Le château royal de Monceaux
Monceaux, 4 ^L-ptc-mbre 1634.
Mon cousin, j"ai vu le marquis de la Force' et ses instructions. Il me semble qu'il lui faudrait un petit équipage -ou pour le moins quelques munitions d'artillerie, suivant le mémoire que j'en ai dressé, lequel je vous envoie; car s'il trouve le moindre obstacle du monde, savoir barricades et traverses dans des chemins, sans petites pièces, il les forcera difficilement.
Toutefois je me remets en tout cela à ce que vous jugerez h propos.
Je me porte bien, grâce à Dieu, et suis en grande impatience de vous voir pour vous assurer de la continuation de mon amitié, qui durera juqu'à la mort.
Louis.
Dans cette lettre, on voit que Louis XIII recommandait au cardinal de se méfier des propos de cour qui lui seraient rapportés, et qui, généralement, avaient pour but de le mettre en défiance contre le roi. Ce fait se reproduira plusieurs fois.
Monceaux, 8 septembre 1634.
Mon cousin, je vous envoyé un mémoire d'un bel entretien que nous avons eu, Saint-Preuil' et moi, ce soir, lequel vous trouverez assez étrange. Je vous prie de croire que c'est la pure vérité, et que vingt gentilshommes vous témoigneront en avoir ouï la plus grande partie. Je sais qu'il a des amis chez vous, comme le cardinal de La \'alette - et quelqu'autres, qui vous en pourront parler et l'excuser pour mettre la faute sur moi ; je vous prie de croire que ce que je vous mande est la pure vérité.
Louis.
Lettre 128. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(XLIX.)
I. Armand de Caumont, marquis de La Force, fils du maréchal de La Force, commandant l'armée française en Picardie et sur les frontières des Pays-Bas espagnols. Il était maréchal de camp dans l'armée de son père, et fut nommé maréchal de France en 1652. — 2. Un équipage d'artillerie, c'est-à-dire des pièces d'artillerie, canons, voitures et accessoires. On dit encore maintenant un équipage de siège, pour désigner de l'artillerie de siège.
Lettre 129. — Archives de Chantilly.
I. François de Jussac d'Ambleville, sieur de Saint-Preuil, gouverneur d'Arras, révoqué pour violence, et exécuté à Amiens, le 9 novembre 1641. — 2. Louis de Xogaret, fils du duc d'P-pernon, connu sous le nom de lardiiml de La Valette, mort en 1639, à quarante-sept ans, commanda souvent aux armées, et s'y distingua. Ses frères étaient Henri de Nogaret de La Valette, comte de Candale, et Bernard de Nogaret qui devint duc d'Epernon.