CXI II
Du 29" Novembre 1635.
Je VOUS prie de menvoyer demain la revue de larmée de M»" de la force que goulard a aportée parce que jay quelque pensée pour remettre ses troupes la, mais je serois bien ayse de voir la revue devant que den parler. — Louis.
Il est besoin de faire justice de ceux qui ont rendu haubar lâchement' je niroy point demain a la chasse. — (Ibid,, fol. 203.)
— (Original.)
Du l*"- décembre 1635.
Jay veu la lettre de M. le conte laquelle est remplie de toutes sortes dexcuses vous luy pouvés escnre que je suis satisfait '.
faut donner 20 commissions... Il est temps de les faire et plus que temps d'envoyer les commissions de cavalerie. » {Papiers de RichelieUy t. v, p. 954.) On voit que ni Louis XIII ni son ministre ne négligeaient rien pour assurer le succès de la campagne prochaine, et qu'ils savaient mettre à profit rinaction dans laquelle le mauvais temps tenait les armées.
* Nous n'avons pas ce mémoire, et M. Avenel ne l'a pas découvert non
{>Ius. Nous ne savons pour quel but Louis XIII mandait Brissac près de ui. Dans sa lettre au roi du 22, Richelieu lui dit, à ce propos : u Aussitôt que Brissac viendra, on le dépeschera. n {Idem, t. V, p. 355.) C'est là le seul renseignement que nous ayons pu recueillir et il est malheureusement trop' peu explicite au siget de la mission destinée à Brissac.
* Un officier, nommé Buire, avait rendu, sans le défendre, le château d'Aubac, en Lorraine. Nous verrons, dans une lettre du 4 décembre, Louis XIII manifester de nouveau Tindignation que lui inspirait cette lâcheté.
' Le comte de Soissons avait été accusé de vendre des permissions k ses
M. de Bulion ne veut payier le voyage de goulard je vous prie luy en parler de ma part.
Je travailleroy aux projets pour remettre les vieux régiments * et vous le porteroy avec les autres de auoy je vous ay !)arlé dans le mémoire que vous porte goulara. — Louis. — Ibid., fol. 204.) — (OriginaL) — (loie^., quatre derniers mois de i63o, foL 511.) — (Copie.)
Du 3« décembre 1635.
Jay envoyé a M. Dangoulesme 2.
Je parleroy a M. de Bulion côme il faut*.
Si vous jugés a propos gue S' Simon ne soit plus utille alarmée je lui manderoy quil revienne ayant doné ordre pour faire son regS
Delbène me dit ier que un çentillomme nomé Toury oui demeure près de Chambord sestoit déclaré enemy de mon rrère et ensuite avoit dit mille sotises contre luy je croy quil est très apropos de lenvoyier arester plustost que plustard et le mettre a la Bastille ceste afaire touchant extresmement mon frère cela luy tesmoignera lafF*" que jay pour luy auand il vous verra vous luy dires que je vous ay escrit avec cnaleur je croy quil faudra
officiers, et cela choauait Louis XIII, qui tenait tant à la présence de ses gentilshommes dans leurs armées respectives. Le comte s'en était excusé dans une lettre que Richelieu, qui Tavait reçue, envoya au roi le !•' décembre. Le cardinal écrivit, en effet, au comte de Soissons, de la part du roi, le 2 décembre. M. Avenel, qui a cru devoir changer la date de cette lettre et lui substituer celle du l" décembre, a eu tort, selon nous. (V. Papien de Riehelieu, t. Y^ p. 365.)
* Il s'agissait de faire le travail nécessaire à la transformation des anciens petits régiments en régiments de vingt compagnies. {Papien de Richelieu, t. V. p. 371.)
* En écrivant à Louis XIII le 2 décembre, Richelieu, après lui avoir expliqué la situation des armées en Lorraine, ajoutait : « Il seroit bon de faire dire à M. d'Angouléme, auparavant que le roi le vist, que Sa Maj[esté ayant eu divers rapports de ce qui s'est passé en Lorraine depuis qu il a eu le commandement de son armée, désire en estre éclaircie auparavant que de le voir, et que cependant il peut attendre les commandements de Sa Migeste dans sa maison de Gros-Bois, n {Papiers de Richelieu, t. V, p. 367.) On accusait le duc d'Angouléme de n'avoir pas fait en Lorraine tout ce qu'il aurait pu faire.
* Dans la même lettre, Richelieu priait le roi d'agir sur le surintendant, qui devait l'aller visiter le lendemain, afin d'obtenir de lui un supplément de
Saye pour les troupes de l'armée de Flandre, restées en Hollande après la ésastreuse campa^e du commencement de l'année. « Il n'v a que Vostre Majesté, lui disait-il, qui puisse emporter cette affaire sur M. de Bullion, laquelle est si importante et si nécessaire qu'elle la doit commander absolument. » {Idem, p. 308.)
que je preigne demain quelque petit remède le ventre comansant a me boufer. — Louis. — {Ibid,, fol. 205.) — (OriginaL)
Du 4° décembre 1635.
Je VOUS envoyé le mémoire de quoy de vous ay parlé *.
Nogent vous porte un marcassin que mes chiens prirent ier non pas ceux qui ont la rage je ne vous lenvoyeroy pas.
Cela est bien fascheux que on est laisé sauver les prisonniers de mastric,
Pour Buire je youdrois le faire juger par contumace et faire razer sa maison, jenvoyeroy quérir S' Simon ayant dôné ordre a son reg* '.
Si ma santé me leut peu permettre jeuse esté à Ruel mais estant dans les remèdes je ne lay osoy faire de peur daccident par les chemins ou il ny a poinct de couvert. — Louis. — {Ibid,, fol. 2i i .) — (Original,)
Du 7* décembre 1635.
JattandroyM. le Jeune avec impatiance cestoit bien ma résolution de faire demain ma feste mais je la feroy encore sur ce que me mandés avec la plus grande dévotion qui me sera possible ^, Vous avés très bien fait descrire a Rembure qui face remplir les compn**" de langeron qui sont a Doulans.
