COMTE DE CHAVIGNV. ETC.. SECRÉT.AIRE D'ÉTAT. MORT EX
D'après le tableau de Ph. de Champaigne, gravé par Xanteuil Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
cette attaque, étaient tous armés de cuirasses, facettes et bourguignotes, de façon que, après s'être servi de leurs mousquets en trois décharges, ils les jetèrent, mirent l'espée à la main et vinrent à nos gens, qui n'étaient point armés, à coups d'épée, lesquels ils chassèrent de la demi-lune de laquelle ils étaient maîtres, et furent contraints de faire leur logement sur la pointe de la dite demi-lune.
Louis.
Fontainebleau, i'"' juin 1636.
Je vous envoie dans ce paquet un mémoire que le Père Gourdon ' adresse de la façon que je dois faire le vœu, pour m'ôter tout scrupule à l'avenir. A cette heure que les ennemis sont dans Coblentz. il me semble que le dessein, pour lequel M. de Bouillon était allé, est inutile, si ce n'est pour jeter des vivres dans Hermerstein'.
On a pris ici un italien qui est fou, qui dit être celui de qui M. de Mantoue avait envoyé le portrait pour le faire arrêter; il ne me souvient plus de cela ; toutefois, j'ai jugé à propos de l'envoyer par un exempt du grand prévôt à M. le chancelier pour le faire interroger; le porteur de cette lettre est l'exempt de mes gardes qui Ta arrêté. Je me porte très bien, grâce au bon Dieu, lequel je prie vous vouloir donner longue vie et parfaite santé.
Louis.
J'oubliais à vous dire que j'ai vu les revues de l'armée de AL le Comte', qui se monte à plus de 3 400 chevaux et 10 000 hommes de pied.
Fontainebleau, ce 4 juin 1636.
J'ai vu le mémoire qui vient de la Comté' ; il me prouve que tout commence bien. J'espère que le bon Dieu nous en donnera bonne issue, comme aussi en toutes nos autres armées.
Je suis très aise que notre armée de Hollande repasse-. Il me semble qu'il est
Lettre 283. — Archives de Chantilly.
I. Le Père Gourdon, confesseur du Roi, était âgé de 83 ans; il fut remplacé, en 1637, par le P. Caussin. — 2. Hermerstein, place forte en face Coblentz, dans le Palatinat. 3. M. le comte de Soissons.
T,ettre 284. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CL.)
I. La Franche-Comté, où M. le Prince de Condé commandait l'armée française, — 2, L'armée française de Hollande revenait successivement en France.
à propos de commander aux capitaines de cavalerie, qui en sont, d'aller présentement tenir leurs recrues prêtes, pour renforcer leurs compagnies quand elles arriveront, afin qu'elles soient bientôt en état de servir; autrement elles seront deux mois dans les garnisons à manger le peuple sans rien faire.
Pour le Père Rigaut% je trouve bon cette proposition; mais je n'entendrai point de sermon qu'à la mi-aoùt, et à la Toussaint, et en Avent ; c'est pourquoi, s'il fallait que j'entendisse le sermon tous les dimanches et fêtes entre l'un et l'autre, cela m'embarrasserait fort. Je me porte bien, grâce au bon Dieu.
J'attends mon frère ce soir.
Louis.
Saint-Germain, ce 8 juin 1636.
J'ai vu la lettre, que vous écrivez, à M. de Brézé, laquelle est très bien.
Je parlerai comme il faut à Bellefonds. Je vis hier d'Erlach ' à qui je fis très bonne chère, et lui témoignai grande satisfaction du duc de Weimar.
Je parlerai à l'envoyé de Hesse - comme vous me le mandez.
Je ne partirai que lundi pour Fontainebleau, et j'avais chargé dès ce matin M. de Noyers de vous le dire.
Louis.
Fontainebleau, 13 juin 1636.
Les nouvelles, que vous m'envoyâtes l'autre jour du cardinal de la ^'alette, sont très. bonnes; j'espère que son voyage sera heureux; j'ai bonne espérance de nos affaires d'Italie. Je ne vois pas qu'il se prépare un secours assez prompt, ni assez fort poui; secourir Dôle ' : par conséquent, je crois que M. le Prince la prendra dans le temps qu'il mande ou peu après. Je n'ai parlé de cette affaire à personne, ni de celle que Dunkerque a reçue de Constantinople. Je ne manquerai de faire bonne
3. Le Père Rigaut. supérieur des Carmes de Paris, que Richelieu avait fait nommer prédicateur du roi.
Lettre 285. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLL)
I. Jean d'Erlach, lieutenant du duc Bernard de Saxe-Weiraar. — 2. La Hesse était alliée de la France.
Lettre 286. .\rchives de Chantilly.
I. Nous avons déjà vu que M. le prince assiégeait Dôle en Franche-Comté. La prise de la ville eût été d'importance à cause de sa situation, et des personnages qui s'y étaient réfugiés; mais, Condé fut obligé de lever le siège le 18 août.
chère à M™' de Rohan'-. J'enverrai Forest à M. de Bullion. Je me porte très bien,
grâce au bon Dieu.
Louis.
J'oubliais à vous dire que j'ai montré à mon frère, en secret, les nouvelles du cardinal de la ^'alette, pour lui montrer confiance, n'y ayant rien que tout le monde ne peut savoir.
Tigery', ce lôjuin 1636.
Mon cousin, je vous envoie dans ce paquet un mémoire de quelques pensées, que j'ai eues depuis les bonnes nouvelles -. que vous m'avez envoyées. Vous en prendrez ce qu'il y aura de bon, et rejetterez ce que vous ne trouverez pas à propos. Celle-ci n'étant à autre fin, je prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous conserve et garde aussi longtemps que je le désire.
Louis.
Tigery, ce 17 juin à 2 heures après-midi 1636.
Mon cousin, je vous envoie un lieutenant de Navailles' lequel est très bien instruit de tout ce qui se passe à Dole. Bréauté' n'est point blessé; mais il y a force autres capitaines de Picardie et des meilleurs.
Celle-ci n'étant à autre fin, je prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.
Louis.
2. M""^ de Rohan, femme du duc de Rohan, qui commandait les troupes françaises en Valtehne.
Lettre 287. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLIL)
I. Tigery, commune et château de Seine-et-Oise, aux environs de Corbeil. C'était une des étapes
de Louis XÎII, sur la route de Fontainebleau à Paris. — 2. Les bonnes nouvelles de la campagne de
Franche-Comté.
Lettre 288. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLIII.)
I. Le régiment de Navailles. — 2. Le marquis de Bréauté, mestre de camp au régiment de Picardie, fut tué an siège d".\rras.
2 Si)