‹ Louis XIIIChapitre 130 sur 166 · LA MLLE FORTE DE SAL\T-MALO-EX-BRETAGNE · texte numérisé non relu

LA MLLE FORTE DE SAL\T-MALO-EX-BRETAGNE

sous LOUIS XIII

U"aprcs Cl. Ciiatillox. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.

Crosne, 4 décembre 1637.

J'ai dit à Des Roches les mêmes choses que vous lui aviez dites sur le sujet de Chima\-', qui était que nous n'y eussions jamais pensé, que sur ce que ceux de l'armée nous avaient mandé que ce serait un bon quartier d'hiver pour nos étrangers ; si c'est chose qui ne se puisse, on ne peut pas forcer la nature des lieux; je crois qu'il s'en faut remettre à eu.x, qui l'ont vu à cette heure, et leur mander que. si il se peut avec sûreté de ceux qui seront dedans, que je désire qu'on y mette des étrangers : s'il ne se peut, je voudrais mettre ce lieu en tel état qu'on le peut reprendre sans gros canon- toute fois et quand on voudra.

Lettre 411. — .\rchives de Chantilly.

I. Chimay, ville des Pays-Bas espagnols, dans la province de Namur en Belgique. — 2. Il faut fortifier ce lieu de manière à résister à une petite attaque, mais pas trop, de façon que s'il était surpris par l'ennemi, on puisse le reprendre, sans avoir besoin de faire un siège régulier.

^32 I.ETTRI-S nv. LOUIS XIII A RICHRLIRU

Pour Trélon, s'en remettre à eux absolument en prenant avis de Lambert, parce que il est tout contre La Ca pelle. Il faut songer à mettre nos Allemands len cas qu'ils ne demeurent à Chima}- en des lieux où ils ne puissent faire grand mal si il se peut, c'est-à-dire en des pays déjà presque ruinés.

Je trouve bon que mon cousin le cardinal de La Valette revienne. Si on n'a plus besoin de mes compagnies, }\l. de Noyers écrira qu'on leur donne congé de se retirer chacun chez soi, afin qu'elles puissent être prêtes à marcher de bonne heure. Je m'en vas coucher à Palaiseau et demain à Versailles.

Louis.

Si vous trouvez quelque chose h redire à ce que dessus, vous le changerez; je le trouverai très bon.

Je me porte fort bien, grâce au bon Dieu ; j'ai dormi douze heures cette nuit.

Versailles, 5 décembre 1637.

Je vous avais mandé hier que je ne viendrais que aujourd'hui en ce lieu; mais étant arrivé deux heures de jour à Palaiseau ', je pris résolution de gagner ceci, ce que je fis hier sur les six heures du soir. Je m'en vas voler", n'ayant su le faire qu'une fois depuis que je suis parti, à cause du grand vent.

Je suis très aise que le duc de Weimar^ ait pris ses quartiers d'hiver dans le Comté de Bourgogne; il faut attendre des nouvelles de Feuquières pour prendre résolution sur toutes ses demandes.

Je trouve bien étrange que le roi d'Espagne '' se soit retiré à l'EscuriaP à cette heure qu'il a tant d'affaires sur les bras, tant dans son pays que dehors ; si j'en eusse fait autant l'année passée en quelqu'une de mes maisons, j'eusse mis le royaume en bel état.

Je vous renvoie dans ce paquet la lettre de Bruxelles' par laquelle je vois qu'ils ont autant besoin de la paix que nous; le bon Dieu nous la veuille donner, s'il lui plaît.

Louis.

Lettre 412. — Archives de Chantill}-.

I. Palaiseau sur l'Yvette, à 17 kilomètres au sud de Paris, chef-lieu de canton du département de Seine-et-Oise. — 2. Chasser au vol.

3. Le duc Bernard de Saxe-Weimar, allié de Louis XIII, prenait ses quartiers d'hiver dans la Franche-Comté, ce qui soulageait d'autant les provinces françaises. — 4. Philippe IV.

5. L'Escurial, couvent construit au nord de Madrid par Philippe II. — 6. Probablement une lettre interceptée d'un courrier des Pa3-s-Bas espagnols.

J'oubliais à vous dire qu'il sera bon d'entendre promptement ^•osbe^g, pour voir ce que le prince d'Orange voudra faire l'année qui vient.

Saint-Cermain. ce 27 décembre 16,57, ■' '° heures du soir.

J'ai oublié de vous dire aujourd'hui que je donnais demain audience aux ambassadeurs d'Angleterre. Je vous prie de me mander ce que j'ai à leur répondre sur les vaisseaux qui ont été arrêtés', et aussi sur le traité qu'ils font avec M. de

Bulion.

Si -M. de Chavigny- faisait son devoir, je ne vous donnerais pas cette peine. Le voyage de la Reine chez, la Tante ' a été désapprouvé de tout le monde.

Louis.