Je vous renvoyé vostre mémoire dans ce paquet.
Le ventre me boufant tousjours nonobstant plusieurs petits remèdes que jay pris je me suis résolu a prendre ce soir médecine. — {Ibid., fol. 210.) — (Original,)
Du 15 décembre 1635.
Jenvoye ce gentillome pour savoir de vos nouvelles ne vous ayant pas trouvé ier en bone santé.
* Probablement le mémoire sur l'organisation nouvelle des anciens régiments.
* D'après la Gazette, Saint-Simon arriva à Paris le 12 décembre.
s Cette lettre ne porte aucune date de la main de Louis XIII, mais une main étrangère l'a datée du 7 décembre 1635. Nous avons adopté cette date, car nous penàons que le roi veut parler, dans le premier paragraphe de sa lettre, de la Conception de la Vierge, qui se célèbre le 8 décembre. On sait, en effet, que cette solennité, quoique n'étant pas encore reconnue par les Soaverains-Pontifes, n'était pas moins en usage alors dans toute la chré-
28i LETTRES INÉDITES
Madame de Rohan demande le gouvernement de Sondrio pour le sieur de S^ Léger aide de camp je ne sais si à cause de la religion je lui dois donnera
Je oublioy de dire a Notent quand il vous porta le jambon de marcasin que je vous priois den faire faire laisé a quelquun devant que dan manger côme ausi de tout ce que je vous envoyé par les uns et parles autres.
Je me porte tort bien Dieu mercy, je vas mener mon frère voler le merle a la forest. — Louis.
Il y a icy des pères recolets qui mont parlé pour la Terre S*« et mont dit que cestoit le père Josef qui me les envoyioit, vous verres ce quil faudra faire en cette afaire" avec ledit père josef. — {Ibid., foi. 212.) — (Original)
De Paris, ce 19* décembre, a 6 heures da soir, 1635*.
M. Servien me vient de parler dune dépêche a M. le conte pour entrer dans le comté de Bourgogne et par ce moyen jetter des vivres dans Colmar et Selestadt je luy ay dit de vous dire que je désirerois vous voir avant que cette dépêche partit ' je vous ay
tienté. D'ailleurs, le 8 décembre, Richelieu écrivait à Chavigni pour le prier d'aller à Chantilly le même jour, u afin de contenter le roi. » {Popieri de Richelieu^ t. V, p. 960.)
* Depuis SIX mois, le duc de Rohan, après avoir quitté l'Alsace, Jp^rroyait dans la Yalteline, tantôt contre les Allemands, tantôt contre les Esp*-
Eaols. Partout vainqueur jusqu'alors, il dominait entièrement cette province, a maladie seule l'arrêta au milieu de ses succès. Nous ne savons si la faveur qu'il demandait pour son aide de camp lui fût accordée, pourtant notis le croyons, car Louis Al II était trop content de ses services pour loi reAiser une cnose aussi peu importante. Quelques jours auparavant, il le faisait complimenter chaleureusement par Richelieu, pour le succès aue le doc avait obtenu sur les Espafçnols à Moroegno, le 10 novembre précèdent. {Papier m de Biehelieu, t. Y, p. 956.) D'ailleurs la question de reliçion devait peu l'arrêter, puisqu'il avait déjà confié des armées aux ducs d^ Rohan et de CbiU tillon et au maréchal de la Force, qui étaient protestants.
* Cette lettre a déjà été citée par M. Avenel. (T. V, p, 969.)
* 1^8 villes d'Alsace, depuis la diète d'Heilbroun, tenue en 1633, s*étaieDt placées sous la protection de la France. Au mois de décembre 1634. elles avaient même resserré, par un nouveau traité, les liens qui les unissaient à notre pays. Anssi était-ce un devoir pour Louis XIII d'essayer de secourir ces villes contre les attaques des armées allemandes qui avaient envahi l'Alsace. Le roi retardait l'envoi de la dépêche destinée au comte de Soi»sons, sans doute parce que, n'aimant pas ce prince, il préférait voir donner à un autre une mission qui pouvait rapporter de la gloire ù celui qui ïeutreprendrait. Quoi qu'il en soit, le soin de secourir les places d'Alsace ne fut
prud< et en votre bonne conduite, que je ne doute nullement que vous ne ventes
DE LOUIS XIII A aiGHËLIEU. 285
voulu escrire cecy de peur quil ne vous dit autrement c[ue ce que je luy ay dit ou qui! nadjoutat quelque chose a la vérité. — Louis. — (Ibid,, fol. 213.) — {Original) — {Ibid., 4635, quatre derniers mois, fol. 542.) — (Copie,)
La lettre qui précède semble écrite pour expli- . quer tous les malentendus qui ont pu exister entre Louis XIII et Richelieu. Elle démontre bien, selon nous, que le cardinal, prenant ses craintes pour des réalités, se considérait souvent comme immolé parce que ses ennemis ou des subordonnés trop zélés, dénaturant, selon leurs désirs ou leurs appréhensions, les actes et les paroles de Louis XIII, en faisaient chaque fois sortir de nouvelles preuves de la prétendue disgrâce de Richelieu. Louis XIII savait combien son ministre s'abattait rapidement, il savait qu'il acceptait plus facilement les suggestions de la crainte que celles de la raison, lorsqu'il s'agissait de l'autorité dont il était dépositaire ; aussi le roi ne négligeait-il aucune occasion de prévenir la naissance du moindre soupçon. Pour arriver à ce but qu'il n'atteignait pas toujours, Louis XIII accablait le cardinal de prévenances, comblait tous ses désirs, veillait sur sa santé, l'entourait enfin de toute sa sollicitude. Il lui montrait à tout instant et à tout propos l'affection qu'il ressentait pour lui et ne souhaitait que la tranquillité de son esprit, sachant bien que lorsque Richelieu avait l'esprit libre de toute
h bout de ce dessein si important au bien des affaires de S. M. » {Papiers de Richelieu^ t. V, p. 961.) u II est certain, écrivait Richelieu à Louis XIII, quelque temps auparavant, que, si on ne secoure ces places, elles sont perdues, et qu'ensuite, ayant perdu tous ces dehors, on apportera aisément la fi^uerre au dedans du royaume. » {Idem^ t. VII, p. 739.) Le cardinal de la Valette réussit d'ailleurs dans sa mission. Il put conduire des vivres et des soldats dans toutes les villes d'Alsace sans que les ennemis pussent Yen empêcher.
crainte, leurs communs desseins étaient poursuivis avec toute Tampleur et la ténacité nécessaires.
