Probablement de Xoisv
ville. Ceux de Reims en ont fait autant au régiment de Champagne'; il est besoin d'y pourvoir et ne pas souffrir tels refus, autrement cela arrivera tous les jours.
Je vous prie que je sache demain ce qui sera arrivé de Fessai de la poudre' que vous faites ce soir. J'ai prié le bon Dieu pour vous aujourd'hui.
Louis.
Noisy, 12 décembre 1636.
Les ambassadeurs d'Angleterre m'ont demandé audience pour demain matin'; je vous prie me faire savoir de quoi vous pensez qu'ils me veulent parler, afin que je ne sois pas surpris.
Je suis en impatience de savoir comme mon frère aura reçu M. de Chavigny.
J'ai parlé aux capitaines du régiment des gardes sur la faiblesse de leurs compagnies, sans leur faire rien connaître ; ils m'ont promis que le 25 de ce mois qu'ils seront tous remplis, et disent qu'ils ne leur manquent pas quantité de soldats, mais que ils en ont grand nombre de malades.
Je me rendrai après-midi à Rueil, pour savoir ce que rapportera M. de Chavigny', en étant en peine. Il faut faire ou manquer promptement cette affaire, pour ne leur donner loisir d'ajuster leurs plans, et gagner quelque gouverneur.
On m'a assuré que les receveurs de l'argent, que ceux de Paris ont donné, en ont encore entre leurs mains. Il serait bon de les faire compter.
J'approuve fort que Lambert aille à Charleville. Je vous rendrai demain réponse sur le major de Nanc\'.
Louis.
Lettre 339. — Archives de Chantilly
I. C'étaient les résultats des tentatives de ré solte du comte de Soissons en Champagne. — 2. Il s'agit simplement d'un remède que devait prendre le cardinal.
Lettre 340. — Archives de Chantilly.
I . On a vu à deux reprises que le roi abandonnait complètement à Richelieu les relations avec les ambassadeurs étrangers.
Lettre 341. — Archives des afïaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLXlX.)
i.M. de Chavigny devait rapporter la nouvelle de la soumission que faisait une fois de plus Gaston d'Orléans.
)Sê^^^
LE CHATEAU DE RUEIL, près Paris
AL' CARDINAL DLC DK KKHKLIEL D'après la gravure éditée par X.-D. Poilly. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.
Ni«isy, 15 décembre 1636.
J'ai entretenu Lendresse, que (iramont a envoyé. Je vois qu'il est du tout nécessaire à se hâter de prendre le passage d'Ascain', lequel se peut prendre à cette heure facilement : et si on leur donne loisir de s'y fortifier, le poste étant très avantageux pour eux. on ne les en pourra déloger. Il m'a dit vous avoir montré la carte du pays, laquelle il m'a baillée, par laquelle je juge ce que dessus.
Les 4 régiments que nous envoyons de delà sont fort mal armés; ils m'ont assuré que pour des hommes ils n'en manqueront point, mais qu'ils ont grand peur de ne pas trouver d'armes à acheter à Bordeaux : c'est pourquoi, si il n'y en a point, il serait nécessaire d'y en faire porter par des marchands.
Il faudrait parler à M. de Nouveau' pour les postes de ce chemin là, pour les
Lettre 342. — Archives de Chantilly.
I. Les Espagnols menaçaient actuelleniint la France d'une attaque sur la frontière des Pyrénées dans le pays basque. C'est de ce coté que Louis .Xlll portait son attention. — 2. M. de Nouveau était directeur des Postes.
faire mieux fournir qu'elles ne sont. J'oubliais à vous dire que Gramont demande, si MM. de La Valette ou d'Epernon viennent h Bayonne, s'il les laissera entrer les plus forts dans la ville. Je vous envoie la lettre qu'il m'écrit, laquelle m'a été expliquée aussi par Landresse.
Louis.
Noisy, i8 décembre 1636.
J'ai entendu Liancourt, lequel m'a dit vous avoir dit les mêmes choses qu'à moi. Je crois qu'il serait à propos de faire savoir à M. de Chavigny que M. le Comte dit que c'est mon frère' qui lui a donné les principaux avis que on le voulait arrêter, et que c'est lui qui l'a fait résoudre à s'en aller de la façon qu'il a fait, afin qu'il fasse voir à mon frère que >L le Comte se décharge sur lui de tout.
Il a dit aussi à Liancourt toutes les choses que j'avais dit à mon frère qu'il ne devait pas souffrir, quand il serait dans l'armée. Sardin}' a dit à Liancourt que mon frère aimait extrêmement sa femme; ce qui me fait juger qu'ils ont conseillé mon frère de faire la demande qu'il a faite sur son mariage, croyant que je ne lui accorderais jamais, et que, par ce moyen, ils tiendraient mon frère irréconciliable avec moi. J'ai eu cette pensée sur ce que m'a dit Liancourt, laquelle j'ai cru vous devoir faire savoir.
