A LA FIN DE SA VIE
Louis XIII, qui n'avaient jamais dévié de la poursuite du but qu'ils s'étaient proposé, n'eurent à s'humilier que comme chrétiens. La beauté de leur mort est tout entière dans la tranquille sérénité du croyant sincère et dans la résignation touchante aveclaquelle il renonce à tant de grandeurs.
Ce n'est pas que les derniers mois de leur vie n'aient été troublés, pour l'un et pour l'autre, par de cuisantes inquiétudes. En Louis XIII, le fils dut souifrir cruellement des circonstances qui venaient de marquer la mort de Marie de Médicis. L'ambitieuse Italienne, qui avait cru ne pouvoir mieux s'assurer la domination qu'en élevant Richelieu, lequel n'avait pas tardé à la détromper, l'altière princesse qui avait vu volontiers dans son fils atné un roi dont la minorité devait se prolonger jusqu'à sa mort, avait poursuivi ses desseins bien au-delà du jour où il ne lui était plus permis de conserver la moindre illusion. Longtemps encore, après la journée des Dupes, elle s'était efforcée de regagner la confiance de Louis XIII et de détruire l'influence de Richelieu, et elle avait prolongé la lutte alors même que le triomphe était impossible. Puis^ réduite à renoncer à ses tentatives directes, sinon à ses espérances, exilée, presque sans ressources, elle avait erré de ville en ville, en quelque sorte à l'aventure, portant partout avec elle l'amertume de ses regrets et l'accablement de son désespoir. Chassée d'Angleterre comme catholique, puis des Pays-Bas comme Française, vivant au jour le jour, ne pouvant même pas