De St Germain, ce 27 décembre 1635.
Jay fait parler a M. de Limoge qui fera tout ce quii faut pour mon afaire'.
Quelques capitaines dinfanterie mont averti que pourveu que on donast la 7«"»« monstres aux oficiers que pour les soldats ils nen auroit pas besoin et que on sen pouvoit servir pour la première de janvier je croy que vous ferés plaisir a M. de Bulion de luy doner cet avis.
Jay eu une pensée pour faire mener les bleds qui sont à Toul à Nancy qui est de se servir des chariots des Suède en les payant côme les autres Jeur*cartier diver nest que a dix lieues de Toul le plus loin tous ceux qui viennent de larmée masurent que ils en ont plus de 42 cens ce seroit pour mener une belle voiture a Nancy ^ il en faudroit faire faire la proposition au duc Bernard ', M. de la force mescrit'quil se faut hâter de pourvoir
* François de la Favette, premier aumônier de la reine et évéque de Limoges, était cet oncle de M»* de la Fayette, chez lequel nous avons reconnu, plus haut, tant d'ambition malsaine et tant de nullité. Nous avons vu
âue le roi et Richelieu connaissaient les projets des parents de la jeune lie d'honneur, aue Louis XIII leur était opposé, et souhaitait de voir sa jeune amie ajrir librement, selon les mouvements de son cœur; nous savons qu'il faisait Richelieu conlident de ses pensées à ce sujet ; aussi croyonsnous qu'ici le roi fait allusion à un ordre au'il aurait fait donner k l'évéque de Limoges de ne plus peseV, comme il le faisait, sur les détermination<i de M"* de la Fayette, et de la porter à entrer au couvent plutôt que de l'en détourner.
* Cette idée, oui semble avoir été abandonnée à cette époque, fut reprise à la tin de janvier 1636. Nous trouvons, en effet, à ce sujet, le passage suivant dans un ordre que Richelieu envoj^ait à MM. de Mande, vlUarceau et Oobelin, à cette épo<iue, pour l'approvisionnement des places fortes de lorraine : « Pour munir Metz, on estime qu'il nv a point de plus prompt et asseuré moyen que dachcter des bleds des Suédois qui en trouvent souvent selon même que M. de Mande a mandé où l'on pense qu'il n'y en ait point et les oblige de les rendre dans ladite ville ou de faire marché avec eux pour en voiturer dépura Fresue où l'on pourra en faire charroyer de Veniun par charroys pris dans le Verdunois, ce dont MM. de Mande et Bellefonds auront soin jusques en ladite ville de Metz, ce qui sera très-aysé auxdiia Suédois ayant (quantité de charriots et de chevaux, ou en rendant la rivière navif^able jusqu à Metz, ce à quoy il faut travailler sans remise, > {PapMrt de Hichelieu, t. VI, p. 41.').)
s Bernard, duc de Saxe-Weimar, qui, après avoir servi sous Gustave- Adolphe, avait pris, à la mort de' ce prince, le commandement de l'armée suédoise. Il venait de conclure avec la France un traité qui le mettait com-
a Selestadt et Colmar et quil en envoyé un mémoire, je croy que cest a M. Servien. — Louis.
Il est ausy temps de penser aux recrues ^ Bourdonné demande 20 compn»®» come les autres * la tour fait la mesme demande jay remis la capacité de celuy a qui jay doné labaye de Vierson sur la consciance de M. de Chartre ^ je voudrois pour moster tout scrupule qui menvoyast un certificat du colege ou il est come il est capable de la tenir. — Louis.
Come jalois envoyier un gentillome vous porter ce billet Mayolas* est venu qui je lay bailé pour vous le porter. — {Ibid., t.V, foL 160 et 461.) — {OnginaL)
Mon cousin, jenvoye ce gentillome exprès pour savoir de vos nouvelles estant en peine de vostre santé, je vous envoyé un mémoire cy joint dun avis que jay eu je me porte bien grâce au bon Dieu lequel je prie vous doner la santé telle que je vous la souhaite et quil vous tienne en sa s*® carde. — Louis. — S* Germain, premier janvier 4636. — {Ibid., fol. 462.) — [OriginaL)
Du 3* Janvier 1636, a 4 heures du soir.
Je juge très a propos denvoyier quérir ceux du Parlement pour samedy je remettroy laudiance des nonces a dimanche il faut que M. de Chavigny leur face dire parce que M. de Brulon * nest pas icy pour les avertir.
On a quelque espérance de S* Simon et les médecins disent que le ii comance assés bien®.
de
Nordlingen, où il commandait l'armée suédoise. Nous retrouverons souvent ce général plein de talent et de bravoure, qui fut enlevé si jeune par la mort à la France. Il mourut, en effet, de la nèvre en 1639, à l'âge de trentecina ans.
* Le 30, Richelieu écrivait à ce sujet à Servien : « Le roy presse de nouveau les levées, je vous prie d'y apporter toute la diligence possible.» {Idem, t. V, p. 959.)
> Louis XIII fait allusion ici au projet qu'il avait rédigé lui-même, pour la conversion des anciens petits régiments en régiments de vingt compagnies.
' L'évêque de Chartres était alors Léonor d'Estampes-Valencay, qui devint, en 1641, archevêque de Reims,
* Mayolas était lieutenant des gardes de Richelieu.
* Conducteur des ambassadeurs.