L'ambassadeur de Savoie me parla avant-hier de l'alTaire de Pignerol, et me dit qu'il vous en parlerait; c'est pourquoi je ne vous en dirai rien; il est besoin d'y penser avant l'assemblée de Cologne. Plessis-Praslin demande son congé, ayant des affaires très pressantes ici. ^'ous ferez faire les réponses au comte de Passeran, qui est venu me complimenter de la part de AL.de Savoie sur la prise de Corbie. J'en envoie les lettres à M. Bouthillier.
Louis.
Noisy, 19 décembre 1636.
Je pensais aller à Rueil vous voir; mais voyant le temps si mauvais et si rude, j'ai cru que vous ne seriez point fâché que je n'y allasse point aujourd'hui; je vous
Lettre 343. — Archives de Chantilly.
I. Gaston d"Orléans, en faisant sa soumission, avait demandé la grâce du comte de Soissons. Celui-ci prétendait qu"il n'avait fait que céder aux sollicitations de Gaston, ce qui était inexact.
envoie Lucas qui vous parlera de plusieurs petites affaires de ma part; si vous jugez à propos qu'il parle à M. de Chàtillon de ma part il le fera.
Louis.
Je vous prie me mander comment va l'alVairc de Dubois'.
Noisy, ce iq décembre 1636.
Puisque Liancourt a vu .M. de Chavigny il n'est pas besoin de lui rien mander. J'ai écrit à .M. de Chàtillon de se rendre demain à Rueil, où je serais à i heure après midi.
Louis.
Xoisy, le 2^ décembre 1636.
Je vous envoie deux billets que j'ai reçus de Rambures. Je crois qu'il est bon de lui faire savoir ce qu'il doit répondre au gouverneur d'Arras. Je trouve bien étrange que nous n'ayons pas de nouvelles de M. de Chavignv'.
Louis.
Lettre 344. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CLXX.) I. L'aventurier enfermé à Vincennes.
Lettre 345. — .Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CL.\.XL)
Lettre 346. — .\rchives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-;c"L.'^.\'IL)
I. M. de Chavigny était chargé de traiter tout ce qui concernait Gaston d'Orléans.
Précautions contre le comte de Soissons. — Résistance des parlements. — Troubles dans les provinces. — Divers succès aux frontières. — Reprise des Iles de Lérins. — Disgrâce du maréchal de Vitry. — M"<' de la Fayette entre en religion.
Après « l'année de Corbie» il fallait payer les frais de la victoire. 11 était nécessaire d'entretenir sur toutes les frontières de la France des armées de plus en plus nombreuses, et de les faire vivre aux frais de l'État et non aux dépens des populations.
Pour subvenir à tous ces besoins, le roi soumet de nouveaux impôts à l'enregistrement des parlements. Ceux-ci faisaient beaucoup de résistance, sentant le peuple avec eux. 11 y eut des soulèvements en Périgord et en Limousin.
Le comte de Soissons et d'autres grands seigneurs cherchaient à agiter le pays. En face de difficultés de toutes sortes, Louis XIII combattait à l'extérieur, et négociait à l'intérieur.
Il put reprendre les iles de Lérins sur les Espagnols, et mettre la Provence à l'abri. Il prépara l'offensive en Roussillon et surtout en Picardie, et il projeta la conquête de l'Artois.
II faut signaler la disgrâce du maréchal de Vitry et l'entrée au couvent de M"'' de la Fayette. Louis XIII est profondément affecté de cette vocation de son amie. 11 ne s'y oppose point, mais sent d'autant plus le vide de cette séparation que dans sa famille il ne trouvait ni appui ni affection.
Langennerie ', 4 janvier 1637.
Arrivant en ce lieu, j'ai trouvé le comte de Brion - avec une lettre de mon frère, laquelle je vous envoie par ledit Brion dans ce paquet \ il a fait ce qu'il a pu pour me faire arrêter en ce lieu, me témoignant l'appréhension que mon frère aurait de mon avance à Orléans. Je l'ai assuré qu'il ne devait non plus avoir d'appréhension de moi à Orléans que si j'étais encore à Fontainebleau, si il avait le dessein, qu'il me disait, de se remettre bien avec moi.
Lettre 347. — Archives de Chantillv.
1. Sur la grand'route de Paris à Orléans, à peu près à remplacement actuel de la gare de Chovilly. Louis XIII à la tète de quelques troupes se dirigeait sur Orléans, ce qui était le meilleur moyen de confirmer Monsieur dans ses idées de soumission. — 2. Agent du duc d'Orléans.
Il m'a dit ensuite que mon fièrc, sachant mon arrivée, pourrait bien s'éloigner de dix ou onze lieues de Blois, pour pouvoir avec plus de loisir achever son traité; ce qui me fait juger qu'il a dessein de s'en aller, joint aussi la grande appréhension qu'il a que je loge des troupes de là l'eau, ce que je ne fais pas de peur de Talarmer. Je vous prie m'envoyer la réponse que je lui dois faire.
Je monte à cheval pour m'en aller à Orléans.
Louis.
Saint-Germain-rn-I-aye. ce lo janvier 1637.
