‹ Louis XIIIChapitre 101 sur 166 · MADAME DE ROHAN · texte numérisé non relu

MADAME DE ROHAN

MAROrKRITF, DE BÉTHL'XE, DUCHESSI-: D H ROHAX MORTK A PARIS, LE 21 OCTOBRE 166..

D'après la gravure do G. Huret. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.

Je la lui ai accordée, ne sachant pas que M. de Rohan la sollicitait pour un lieutenant qui a très bien servi; c'est pourquoi vous direz à .M. de Noyers qu'il

ne l'expédie point à celui pour qui .Montausier' l'avait demandée, et qu'il l'expédie à

celui pour qui .M. de Rohan la demande : un nommé Clavaut. Je finirai celle-ci

en vous assurant toujours de mon affection.

Louis.

Chantilly, ce 28 avril 1636.

Je trouve très bon que M. de Souvré' ne fasse pas ce voyage ; je crois qu'avant des lettres d'Etat, il a tout ce qui lui faisait désirer cette commission.

Le marquis de Villero}-- servira très bien dans l'armée de AL le Prince, et je le trouve fort à propos.

Je me réjouis de la venue de AL de Chavigny pour apprendre par lui en quelle disposition est mon frère.

J'irai vous voir demain sur les deux heures après midi.

Je me porte bien, grâce au bon Dieu.

Louis.

Versailles, le ag avril 1 636.

Je ne manquerai pas de me rendre h Rueil samedi, à 2 heures après midi, pour vous voir.

Je parlerai à M. de la Force.

Je dirai à la Reine qu'elle donne le tabouret' h la fille de M'"" de La Trémoille.

Je ne parlerai à personne de l'affaire du cardinal de la \"alette, ce pour les raisons que vous me mandez.

Si vous n'étiez proche de Messieurs des finances, tout demeurerait en arrière.

Le Père Alonod - me doit venir dire adieu demain, à 10 heures du matin. Si

vous savez qu'il veuille me parler de quelque affaire, je vous prie de m'écrire ce

que j'ai à lui répondre.

Louis.

2. Charles de Sainte-Maure de Ivlontausier, marié, en 1645, à M"^' de Raml)ouillet, ncmirac duc et pair en i664 .

Lettre 274. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXLIII.)

I. M. de Souvré, marquis de Courtenvau, qui avait demandé à aller en Provence en mission près de la flotte de la Méditerranée. — 2. Nicolas de Neuville, marquis de Villerny. II avait été gouverneur de Pignerol. en Piémont, de 1631 à 1635. Nommé maréchal en 1646, il fut gouverneur de Louis XIV ; nommé duc et pair en 1663, il mourut en 1685.

Lettre 275. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — T(ipin.-(CXLIV.)

I. Le tabouret à la cour, réservé aux duchesses. — 2. Pierre Monod, jésuite, était confesseur de

la duchesse Christine de Savoie, sœur de Louis XIII. Il était venu, paraît-il, en France avec la

mission de faire reconnaître :'i la maison de Savoie les honneurs rovaux.

Chantilly, ce 3 mai 1636.

Mon cousin, le frère du gouverneur de Guise' vient d'arriver, lequel m'apporte un oiseau pour héron, du Cardinal Infant", et qui a été pris près de Guise.

Il m'a dit que toutes les troupes, tant cavalerie qu'infanterie, qui étaient sur cette frontière, tirent vers le Luxembourg, et qu'il ne reste dans les places que les garnisons ordinaires. Le gouverneur de Bohain' allant à la guerre avec 80 chevaux et 160 hommes de pied, ils ont été chargés par 300 chevaux des ennemis, lesquels ont tué toute l'infanterie, pris le gouverneur de Bohain. La cavalerie s'est sauvée en toute vitesse. Je prie Dieu que ce soit là une partie de ce qui doit arrivera nos troupes. M. de Noyers vous parlera de quelque chose, que demande ledit frère du gouverneur de Guise pour la subsistance de la cavalerie, qui est là en garnison, sur quoi vous ordonnerez ce que vous jugerez à propos. —J'ai écrit, dès le jour de l'Ascension, h M. le Chancelier, la lettre que vous savez. Tous les vieux régiments ont tous qui 300. qui 400 hommes de plus qu'il ne leur faut; c'est grand dommage de laisser perdre tout cela. Si on ne veut leur laisser, il les faudrait faire donner aux autres régiments qui ne sont pas complets. Assurez-vous toujours de mon affection, qui

durera éternellement.

Louis.

Chantilly, ce 1'-' mai 1636.