■ Louis XIII veut, sans doute, parler ici du quatorzième jour de la mala-
M. de la Force est arrivé a qui jay creu devoir faire bone chère*. — Louis, — (I6id., fol. 164.) — {Original.)
Le 20 décembre 1635, Louis XIII, dans un lit de justice, avait fait enregistrer au Parlement quarantedeux édits créant de nouveaux offices. C'était un moyen de se procurer Targent dont on avait tant besoin, car les nouvelles charges trouvaient toujours des acquéreurs qui les payaient un haut prix. Mais les conseillers aux enquêtes, trouvant sans doute que les nouveaux officiers, augmentant le nombre des magistrats, allaient par cela même diminuer leur importance, se réunirent le 22 pour demander l'examen détaillé des édits. En réponse à cette demande, le roi défendit formellement toute assemblée des chambres. Mais Tes conseillers aux enquêtes, entêtés dans leur opposition, vinrent, malgré la défense royale, siéger à leur place et empêchèrent les plaidoiries ordinaires en réclamant l'assemblée des chambres et en accusant ceux de leurs collègues qui ne voulaient pas se joindre à eux de sacrifier les intérêts de la compagnie à leurs intérêts personnels. C'était pour les réprimander de cette conduite que Louis XIII faisait appeler auprès de lui une députation de membres du parlement. Il les reçut le 8 janvier avec hauteur, et leur parla avec colère. Le lendemain, cinq conseillers étaient relégués dans leurs
die de Saint-Simon. La Gazette du 5 janvier dit que : « on lui rapporte qu'il V a plus à espérer qu*à craindre en la maladie du duc de Saiot^Simon. » Et le 12, elle annonce sa convalescence.
* Le maréchal avait demandé un congé, qui lui tui accordé le U décrialire, comme nous rapprennent deux lettres, Tune du roi, Tautre de Rich«»lieu, qui ont été publiées dans les Afémoiret de la Foree^ t. III, p. 438 et 439. Le vieux maréchal avait laissé le commaoderoent de «00 année, pendant son absence, k son flls, le marquis de la Force.
terres^. Dès ce moment toute opposition du parlement devint impossible, car Louis XIII mit le retour des exilés comme prix à la complaisance de leurs collègues. Ceux-ci venant le trouver, le 22 janvier, pour implorer sa clémence, il leur répondit durement : « Je ne capitule point avec mes sujets et mes officiers, je suis le maître et veux être obéi. » Et les conseillers exilés ne reprirent possession de leurs sièges que lorsque toute résistance eut disparue
Le 5 Janvier 1636.
Àe voy par vostre mémoire que vous noubliés rien pour faire (jae mes af aires ailent bien^.
Pour le règlement entre la grande chambre et les enquestes jay une pensée la desus que je vous diroy a la première veu.
On me vient de dire que le liège est mort il avoit la charge de major de la Rochelle et cap>*<^ des tours laquelle je vous mais entre les mains pour en disposés a qui vous voudrés. — Louis.
{En marge, le roi a ajouté :) Si vous navés envoyé un çentillôme a M. le conte la naine quil porte au card*^ ae la Valette peut empescher de luy bailer aes troupes promtement'. — (I&id., -fol. 165.) — (Onginat)
cxxrv
De VenaiUes, ce 17 janvier 1696.
Je trouve bon de donner demain audiance ajlamb' de Holande pourveu quil vienne a iO heures du matin*.
* V. les Mémmre» d'Orner Talon^ collection Michaud, 3* série, t* VT, pages 41 à 59.
t Louis XIII fait, sans doute, allusion au mémoire rédigé par Richelieu la veille ou le même jour, et destiné à régler tout ce qui devait se passer entre le roi et les députés du parlement qui aUaient être reçus par Louis XIII quelques heures après.
* Le comte de Soissons avait dû être prévenu du projet primitif, pour le ravitaillement des places d'Alsace, projet qui lui confiait la direction de * cette expédition, et ce prince n'avait pas dû être flatté de se voir remplacé par le cardinal de la Valette, oui, à cause de sa qualité d'ecclésiaStique, était un objet de haine et ae jalousie pour tous les officiers supérieurs.
* Quelques difficultés commençaient déjà à diviser les deux pays. Le parti
^90 LfiTTRES INÉDITES
Je VOUS diroi force choses qui se sont passées depuis que je vous ay escrit sur lafaire de la fille je seroy bien ayse de savoir ce qui! y a contre le borgne pour ne perdre locasion. — Louis.
Si vous rencontrés demain Sanguin avant que vous madrés veu et quil vous parle de la fille faites semblent de nen avoir ouy parlé. — (Ibtd., fol. 166.) — {Original.)
Mon cousin, la Coudrelle porteur de cette lettre est celuy que jay nomé pour comander au fort de la Croix il a désiré que je vous escrivisse par luy pour estre mieux reseu de vous ne vous ayant jamais salué estant toujours a sa charge et peu a la court* 'e men retourne a Paris a cette heure pour travailer a notre baet* tout le reste va le mieux du monde vous mentendés bien' assurés vous toujours de mon afif^" qui sera toujours telle que vous la pouvés désirer. — Louis. — A Versaille, ce 29 janvier i636. — (Ibid., fol. i67.) — (Onginal)
(Fin de Janvier 1036) «.
Mon cousin si la coudrelle na veu ma lettre je vous prie de ne luy faire voir pour des raisons crue je vous diroy a la première vue. — Louis. — (I6id., fol. 170.) — {Original,)
de la paix semblait devoir l'emporter en Hollande, et cela d'aatant plas facUement ^ue le prince d'Orange s'était pen à peu rallié à lai depuis l'échec de l'expédition française en Flandre. Des négociations pour arriver à une noavelle U^ve avaient même été entamées entre l'Esps«ne et la Hollande. D semble résulter de Mémoires du cardinal aux ambassadeurs français auprès des États, que Richelieu, se sentant abandonné par la HoUande, aurait «v un Instant la pensée de négocier aussi po|^ le compte de la France une trêve avec l'Espatfne. Mais, comme les négociations des Hollandais n'abovtirent pas, le carmnal ne donna pas suite a son projet. (V. Papier» de JKehelieu^ t. V, p. 404, et t. VII, p. 1016, Mémoiret au maréchal de Brtsé et à Chamaeé.)
