CLXXVI I
De Fontenebleau, ce 25 juin 1637.
Je tien a bon augure la prise de Chaû Gambresi jespère que
1 L'armée navale préparée, par les soins de Richelieu, sur les côtes de rOcéan, avait quitte la Kochelle le 10 juin 1636 pour se rendre dans la Méditerranée, afin d'y reprendre sur les Espagnols les lies Sainte-Marguerite. Arrivée heureusement vers la fin du même mois au lieu de sa destination, la flotte française se préparait à la lutte, lorsqu'une contestation s'éleva entre le comte aHarcourt, qui commandait la flotte, et le maréchal de Vitry, gouverneur de Provence, sur l'étendue de leurs pouvoirs. Cette contestation empêcha toute action immédiate. Les Espagnols, qui se présentèrent par
par des discussions sans importance réelle, ne plaisaient pas Aussi, le 9 décembre, répondait-ii à l'archevêque de Bordeaux, qui se plaignait d'avoir, dans la chaleur d'une discussion, reçu des coups de bâton du maréchsd de Yitry : u II faut servir le roi aux occurrences présentes, puis on verra ce qu'il faudra faire pour réparer le tort que vous avez reçu. » {Papiers de Éichelieu, t. V, p. 7U8.) On voit que l'intérêt général le préoccupait un peu plus que les mesquines querelles de tous ses subordonnés. Le 15 février, Richelieu écrit de nouveau au même archevêque; et sa pensée
{lerce encore de la même façon : u Si vous pouvés maintenant, dit-il, faire 'attaque des lies, vous ferés l'action la plus glorieuse du monde et rendrés un service si signalé à Sa Majesté qu'il sera capable de lui faire oublier tout le peusé. » {Idem, p. 1017.) Un tel langage était nécessaire, et il produisit d'heureux effets. Dès le 24 mars, la flotte française attaqua les lies. Les Espagnols abandonnèrent successivement les cinq forts de l'Ile Sainte-Marguerite. Le 20 avril, ils ne tenaient plus que dans le fort Royal, et, le 6 mai, ils promettaient de le rendre le 12 s'ils n'étaient pas secourus. C'est
Espagnols
du patron de cette Ile, l'archevêc^ue de Bordeaux y célébrait la messe. Tout était terminé de ce côté. Richelieu, qui n'oul>liait rien, songea alors à venger l'archevêque de Bordeaux. Le 27 octobre suivant, le maréchal de Vitry entrait à la Bastille, d'où il ne devait sortir qu'en janvier 1643, après la mort du cardinal.
nous aurons bonne isue de Landrechy ^ vous avez très-bien fait de mander à Â'... et St Luc de sen aler à leurs charges si ils ny vont après ce commandement il les faut mettre à la Bastille pour faire exemple. Louis. — {Ibid,, fol. 249.) — (Original.)