {Papiers de Richelieu, t. V, p. 930.)
* Cette note, qui, dans la copie, fait suite à la précédente, en est complètement séparée dans le manuscrit autographe que nous avons eu entre les mains. Nous devons remarquer que les deux pièces doivent être, en effet, indépendantes Tune de l'autre, puisque, dans la première, Louis XIII prévient le cardinal qu'il a fait le travail préparatoire pour la rédaction de l'ordonnance destinée à arrêter la désertion de la noblesse, que le 12, Riche-
qu'il lui renvoie l'ordonnance toute signée nance fut publiée par la Gazette le 17 août ; nous ne croyons donc pas nous tromper de beaucoup en donnant à cette note la date (m 12 août. Comme nous Tavons vu, ce lour-là Louis XIII n'avait pas encore rejoint Richelieu à Rueil ; de plus, l'ordonnance, publiée par la Gazette, porte la date du 12 août. Le roi prenait contre les officiers absents de l'armée, sans congé, des. mesures très-sévères. « Les officiers absents, dit l'ordonnance, seront privés de leurs charges, dégradés des armes et de noblesse, pour ceux qui se trouveront nobles ; et pour les autres, ils seront conduits dans les galères du roi, sans autre formalité de procès... ordonne, en outre, aux élus, de comprendre ci-après dans le rôle des taiUes ceux d'entre eux qui ont jusqu'à présent joui de la noblesse, lesquels Sa dite Majesté a déclarés indignes. »
* Du Chatelet, ancien avocat général à Rennes, était envoyé à l'armée de Lorraine, pour y remj)lir les fonctions d'intendant de justice.
' Le comte de Soissons. Il avait été chargé, au commencement d'août, d'enrôler la noblesse et de l'organiser en compagnies et en escadrons, comme nous Papprend l'instruction que lui envoya Richelieu à cette époque. {Papiers de Richelieu, t. Y, p. 133.) Le 6 août, le cardinal lui écrit encore pour lui recommander de pourvoir ses soldats de tout ce qui leur est nécessaire avant de les envoyer à l'armée du maréchal de la Force et du duc d'Angouléme. {Idem^ p. 930.)
îéî LETTRES INÉDITES
(19) Aoast 1635 «.
Comme je montois a cheval le comte de Tresme' ma fait veoir une lettre du S' de Blerencourt^ son frère qui lui escrit quun gentilôme venu de Callays a perronne la asseuré que le fort de Squin avoyt esté repris par les francois ou il y avoyt eu quatre cent espagnols de tuer et des nostres que cent cinauante un cappitaine et un ensespe qui est la confirmaôn de lautre nouvelle*. — (I6id., t. V, fol. 121.) — (Original.)
Du 20 AouBt 1635.
Il ne se peut rien adjouter aux ordres que vous avés donnés pour la Champagne tant a Vobecourt que a Ârpajon il ne faut que les faire exécuter prpmtement *.
Vous donerés les orarés nécessaires aux troisième corps qui doit marcher avec moy de se randre a Joinville au lieu de Langrès ou toutes les troupes ont leur rendes vous.
Se souvenir de manaer les 200 gardes du corps qui sont avec M' de Chaubes parce que si ils sont dans le boulonois il ne me pouront plus ratraper '.
Le Haher ^ ma dit quil avoit visité toutes les pièces de baterie
* Nous plaçons cette lettre, qui n*e8t pas datée, à la data du 19, car noos supposons que le roi montait à cheval pour aller à la chasse ; or la Gazette nous apprend qu'il était arrivé le 18 à Chantilly.
* René Potier, comte de Tresme, d'abord chambellan d'Henri IV ; il devint ensuite gouverneur de Châlons, puis commandant de la compagnie des
f:ardes du corps, conseiller d'État en 1629 ; il fût nommé duc et pair en 648. Il mourut en 1670, à TAge de 91 ans.