* Voir la lettre suivante et une autre du 14 mars sur cette affaire do fort de la Croix.
* Est-ce le ballet qui fiit donné le 12 février an Louvre T Nous ne savous. La Gazette du 19 février donne la composition de celui-ci. Ka l'annooçant le 16, eUe disait qu'on l'appelait « le oaUet de l'improviste, » parce qu'il avait été composé et dansé en six jours. Nous pensons jao'eila s^ trompait sur ce point, et que c'était le même baUet dont Louis 3L1II parle
* Encore une allusion à l'intention manifestée par M*** de la Fayette de sa reUrer dans un couvent.
* Nous datons cette lettre de la fin de janvier, car nous pensons Qu'elle dut être écrite presque immédiatement après la précédente, à laquelle elle fait sans doate aUosion. Cette courte note est écrite au crajron4
De PariS) ce 22 février 1636.
Je parleroy a M' de Bulion pour les gani»»»* de Picardie*. Je parleroy a M' le Prince de lafaire de la B.* (la Bourgogne!. M^ de Monbason et de Chaulnes nont point visité le duc ae Parme et ne parlent point dy aler.
Je parleroy aux autres quand ceux la lauront veu'.
I On sait que les surintendants des finances délivraient toujours difficilement l'argent nécessaire à l'entretien des troupes. Dans une lettre au maréchal de Brézé, Richelieu écrivait, le 30 janvier, à ce sujet : « M. de Charnacé. qui a fait deux voyages en France depuis qu'il est en Hollande, sçayt la facinté qu'il y a,k faire faire à ces messieurs autre chose que ce qu'ils veulent. Ils estiment quelquefois beaucoup de choses faites quand ils les ont résolues, et, cependant il est vray que l'exécution ne suit pas. Je m'en plains à evLTL ihéme fort souvent, et je vous puis dire que je n^ay presque rien qui traverse le contentement de ma vie que pareilles rencontres. {Papiers de BichelieUy t. Y, p. 411.) Nous avons aussi une lettre inédite de Louis XIII qui montre de quelle façon il fallait insister pour obtenir des surintendants les payements jugés nécessaires. « M" de Bulion et Boutilier, écrit-il le 1«' janvier 1636 à ces deux surintendants, les capitaines que jay mandé pour faire les recrues sont arrivés et natendent que de largent pour aler travai- 1er vous les ferés expédier promtement ny ayant point de temps a perdre la diligence est très nécessaire en cette afaure. » {Areh. desaff. étrang., France, t. V, fol. 163.) Malgré ces recommandations, nous verrons le mécontentement de Loms Xlii éclater, dans une lettre du 20 mars, parce que les recrues manquent du nécessaire.
* On songeait à attaquer l'Espace dans toutes ses possessions, mftis la Franche-Comté, qui était presque indéoendante à cause de son isolement et de son éloigpement de la métroi>ole, omrait peu de prétextes pour y envoyer une expédition. Cependant le prince de Condé, qui commandait en Bourgogne, dans un rapport au roi, daté du 16 février, montrait quels arguments on ponrrait faire valoir pour excuser une agression de la comté, qui avait avec la France des traités particuliers de neutralité. Le prince proposait, en outre, de traiter avec quelques personnes influentes ae cette province. Ce rapport, à chacun des paragraphes duquel le cardinal fit des réponses marginales, fut approuvé par le roi le 23 février. (V. Papiers de JiicneUeu, t. Y, p. 421.)
s Edouard Famèse, duc de Parme, nouvel allié de la France, n'avait guère à se louer des résultats que cette alliance lui apportait, puisqu'il voyait ses États envahis par les Espagnols. Il venait en France pour obtenir que de nouvelles troupes fussent jointes à celles du maréchal de Créquy, qui commandait en îtalie, et au corps du duc de Rohan dans la Yaltelme. afin d'agir avec plus de vigueur pendant la prochaine campagne qu'on ne l'avait fait précédemment. Comme Richelieu tenait à ménager un allié aussi précieux que fidèle, il avait voulu le recevoir avec tous les honneurs dus a un prince souverain, et avait fut donner Tordre aux ducs et 5 airs d'aller saluer le duc de Parme à son arrivée. Ceux-ci refusèrent tout 'abord, mais cédèrent de mauvaise grâce, quelques jours après, devant les ordres formels de Louis XIII. Le roi avait apporté plus d'empressement à complaire au prince italien, car, dès le jour de l'arrivée de celui-ci à Paris, I^uis XIII, qui était alors à Yersailles, éfait venu au Louvre avec la seule intention de recevoir immédiatement le duc de Parme.
â92 LETTRES INÉDITES
Je ne peus plus demeurer a Paris sans estre malade ny ayant aucun repos*. — Louis. — (I&i'd., fol. 168.) — {Original^
De St Germaiiii ce 26 feuvrier 1696.
Jay veu sur le mémoire que M. de Brulon ma aporté quil aloit voir M. de Ventadour de ma part pour luy demander de voir le Duc de Parme jy avois envoyé avant que partir de Paris et mavoit fait reponce guil ne manqueroit dy aler je ne say si il la fait jay comanaé audit de Brulon de faire ce qui est contenu dans vostre mémoire*.
Je vous envoyé dans ce paquet un mémoire du colonel Sinot irlandois auquel il est a propos de faire donner auelque argent pour la subsistance de son Reg^ autrement il se aébendera*.
Vie * qui etoit cornette de ma Comp«>*« est mort jay jette les yeux sur Roguemont pour estre en sa place en recompensant les enfans de telle sôme que je voudroy je n'ay voulu luy en parler ny a qui que ce soit sans savoir auparavant si vous aprouveriés ce choix vous men aviés déjà parlé il y a quelque temps
Sour le recompenser qui est la cause qui my a fait penser, on it icy que vous aies Samedy a paris voir dancer le balet a larsenac* je vous prie me manaer ce qui en est*.