J'ai remis rattouchemcnt des malades à la mi-août, sous prétexte de la peste, qui est à Paris et dans plusieurs villages. J'ai donné ordre pour l'aumône extraordinaire, laquelle j'avance sur mes menus plaisirs; mais il faudra que M. de BuUion me rembourse.

Je trouve très bon la proposition pour M. de Bouillon', tant pour la lieutenance générale sous M. le Comte-, que pour l'ordre du Saint-Esprit, pourvu que je puisse faire le dernier sans contrevenir à mes vœux, et le tout à condition qu'il se

Lettre 276. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-;CXLV.) I. Guise en Thiérache, département de l'Aisne. — 2. Le cardinal Infant, gouverneur des Pays- Bas espagnols.

3. Bohain, place forte au xvii» siècle, chef-lieu de canton du département de 1 Aisne.

Lettre 277. —Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-,CXLVL)

I. Le duc de Bouillon avait promis de redevenir catholique, comme l'exigeaient du reste les statuts de l'ordre du Saint-Esprit. — 2. M. le comte de Soissons.

déclarera catholique auparavant. J'approuve aussi qu'on fasse revenir Le Hallier^; pour ^'aubecourt, il est bon de le laisser à Châlons. y pouvant servir utilement.

Le bruit court ici que 800 Croates se sont venus rendre, et qu'ils sont près de Troyes; plusieurs m'en ont parlé. Je n'ai pas fait semblant de savoir qu'il y eut nul traité avec eux. Je vous prie de me mander si cette nouvelle est vraie, ce que j'ai peine à croire, à cause de ce que Mayolas* a mandé.

J'ai l'intention de partir d'ici lundi, pour aller à A'ersailles, où je resterai 5 ou 6 jours; et après irai a Fontainebleau, si vous jugez que mes aftaires me le puissent permettre. Ma santé va fort bien, grâce au bon Dieu.

J'accorde à Espenan la charge qu'il me demande.

Louis.

Chantilly, ce 10 mai 1636.

Mon cousin, je vous envoie le vieux Bellevue, que j'avais dirigé vers la frontière de Picardie pour traiter avec le gouverneur d'une place, dont il vous dira le nom. Je vois l'affaire en assez bon état. Quand vous l'aurez entendu, vous lui direz ce qu'il aura à faire h ce su)et. Celle-ci n'étant à autre fin, je prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne toujours en sa sainte garde.

Je vous envoie dans ce paquet la réponse que M. de BuUion m'a faite.

Fontainebleau, le 21 mai 1636.

Je suis bien fâché de la mauvaise humeur du duc Bernard' ; j'ai peur que ce soient des gens mal intentionnés qui l'y mettent; c'est pourquoi le plus tôt qu'on pourra le faire partir sera le mieux.

Pour l'affaire de Haguenau-, il ne peut se faire autre chose que d'y envoyer le cardinal de la^'alette. — Je crois que la cavalerie, qui est passée au Comté, est pour empêcher les courses que les Suédois y ont déjà faites (comme m'a dit le marquis

3. François de l'Hôpital, seigneur du Rallier. — 4. Mayolas, lieutenant des gardes de Richelieu.

Lettre 278. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXLVIL)

Lettre 279. — Archives des aftaires étrangères, à Paris. — Topin.-{CXLVIII.) I. Le duc Bernard de Saxe-Weiraar. — 2. Haguenau sur la Moder, en Alsace, ancien chef-lieu de canton du département du Bas-Rhin. Cette ville était menacée par les Impériaux. Pour l'empêcher d'être prise, Louis XIII indiquait d'envover à son secours le cardinal de la Valette, commandant l'armée française en Alsace.

de la Force\ et non pour faire grande opposition à notre armée, le nombre de 1200 chevaux n'étant pas assez important à cette fin ; cela fait voir qu'ils n'ont pas grandes troupes vers Brisach ', puisqu'ils se servent de celles de Luxembourg pour secourir le Comté.

Je suis en peine de l'atlaire de Ct)blentz', et n'y vois guère de moyen d'y remédier. Il faut savoir vraiment si le duc Charles est à Saint-Avold ". Je suis bien marri que l'afl'aire de Hréhart n'ait réussi.

Je trouve très bon de faire le v(cu° de la manière que vous me le mandez dans votre mémoire du 19 mai 1636.

Je ne m'engagerai pas pour l'évèché de Grasse', que je n'aie votre avis.

Je me porte très bien grâce au bon Dieu auquel il faut bien recommander toutes nos alVaires ; puis il en disposera selon sa sainte volonté.

Je vous prie de me mander quelles nouvelles il y a du côté de Rocroi.

Loui.s.

Fontainebleau. 25 mai 1636.