> n était, comme nous Tavons vu, gouverneur de Péronne.
* Les Espagnols avaient, le 28 juÛlet précédent, enlevé aux Hollandais le fort de Schenck, situé à la séparation du Rhin et du Wahal, et, depuis ce moment. Français et Hollandais s'efforçaient de reprendre ce fort qui, par sa situation, menaçait toutes les villes voisines et mterrompait la naviga* tion. La nouvelle que donnait le roi était inexacte. La Gazette du l*' sep> tembre annonce et dément, le même jour, la nouvelle de la prise du fort oe Schenck.
* Vanbecourt et Arpigon avaient été chargés de conduire à l'armée de Lorraine les troupes organisées par le comte de Soissons, à Châloas. Ri* chelieu écrivit le lendemain 21, à Servien, pour lui donner Tordre nécea* saire au départ des deux officiers. (V. Papiert de Richelieu» t, V, p. 932.)
* Louis XIII se préparait à partir pour aller prendre le commandement de l'armée qui s'organisait en Champagne.
1 François de THÔpital, seigneur du Hallier, frère du maréchal de Vitrr. n avait aabord embrassé l'état ecclésiastique et était devenu évéqae de Meaux. Mais il quitta bientôt son évéché pour prendre la profession des armes, devint capitaine des gardes à la mort de Condni, puis maréchal de France en 1643. U mourut en 1660.
DE LOUIS Xlll A RICUELIËU. â43
de la citadelle de Metz et que ils estoient toutes éventées cest pourquoy s'il faut faire le siège de cirg * il en faudra prendre alieurs pour celles de nancy elles seront de 40 livres ae baies par conséquent trop difficiles a mener, il faut savoir de bone heure du lieutenant de l'artilerie ou on en poura prendre aux lieux les plus proches de Metz et si il y en a à Moyenvie et Marsal en estât ae tirer.
Les mineurs liégeois sont avec le cardinal de la Valette* cest pourquoy il faut avertir le petit de Serre qui est a paris de se tenir prest et de chercher des ouvriers pour les mines
Je parleroy au marquis de Nelle si il vient icy ainsi que vous me le mandés. Parlés a M' de Bulion pour envoyier fons avec moy pour la monstre des nouvelles compagnies des gardes a mesure quils arriveront.
Launoy mescrit de Picardie que aux gens darmes de M'* de Chaubes et Soyecourt il ny a que 29 maistres a chaque compagnie.
Giroy coucher mercredy a livry pour me randre jeudi a Noisy a la maison de M' Coulon a une heure après midy vous feres trouver vos compagnies au bac a brie jeudy a midy du costé dudit Noisy '.
Madame de Loraine * se plaint fort du traitement mauvais quelle reçoit de M' de Bulion pour sa pension je luy en ay escrit vous luy en dires encore un mot. Louis. — (ïoid., fol. i23.) — (OriginaL)
De Chantilly, ce 22 Aoust 1635.
Vous aprendrés par les depesches que porte Beaumont c5me le fort de Squin n'est point pris ny espèrent de le prendre de
* Sierck, dont les Espagnols s'étaient emparés au commencement de mai.
* Il commandait un corps d'armée en Alsace.
3 I^ouis Xin coucha, en e£fet, le 22 à Livri,et le lendemain, jeudi 23 août, lui et Richelieu se rencontrèrent chez le comte de Nogent, qui, selon la Gazette, les traita magnifiquement. Ce jour-là, après la collation, le roi tint conseil à Noisy, et c'est dans ce conseil qu'il signa le pouvoir donné à Richelieu pour gouverner pendant le séjour au 'il allait faire en Lorraine. (V. Papiers de Richelieu, t. V, p. 150.) Le soir, le roi et le cardinal se quittèrent, I^uis XIII pour aller coucher a Lagny et Richelieu pour aller à Langres. (V. Gazette de France du 25 août.)
cousin, abdiqué
Louis XIII. enchanté d'avoir auprès de lui une duchesse de Lorraine, pendant qu'il portait la guerre dans ce pays, lui avait donné un hôtel tout meuble, des domestiques, des gardes et une pension pour lui permettre de tenir sa maison sur le pied qui convenait à son rang.
tout cet iver, ce porteur dit crue si le prince dorange eut voulu ils eussent battu les enemis plus de 4 fois depuis la bataille et que cest une honte de voir la peur quil a de tout.