Je me porte oien et suis très ayse davoir seu que vous vous poriiés mieux que ses jours passés. — Louis.
M. de Brulon ma dit quil estoit venu des nouvelles ditalie et
Îrue les espagnols estoient entrés dans le Parmesan. — (llnd,, ol. 169.) — (Original.)
De St OermaÎD, ce 8** Mars 1636.
Je suis de vostre opinion que si le D. de Parme eut eu a venir Af* de Brulon et Boutilier vous en aurois dôné avis voyant que cela nest point je mené aujourduy la Reyne a la volerie le temps estant parfaitement beau \
* D'après la Gaxetie, Lonis XIII ne retourna pourtant à VertaiUea que le 24.
* Nous n*avons pas trouvé ce Mémoire.
* Diaprés la Gasette du l** mara, le colonel Sinnot commandait qniaae coa> pagnies de soldats irlandais.
* Ce Vie était le flls du garde des sceaux du même nomi mort en 1622.
* On disait alors indifféremment artenae ou arâenai,
* Le cardinal n'alla à Paris que le 2 mars, mais il alla, «n effet, à rArM* nal voir danser le ballet des deux magiciens. {Gasettt du 8 mars.)
^ En effet, « le 8, dit la Gazette du 15 mars, le roi mena la reine «t toolee
Je meclererois îer au soir de lautre afaire laqueUe jay trouvée côme je la pouvois désirer le tout estant contraire a ce que lautre mavoit dit ^ jay dormi cette nuit X heures et me porte très bien grâces au bon Dieu. — Louis.
Je prie Dieu que la consultation des médecins vous *
Du 14-« Mars 1636.
Jay escrit une lettre bien sèche a M" de Bulion et Boutilier sur le paiement des troupes de Holande je croy quils en prendront laJarme bien chaude'.
La Goudrelle ne désire plus le gouvernement du fort de la Croix sexcusant sur son peu de moyen pour y subsister.
La bloquerie col^' liégeois demande quelque contentement pour son paiement ou il a quelque raison on en poura parler quand on travailera pour le colonel étrangers, il est très bon nôme et point difficile. — {Ibid,, fol. 174.)— {Original.)
De St Germain, ce SO"* Mars 1836.
Je VOUS escris un billet dans ce paquet pour la subsistance des
les dames à la chasse, où Leurs Majestés eurent toutes sortes de divertissements. » Le duc de Parme ne partit que le 18. La Gazette du 22 dit que, le 15, « il alla à St Germain, où après toutes les caresses ima^nables son Altesse eut son audience d'adieu de la part du roi et de la reine : d'où il alla à lUiel prendre aussi congé de Son Éminence... le 17, Son Bminence alla encore voir Son Altesse de Parme et se dirent derechef adieu avec de grands tesmoiçiages de réciproque affection. » A ce propos, Louis XIII écrivait à Chavigny» le 4 mars, quelques mots qui peignent bien son horreur pour le faste et toutes les cérémonies publiques : « Quand le duc de Parme me viendnt dire a Dieu, dit-il, qu'il dîne avant que de venir icy.» {Areh, des af[, étrang., France, t. Y, fol. 171.)
* Cette phrase fait, sans doute, allusion aux projets de M"* de la Fayette et aux intrigues de ses parents.
* Nous ne lavons comment la phrase doit se terminer, car la feuille a été coupée à cet endroit par le relieur qui a réuni les différentes lettres de ce volume. Nous n'avons aucune autre mdication sur l'indisposition probable de Richelieu.
s C'étaient les dernières troupes françaises restées en Hollande après la désastreuse campagne de Flandre en 1635. Elles étaient placées sous les ordres du maréchal de Brésé. Dès le commencement de décembre 1635, celuici se plaignait du manque d'argent dans lequel en le laissait, et Louis XIII ordonnait au surintendant de subvenir aux besoins de ce corps d'armée. (V. ci-dessus, une lettre du 3 décembre.) Cependant, à la fin de janvier, le maréchal de Brézé se plaignait encore, et nous ne le trouvons pas encore contenté au milieu de mars. En lui répondant le 30 janvier, Richelieu l'infor» mait pourtant de l'envoi de l'argent qu'il avait réclamé. {Papiers de Richelieu^ t. V, p. 411.) Mais, nous l'avons déjà vu, l'administration était à organiser entièrement. A ce moment, rien n'était fait encore complètement et rien ne marchait.
S9i LETTBES INÉDITES
recrues lequel vous pouvée envoyier a M. de Bulion pour luy fure voir côme je preos cette afaire Et cœur.
Je auia en peine de voalre BEoité cest pourquoy jenvoye te gentillome pour men aporter des nouvelles.
Vous &urés seu par le card'* de la Valette ce que nous fîmes ier pour les cartiers.
JeuBe esté ier a Ruel sans que le duc Bernard tous aloit voir.
— Louis. — (Iftid-, fol. 175.) — (Original.)
Dg St Oeimun, u 13 lf«n 16».
Dès que je vis M'desNoyiers' et Bellesence il me souvint sur le Champ de ce que vous maviës dit il y a 3 semaines jen ay rendu grâces au Ëoo Dieu dès ce matin après la cômunion je lé feroy encore cette après dinée '.
Jatandroy M' des Noyiers pour savoir les troupes qui sont les plus prestes a marcher.
Les Suises qui sont a Bar et Toul sont prête a se débander faute de argent si il ny est pourvu promtement je crains que tous sen soit aie quand la montre arivera Je me réjouis de quoi vous vous portés bien je suis aussi en parfaite santé. — Locis.
— (Ibid., fol. )76.) — [Origitua.]
Ds st Oarmaln, es 30 Uan 1S3S.