Je trouve bon, comme nous avons déjà résolu, que en cas que les ennemis veuillent entrer en France, M. de Chauines se joigne à .M. le Comte avec les troupes qu'il aura assemblées. Il ne serait point mal à propos de faire tenir prêts les arrières bans de Normandie, Ile de France et Beauce, pour en cas qu'on en eut besoin, et ainsi que cela facilitera les levées des compagnies de gendarmes. Je vous avoue que ce vceu m'avait bien déjà donné du scrupule. Il ne se peut rien ajouter à l'ordre et à l'argent que vous donnez pour l'armée nouvelle. A'ous me feriez bien plaisir de m'envoyer M. de Chavigny pour vingt-quatre heures seulement.

Je prie le bon Dieu que le bruit de Coblcntz soit faux '.

Louis.

Fontainebleau, le 30 mai 1636.

Je vous envoie dans ce paquet une lettre de Bellevue, ainsi qu'un petit billet

3. Brisach sur le Rhin. — 4. Coblentz, ville forte sur le Rhin, au connuont de la Moselle. La ville était assiégée parles Impériaux; non secourue, elle fut obligée de se rendre.

5. Saint-.\vold, en Lorraine, ancien chef-lieu de canton du département de la Moselle. — 6. Vœu pour obtenir de la Vierge sa protection contre les Espagnols.

7. Grasse, en Provence, chef-lieu d'arrondissement du département des Alpes-Maritimes.

Lettre 280. — Archives de Chantilly.

I. Le bruit de la prise de Coblentz était malheureusement fondé.

que j'ai reçu par son fils, qui vous rendra ce paquet, ^'ous verrez l'état où est l'affaire ; c'est pourquoi je ne vous en parle pas davantage.

J'ai commencé la Notre Dame', que M. de Chavigny m'a demandée de votre part; elle sera terminée demain, s'il plait à Dieu.

Mon frère sera mercredi ici.

Louis.

Fontainebleau juin 1636.

J'ai VU toutes les lettres que vous m'avez envoyées, par lesquelles il me semble connaître que l'intention de M. de Savoie' est d'allonger les affaires; pour moi, je crois que il ne veut faire rien qui le puisse mettre hors d'état de s'accommoder avec l'Espagne, quand bon lui semblera, et le tout par le conseil de Toiras% duquel il se fie entièrement ; d'un mauvais payeur, il en faut tirer ce que l'on peut. Je trouve l'avis de M. d'Eméry bon sur le secours de Parme ^ par le Génois ; mais, en leur en écrivant nos sentiments, je voudrais m'en remettre à eux, qui sont sur les lieux, et qui voient mieux les choses faisables que nous, qui en sommes éloignés.

M. d'Emery doute que ce soit ma sœur' qui empêche tous ces desseins, de peur que son mari n'y courre fortune ; cela pourrait bien être, mais je ne sais que juger là-dessus. Il est bon de parler un peu fermement de toutes ces affaires ici à l'ambassadeur de Savoie, toutefois sans faire connaître que on ait nul soupçon de son maître. Je vous renvoie dans ce paquet tous les papiers que vous m'avez envoyés. Pour changer de discours, je vous dirai que j'ai encore eu nouvelles de Dôle% où on mande que M. de la Meilleraye a fait à cette occasion dernière tout ce que un homme de cœur pouvait faire; il a de Picardie" deux capitaines morts, cinq blessés, et douze autres lieutenants et enseignes fort blessés, trente soldats morts et quatre-vingts blessés; ceux "de dedans ont fait une chose de quoi je n'avais point ouï parler encore, qui est que tous leurs mousquetaires, qui soutenaient

Lettre 281. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.(-CXLLX.) I. Une retraite pieuse que faisait Louis XIII à l'occasion de son vœu.

Lettre 282. — Archives de Chantill}-.

I. Le duc de Savoie, pris entre la France et l'Espagne, offrait alternativement ses services aux deux puissances, et cherchait à se les faire payer le plus possible. Louis XIII savait par trop de preuves qu'il ne méritait aucune confiance. — 2. Le maréchal de Toiras du service du roi était passé au service du duc de Savoie. Il fut tué le 14 juin, dans le Milanais.

3. Faire secourir par les Génois le duc de Parme, dont nous avons vu les Etats envahis par les Espagnols. — 4. Christine, sœur de Louis XIII, femme du duc de Savoie.

5. La ville forte de Dole, en Franche-Comté, était assiégée par l'armée française commandée par le prince de Condé. La Meilleraye commandait l'artillerie. — 6. Le régiment de Picardie.

LEON BOUTHILLIER, dit LE JEUNE

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