I .-ttro ^13. - Archives des affaires étrangère, à Paris. — Topin.-(CI..\XXVII.) I Des vaisseaux ançlais avaient été saisis, et naturellement les ambassadeurs d'Ançleterre réclamaient. Louis XIII accorda à l'Angleterre la libre circulation pour ses navires et a liberté du commerce - 2 On voit que le « Jeune » n'était plus en faveur comme^autrefo.s. Il faut bien reconnaître que sa situation de chancelier du duc d'Orléans rendait sa position difficile

I II sao^it de M""- de Sennecev. dame d'honneur de la reine et tante de M'"^ de La Fayette. Louis XIII Ta soupçonnait ainsi d'avoir pressé s.m amie d'entrer au couvent et la renvoya de la Cour.

Continuation des opérations militaires aux frontières. — Prise de Verceil par les Espagnols.

Naissance du Dauphin.

L'état de guerre continue sur toutes les frontières avec des alternatives de succès et de revers; maison peut constater un progrès général des armées françaises. Les Espagnols et les Impériaux faiblissent sur divers points. Louis Xlll commence à recueillir les fruits de sa politique si bien comprise et secondée par Richelieu. On commence à pouvoir espérer une paix « bonne et sérieuse >/.

L'événement capital de l'année est la naissance du Dauphin, depuis si longtemps désirée. Sa venue modifie toutes les intrigues basées au fond sur des projets de succession à la couronne de France.

Saint-Germain', le 29 janvier 1638.

Je vous envoie les deux lettres de Pujol % auxquelles il n'y a pas à répondre grand'chose. Je vous attendrai demain à l'heure que vous me mandez. La Reine ' se porte bien, grâce au bon Dieu. Je m'en vais h la chasse à 3 lieues d'ici. Je me porte bien.

Louis.

Les amis et confidents de Gaston d'Orléans l'avaient toujours poussé dans sa lutte contre Richelieu. Louis Xlll avait bien pardonné à son frère, et avait facilité sa rentrée en France en 16^4; mais il n'avait point pardonné aux conseillers de ce caractère faible et irrésolu.

Lettre 414. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-^(.'I-X.\.\\'lll.) I. Le château neuf de Saint-Germain-en Laye, entre le château vieux actuellement existant et la Seine. Il a été complètement démoli; il n'en reste que le pavillon Henri IV. En prévision de la naissance du Dauphin, Louis XIII v avait fait une installation complète, et tous les courtisans étaient venus s'y fixer. — 2. Pujol, agent français en Espagne.

3. La grossesse de la reine Anne d'Autriche avait été annoncée officiellement.

i6,i8 ^vS

Claude d'Angennes, sieur du Fargis, Henri d'F.scoubleau, marquis du Coudray-Montpensier, le sieur de Gouville et Puylaurens, chambellan de Caston, furent arrêtés le r4 février 163s, dans la cour du Louvre. Puylaurens, que Richelieu considérait comme le plus dangereux, fut mis au « bois de Vincennes », où il mourut. Les autres furent logé^ à la Bastille, et y restèrent jusqu'à la mort de Louis XIH.

Saint-Germ;iin. 30 janvier 1638.

Je suis bien aise que vous ne soyez pas venu, puisque vous vous êtes trouvé mal ; je vous prie d'avoir soin de votre santé, et surtout prévoir que votre vieux mal

ne revienne point.

Tremblay' m'a parlé des prisonniers de la Bastille; il propose de réserver le Coudray, le Fargis et Gauville ; pour le moins, il les faudrait renfermer dès que quatre heures du soir seront sonnées; vous en userez comme vous le jugerez à propos i il fait encore une autre proposition que je n'approuve pas autrement; toutefois je m'en remets à vous.

La Reine m'a prié de vouloir donner la charge de sous-gouvernante de l'enfant qui viendra à M"'' Du Tôt- : je ne lui ai voulu accorder que je ne susse votre avis auparavant: je lui ai dit que je ne me voulais point encore hâter de promettre ces charges, afin de pouvoir avoir votre sentiment là-dessus.

Louis.

M""dc(:hevreuse,comme nous l'avons vu. n'avait jamais cesséde conspirer contre le cardinal. Elle avait quitté la France à l'automne de 1637, et s'était réfugiée en Espagne, puis en Angleterre, où le roi et la reine écrivirent en sa faveur à Louis XIII, à Anne d'Autriche et à Richelieu. Celui-ci chercha à la faire revenir en France: mais la duchesse qui n'avait peutêtre pas la conscience très nette n'eut jamais confiance.

Elle se fixa aux Pays-Bas, et ne revint en France qu'après la mort de Louis XIII.

Versailles, 23 février 1638.

J'ai vu les états de l'artillerie de l'année présente, lesquels sont très bien. M. de la Meilleraye' a très bien travaillé et bien pourvu à tout ce qui est nécessaire. Je verrai ce soir les dépêches que vous m'avez envoyées, et vous les rendrai demain.

Lettre 415. — Archives de ChantiUv.

I Charles le Clerc, sieur du ïremblav, frère du célèbre père Joseph, était gouverneur de la Bastille. - 2. M"'-^^ du Tôt était la femme de" Charles- Henri du Tôt, mestrc de camp du régiment de ce

nom.

Lettre 416. — Archives de Chantilly.

I Charles de La Porte, marciuis de La Meilleraye, cousin germain de Richelieu. Grand maître de l'artillerie depuis 1634, il était de plus en plus apprécié du roi. Il fut nommé maréchal de France l'année suivante, à la prise de Hesdin, duc et pair en 1663, et mourut en 1064.

Page 1