Je VOUS envoyé la lettre pour mon frère laquelle jay escrîte de
* Sublal de* Hojan avait, dapoli la i; tlvrier, remplacé Servlsn comnia ■serétal» d'KUl de la gaarrs. Es dernisr. victims d^nne intrigns da coar. ■Taie él< nltpi* k Angsn, bbiii ponnant Sirs dli)^acli, car la Uttrs qn>- ^,. m.u.i^ ^braa du pré«idi»l d'Angr— ' —
(V. Papieri de JiicKelieu. l. V, p. K • ■ La auir dn !ï. la lisur Beliai
Il regard de l'aniien Hcrétairs d'Etal.
eimp, apporta a» roi la wn-
da la priie du a«DAral Colorado et dtfaits ds nés Iroupsa par le mar-
Is la Fore*. . (V. GaitUi dt France du N mars.) Co petit combat a*ait
DU iiau antre Baccarat al Raou-l'Etapa. D'aprtI la relatioD, évidsranwit
•ia«ért«, qu'an doaue la Gatette du ^ macs. Isa impèrïBui. oai «taiaot aa
enlrs Isa maiiu dea Prancâla quatre ceata pnaoïmier*. tjuant fc csai.ci, la Uaitttê affirme qu'ili na pacdireal dana cetM alfain qno trente ou quaraste boauiM*. Ma U Is, Oiofaelien adnnaait au mar«clia] ds la force de) MlidtalloDt pou le saocte oblsau par aon Sis et la pmdaaes avec lagnells celaici ■'«taltseodait. L« t bttU leolaneit, il «ciint daaa le mtmt bal aa mmrqnla da la Fora* ; aiaia, cette (si*, aa lettre Malt accoapante des ouaalinaua qaa devait i«pitee aa Talnqaei» Is atae natlIhoBBe, M. de M- ■bI avait apitaiM h Saiot-aentalo la Mavdh *i coahM. IV. Pnitrt *-"- kT, pf.i«SalSS»,) ^^
ma propre main vous le pouvés dire au S' de chavigny^ les
fens du duc Bernard ont passé la meuse et sont venus dans le arois ou ils ont pris plus de 300 chevaux dans les vilage et 19 des plus riches laboureurs du pais lesquels ils ont mené à Aden Chasteau puis leur ont fait paier rason côme enemis, ils sont ausi venus jusmies aux portes de Bar pour prendre des bourgois pour leur Taire le mesme traitement ceux de la ville sont sortis sur eux lesquels en ont pris quelques-uns prisonniers, si on soufre quils passent la meuse ils pilleront tout le Barrois et la Champagne jusques vers Chaalons *.
Je me porte bien grâces au bon Dieu — Louis. — (I&td., fol. 178.) -^(Original)
De S( Oermain, ce l*' ayril 1636.
L'amb*»' de Rolande mest venu voir ce matin pour me représenter la grande nesecité ou sont mes troupes qui sont par delà je luy ay promis dy faire pourvoir promtement cest pourquoy vous en parlerés a M*» de Bulion et Boutilier côme il laut*.
La recrue de Normandie part demain de mante laauelle est composée de 1290 homes fort bons si on ne pourvoit à leur subsistance en arrivant tout se débandera.
La bloguerie est toujours après moy pour son payement vous en parlerés à M. des Noyiers pour savoir ce que c'est il est
* On sait que Chavigny était le chancelier de Gaston. Cette lettre, destinée à Monsieur, avait été préparée par le cardinal et était écrite dans le seul but de lui rendre service, puisqu'il ne s'agissait que 4e reprocher au duc d'Orléans sa conduite envers un de ses officiers, qui était en même temps fort bien auprès de Richelieu, ce que Monsieur savait. C'était, on le conçoit, une raison suffisante cour que ce dernier suspectât sa fidélité ; mais le cardinal n'entendait pas laisser maltraiter ses dévoués, et il savait les défendre, comme on le voit, même contre le frère du roi. Ce dernier, du reste, était toujours prêt à trouver mauvais les actes de son frère. Dans cette lettre, dont il acceptait bien tous les termes, puisqn'il s'était donné la peine de la copier entièrement, il lui parlait assez vertement : <* J'impute votre procédé, disait^il, à de mauvais esprits dont jay chargé le sieur de Chavigny de vous parler de ma part. Telles gens sont des pestes auprès de personnes de vostre qualité, quand jen recognois auprès de moy jy remédie en les esloy^ant le plus promptement possible que je puis, c'est ainsy que vous en deves user pour vostre bien et pour mon contentement. » (V. Papiers de Richelieu, t.V, p. 437.)
* Voyez, plus loin, une lettre dtt, 22 avril.
* Le 2 décembre précédent, Richelieu écrivait déjà à Louis XIII que, selon le maréchal de Brézé, qui commandait les dernières troupes françaises restées en Hollande, ces soldats demandaient u l'aumosne et mouraient de faim. » (V. Papiers de Richelieu, t. V, p. 367.) Et cependant, le 15 avril, rien n'était fait pour ces malheureuses troupes, et le cardinal se plaignait au roi de ne pouvoir leur payer la solde qui leur était due. (Idem, t. Y, p. 441.) r j ^
â96 LETTRES INÉDITES
home qui sert bien et méritte que on preigne soin de luy*. — Louis.
Jav fait ce mémoire côme il est afin que vous le faciez voir à M. ae Bulion si vous le jugés a propos. — Louis. — (lôûf., fol. 179 et 180.) — {Original.)
De Pontoise, ce 8"* avnl 1696.
Vous saurés par ce porteur lieutenant de mon cousin le Duc de S^ Simon côme les 7 comp>*^«* de cavalerie de Holande que nous avions mandées sont repassées il lest nécessaire de leur &îre donner un peu dargent et une garnison pour les remettre nestant a présant en estât de servir la plus part de leurs chevaux estant morts ou très mal menés*. — Louis. — (I&td., fol. 181.) — (Original,)
De ChantiUy, ce 14"« Avril 1636, a 2 heure après midj.
Je trouve très bon que la ferté Senectere face le voyage Dangleterre > ainsi que M' Boutilier me la mandé je ne luy ai rien dit de ce que son père a mandé.
