LOUIS DE 130L-RB0X. COMTE DE SOISSONS, TUÉ A LA MARFÉE
LE t) JUILLET 1641
D'après le portrait de Ferdinand, gravé par David.
Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
voulant rien faire sur toutes clioses sans bons avis, m'en étant trop bien trouvé jusque à cette heure. Je ne vous ferai cette lettre plus longue, M. de Chavigny étant pleinement instruit de tout ce qui s'est passé depuis mon parlement de l'armée: seulement je vous assurerai de l'extrême affection que j'ai pour vous, et que je prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous donne longue vie, et vous tienne toujours en sa sainte garde.
Louis.
Depuis la prise de Corbie, je me suis mis dans la dévotion beaucoup plus que devant, pour remercier Dieu des grâces que j'en reçus en cette occasion.
Décembre 1636.
Mon cousin, les longueurs du sieur Dubois' n'ont point de rapport à ses promesses; mais ce n'est pas ce qui me fâche; le péril où il se met tous les jours me déplaît, et vous savez le bruit que fait son travail, et l'envie que beaucoup de gens ont de se saisir de sa personne; nous avons été trompés à ne juger pas mal de beaucoup d'esprit comme vous savez; il est à craindre que nous le soyons encore, et ce me serait un déplaisir irréparable qu'on fit mal à cet homme, et que mes ennemis s'en puissent prévaloir; je vous prie d'y bien penser et ne vous reposez pas sur la bonté et la facile créance du bon père Joseph', et sur celle que vous même avez quelquefois, car il en pouiTait arriver inconvénient. Ma pensée est que vous fassiez conduire cet homme au bois de Vincennes,pour y être jusqu'à ce que nous soyons assurés qu'on ne puisse lui faire du mal; si vous êtes du même avis, je vous envoie Després pour cet effet; sinon je vous charge de l'événement, c'est-à-dire que s'il lui arrive mal, vous vous souviendrez que ma pensée n'était pas qu'on laissât les choses en l'état où elles sont.
Assurez-vous de mon affection qui' ne vous manquera jamais.
Louis.
Lettre 336. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLXVIII.) I. Le sieur Dubois est cet ancien capucin, dont il a déjà été parlé. Il prétendait connaître le secret de la pierre philosophale, c'est-à-dire le moyen de fabriquer de l"or dont Louis XIII et Richelieu avaient si grand besoin. C'est le Père Joseph, n l'éminence grise », qui l'avait introduit près du cardinal. En réalité, c'était un aventurier de dernier ordre qui se nommait Pingard et abusait de la crédulité de tous. Enfermé à Vincennes, il fut condamné à mort en 1637 « pour fausse monnaie et autres crimes ».
Noisy ', 3 décembre 1636.
Je trouve très à propos que vous alliez à Paris, où vous en ferez plus en un jour de votre présence, qu'on en ferait en dix, vous n'v étant pas.
M. de Chavigny vous est allé trouver dès ce matin. Je parlerai de l'aflaire de M. Dubois comme vous me le mandez: il lui faut faire voir ces deu.x religieu.x, à qui il a confiance, pour le rassurer un peu et remettre son esprit. Je vous envoie dans ce paquet la lettre pour M. le Comte, à laquelle il ne se peut rien ajouter.
Je suis extrêmement aise de savoir que vous vous portez bien.
Louis.
s. 1. 3 décembre 1636 '.
Prugne, qui est h M. le Comte, m'est venu demander réponse; je lui ai dit que j'envoyais vers son maitrc, et que celui qui y allait portait la réponse de sa lettre; je ne lui ai point dit que ce lut Liancourt.
Louis.
Si on a aiïaire de maréchaux de camp en Guyenne, le marquis de Fimarcon, qui est Tilladet, que vous avez vu autrefois dans les gardes, s'y offre, et aussi de faire un régiment de 12 compagnies.
Noisy, 8 décembre 1636.
Je vous prie de ne vous mettre point en peine de moi. Je me garderai bien, s'il
plaît au bon Dieu. Je vous recommande de prendre garde à vous plus que jamais.
Ceux d'Epernay n'ont voulu laisser entrer le régiment de Picardie dans leur
Lettre 337. — Archives de Chantilly.