Je trouve très a propos que mes 200 gardes demeurent avec M' de Chaulnes ann quil nest point dexcuse. Louis. — (Ibid,y fol. 125.) — {Original,)
Du 25 aoust 1635, k Monceaux *.
Jay veu les nonces auquels iay parlé suivant vostre mémoire et encore un peu plus sec sur la faire du mariage de mon frère ensuite ils mont parlé pour faire faire response a mon ambassadeur sur la faire de Jerushalem je leur ay dit que ie le ferois '.
M de Tresme mest venu dire cette après dîner que Bourdonoy lui avait dit de me dire ({ue un présidant de Paris lavoit chargé de me faire savoir que si je sortois le Royaume je courois fortune de la vie il me semble que il seroit bon que vous envoyiariés quérir Bourdonné pour savoir de lui qui est le Président et parler en suite au Président pour savoir ce que cest et eclercir un peu cette afaire.
Les nouvelles que vous me mandés dalemagne sont très bones je ne parleroy de la faire de pologne ' a personne
M' de St Luc * vient dariyer pour me parler encore de ce capitaine je luy répondroy si sec quil ny reviendra plus uno autre fois.
* Cette lettre a déjà été citée par M. Avenel (t. V. p. 160).
* Nous n'avons pas trouvé le Mémoire auquel Louis XIII fait allusion. Il ne suffisait pas au roi d'avoir fait déclarer nul le mariaçe de Oaston et de Marguerite de Lorraine ; il avait fait promettre au duc d'Orléans, lors de la rentrée de celui-ci en France, de se soumettre aux décisions des juf(es ecclésiastiques, sur la question du sacrement. Aussi soumit-il à l'assemblai*
générale du clergé de France, en 1635, la question de la validité du roariagt> e son frère. Cette Assemblée rendit la même décision que le Parlement. Cette unanimité décida enfin Monsieur à signer, le 16 août, un acte par lequel il reconnaissait lui-même la nullité de son union avec la princesse de Lorraine. (Y. cet acte, Arch. det aff. étrang., Jtome^ t. 56, fol. 288.) 11 restait à obtenir 1 adhésion du pape à la mesure acceptée par Gaston. Pierre KenoiUet, évéque de Montpellier, fut chargé d'aller à Rome pour négocier av<»c le Saint-Siège, et obtenir cette adhésion. Il partit le 12 octobre suivant. (V. les Mémoires de Richelieu, liv. XXVI, p. 659, col. 1.)
* Il s'agissait probablement des négociations que dirigeait alors \^ comte d'Avaux, ambassadeur de France auprès des trois cours du Nord, <*i qui avaient pour but la conclusion d'une trêve entre la Suède et la Pologne. Cette trêve fut signée le 12 septembre suivant, pour une durée dr vingt-six ans. (V. la Gazette de France du 27 septembre 1635.)
* Probablement Louis d'Espinav Saint-I^uc, flis du maréchal de Saint-Lar et d'Henriette de Bassompierre. Il était né en 1613 et Louis XIII avait été son parrain. (V. Journal afféroard, journée du 2 avril 1613.)
Gôme je fermois cette lettre St Simon ma dit quil avoit envoyié
3uerir bourdomié et lui avoit mandé de venir icy bien instruit e la faire. Louis. — {Ibid., fol. 126.) — {Chnginal,) — [Ibid,, i635, juillet et août, fol. 33i.) — {Copie,)