L'amb' Dangleterre * ma fortjpressé pour avoir réponse sur un mémoire quil a baillé a M^" de tihavigny ou pour le moins savoir en quel temps il la pourra avoir parce quil dit que M' de Chavigny luy dit en partant que son père luy baileroit réponce dans 2 jours après quil vous lauroit faite voir ce qui na esté fait qui
* y. plus haut, une lettre du 14 mars. Quelques jours après, Richelieu écrivait aux surintendants à ce sujet : « 11 y a longtemps, disait-il le 5 avril.
Sue j'ay conjuré Messieurs les surintendants de voulotr donner une aprèsisnée pour vuider toutes les prétentions de tous les étrangers qui sont particulièrement à la solde du roy ; je ne parle pas de M. le duc Bernard, ou œs messieurs ont travaillé, mais de tous les autres. » {Pt^ieri de Jiiehelieu^ t.V, p. 440.)
* Mugré cette recommandation, Louis XIII était encore obligé d'écrire le 29 juin aux surintendants, pour leur recommander ces troupes : « Les troupes qui sont revenues de holande, leur disait-il, nont encor rien receu pour leurs recrues, ce qui est du tout nesessaire, cest pourquoy vous y lerés diligemment pourvoir, w {Areh. det aff, étrang,^ France^ t. v, fol. 217.)
s « Il nartit le 17, dit la Gazette du 19 avril, vers leurs migestés Britanni-
2ues de la part du roi pour se coigouir de la naissance de la petite princesse ont la reine d'Angleterre est naguère accouchée. » Il s*agit de la princesse Elisabeth, née à la fin de 1635, fille de Charles I*" d'Angleterre, et qui moomt le 8 septembre 1650.
* D'après la Oasetie^ il était venu à Chantilly le matin du 14 avril.
est la cause que il me presse pour savoir le temps qui la poura avoir ayant aeia mandé au roy son maistre la réponce que luy avoit faite M*" ae Chavigny je luy ay répondu que je escrirois a paris afin que on vit le temps que laditte reponce seroit preste pour me la faire voir et en suite luy dire le temps quil la pourroit avoir.
Il ma parlé pour la révision d'un procès qui a esté jugé auconseil touchant le vesseau que du Cnellart a pris a la coste du Maroc.
Il ma parlé ensuite de 7 an^lois vesseaux que M. de Mantes a arestés a Marseille pour les faire relascher et afiny son audiaiice par me prier que on donast des comisaires pour diverses afaires de marcnans aont il est chargé.
Je luy ay dit sur ces 3 derniers points que je vous escrirois afin que on rendist justice a qui il apartient sur ces 3 derniers afaires.
Le Nonce ma veu* qui ma parlé de 4 lieux que lemp' avoit choisis pour foire une assemblée pour la paix savoir Spire trente ausbourg et Constance je luy ay dit que nous en avions proposé quelques autres il ma dit sur cela cestoit liège ou cologne je luy ay dit ouy ensuite de quoy il ma prié que Sa Sainteté put savoir promtement le lieu que je désirois je luy ay dit que je y penserois un peu et en'aviserois avec ceux de mon conseil puis je luy ferois savoir mon intention *.
Je vous envoyé dans ce paquet une lettre que jay reseu de mon frère iay remis le porteur a luy faire réponce dans deux jours laquelle vous me envoyerois avant ce temps la*.
* Il était venu aussi le matin de qe même jour à Chantilly.
* La France, l'Allemagne et l'Espagne feignaient à cette époque de désirer la paix, tout en armant de plus en plus et en se préparant pour la prochaine campagne. Le çai)e, de son côte, tentait par tous les moyens de faire commencer des négociations sérieuses. La guerre, dans les conditions où elle se faisait alors, était, en effet, préjudiciable au dernier point au Saint- Siège, et Urbain YIII eût préféré voir les puissances catholiques s'unir ' entre elles contre les hérétiques ou les infidèles, plutôt que de se déchirer mutuellement. Les aUiances de la France avec les protestants d'AUemagne et avec les HoUandais faisaient surtout souffrir ce pape, qui de tout temps s'était opposé à ce qu'elle suivit une politique qui lui semblait compromettre les intérêts de toute la chrétienté. Quoi qu'il en soit, Cologne fut adoptée par le pape et les Espagnols comme lieu de réunion pour y traiter de la paix. Le 23 août, la Gazette annonçait l'arrivée prochaine des plénipotentiaires dans cette ville. Vers la même époque, Richelieu rédigeait l'Instruction destinée aux représentants de la France au congrès. (V. cette Instruction, Bibliothèque Tiationale, Fonds Fontanieu, portefeuille 83, pièce 13.) Cette réunion n'eut pas lieu en 1636, et on sait que l'Europe dut attendre la paix jusqu'à la conclusion du traité de Westphafie en 1648.
* Cette réponse à Monsieur dut être envoyée le 18, en même temps que la lettre que Richelieu lui écrivit ce jour-là. M. Avenel n'a pas découvert la réponse en question, mais il est évident au'elle dut être faite, puisque le cardinal y fait allusion dans une lettre à Cnavigny, du même jour 18 avril. (V. Papiers de Richelieu, t. V. pp. 442 et 444.)
Jay pris deux loups ce matin avec grand plesir* et me portes fort Dien grâces au bon Dieu. — Louis. — (Ibid,, fol. ife.) — (Original,)
Mon cousin, M. de Coalin mayant dit quil vous aloit trouver je lajr chargé de ce mot pour vous aseurer toujours de la continuation de mon affection et de limpatiance que jay de vous voir quand mes afaires vous le pouront permettre. Je dône demain audiance a M" du clergé* jay cômanaé a M. Darcourt de partir diligemment ce quil ma promis de faire ' le Secrétaire de Parme* ma veu ce matin pour presser le secours de son maistre je luy ay dit que nous avions fait toutes les choses poslbles pour le haster, ma santé va très bien je orie le bon Dieu de tout mon cœur que la vostre soit telle que je la désire et quil vous tienne toujours en sa s*« garde. — Louis. — A Chantilly ce 19 avriH63«. — {Ibid,, fol. 183.) — (Original)