En m'enquétant combien il y avait de Joinville ' à Sedan - où )'ai trouvé n'y avoir que 26 lieues), j'ai pensé à Sainte-.Menehould ', où je crois qu'il serait à propos de mettre quelque garnison'. Je vous prie de vous informer auprès de .M. de Noyers ', si Arnould y est retourné et, en cas qu'il soit encore à Paris, le faire partir diligemment.
Je vous prie de me mander, si vous croyez que je puisse demeurer encore quelque temps dans ce lieu, auquel cas je ferai venir la reine, les soirées étant bien longues ici sans compagnie. Je vous recommande d'avoir toujours soin de vous, plus que jamais. Je me porte bien, grâce au bon Dieu.
Depuis ma lettre écrite, j'ai vu M. de Chavigny" qui n'a rien reçu et le petit Saint-Chamond, qui dit que Mathieu vous aura rendu le paquet de son père '; j'ai vu la lettre que son frère lui en écrit. Elle porte ce que je vous ai mandé dans le précédent mémoire et que, pendant ledit temps, il espère y faire entrer un autre. Rantzau*m'a promis que si Ermerstein' tient encore quinze jours après qu'il sera dans le pays, il y jettera des vivres assurément.
LoLis.
Lettre 348. — .Vrchives des affairi's étrangères, à Paris. — T<>pin.-(CI,.\XIII."
I. Joinville, en Champagne, ville forte sur la Marne, chef-lieu de canton de la Haute-Marne. — 2. Sedan, ville forte sur la Meuse, où s'était retiré le comte de Snissons, chef-lieu d'arrondissement du département des .\rdenncs.
3. Sainte-Menehould, ville forte sur r.Xisne. commandant un défilé de r.A.rgonne, chef-lieu d'arrondissement du département de la Marne. — 4. Louis XIII réunissait des troupes pour empêcher le comte de Soissons de continuer ses tentatives de révolte.
5. M. de Noyers, secrétaire d'i-ltat de la guerre. — 6. M. di' l'havigny n'avait pas de réponse du duc d'Orléans.
7. Le marquis di- Saint-Chani'ind, envové du roi près l'armée suédoise. — 8. Josias, comte de Rantzau, né en 1619, en Holstein, servit Gustave-. Vdulphe, puis l'Empereur et encore les Suédois; il entra au service de France en 1635, secourut Saint-Jean-de-Losne contre les Impériaux en 1636; perdit un œil au siège de Dole, une main et une jambe devant .\rras en 1640, reput, en 1641, trois blessures au siège d'.\ire, quatre en 1642 à la bataille d'Honnècourt ; maréchal de France en 1645. il mourut en 1650. ^ Mars no lui laissa rien d'entier que le cœur -.
9. Ehrenbreitstein, forteresse sur le Rhin en face de Coblentz.
iq
Saint-Germain, ii janvier 1637.
Je vois bien que M. de Chavigny ', qui est fâché contre moi, vous a rapporté les choses plus chaudement que je ne les lui ai dites. J'ai pensé depuis hier à cette affaire.
Je trouve très bon. et en suis d'avis suivant le vôtre, que M. de Longueville^ aille à Sedan pour faire à M. le Comte les propositions portées dans votre mémoire, pourvu que cette négociation ne dure que jusqu'au 15 février. Il faut hâter M. de Châtillon d'aller en Champagne. Pour la dépèche de Chaudebonne, si vous le jugez à propos ou non de lui bailler sa dépêche, vous le ferez.
J'accorde les deux abbayes à Flamareins , évèque de Saint-Malo . Pour l'affaire de La Rivière, je crois qu'on lui peut donner la liberté, ne pouvant faire plus mal que ceux qui sont à présent en crédit avec mon frère, et pouvant faire bien. Je penserai à des gens pour envoyer dans les places.
Je vous prie que quand vous voudrez envoyer quelqu'un en créance, que ce soit un autre que M. de Chavigny.
Louis.
Fontainebleau', 25 janvier 1637.
Je ne vois pas qu'on puisse prendre sûreté en la parole de mon frère. Il n'y a que quatre moyens pour se pouvoir assurer du dedans du royaume : le premier, le gerloter en menin garlone fini a val velio; le deuxième, le charder mugir en manlans tarière maroc sourdre regerloté inton mac-^ le troisième, lequel je trouve le pire, vol castonner rip j'anoce, parce que, cependant qu'il nous promènera, en le suivant pol marpo armera brancher har de colier assisté des troupes d'Espagne en Champagne ; le quatrième, si il se raccommodait avec nous par contrainte, étant
Lettre 34g. — .archives de Chantilly.
I. Evidemment Louis XIII n'était pas satisfait de la façon dont M. de Chavigny conduisait les négociations avec le duc d'Orléans. — 2. Richelieu avait proposé d'envoyer le duc de Longueville négocier avec le comte de Soissons, àSedan. Malgré toutes ces tentatives de conciliation, Louis XIII voulut qu'on réunit des troupes, c'est pour cela qu'il pressait l'arrivée de M. de Châtillon en Champagne.
Lettre 350. — Archives de Chantilly.
I. Cette lettre, extrêmement importante, contient beaucoup de jargon. Elle n'a pas été déchiffrée jusqu'ici dans ses détails, bien qu'on en puisse suivre le sens général.