‹ Louis XIIIChapitre 89 sur 166 · LE 6 AOUT · texte numérisé non relu

LE 6 AOUT

Daprès le tableau de la Galerie du Château de Richelieu actuellement au Musée de Versailles, n" fu t

disant qu'il en a ordre de Paris, ce que )e ne crois pas; il est si décrié et si mal vu partout, que c'est une chose étrange; il ne se sert des dites troupes que pour venger ses animosités, et ne fait aucun mal aux ennemis.

Le courrier qui vous portera cette dépèche a la langue bonne: si vous voulez l'écouter, il vous dira force nouvelles.

Je suis bien fâché d'être si longtemps ici sans rien faire, mais n'y avant trouvé ni argent, ni troupes, ni vivres, j'ai bien voulu avancer sans tout cela.

Je partirai lundi si je me porte bien, comme je l'espère; j'ai eu un peu de goutte cette nuit, à cause d'une petite purgation, que je pris hier, qui a remué les humeurs : tout cela ne sera rien s'il plait au bon Dieu. J'attends Le Jeune et La Meillcraye avec impatience. Je vous recommande votre santé, et d'avoir bien soin de vous, moyennant quoi tout ira bien.

Je finirai cette lettre en vous assurant de mon affection, qui sera telle que vous la pouvez désirer.

Chàlons, 16 septembre 1635.

Je suis contraint de demeurer ici encore demain, tant à cause du pain, que l'on fait à \'itry'. et qui ne sera prêt que mardi au soir, que parce que nous attendons ma garde, qui nest encore revenue d'auprès de .^L d'Angouléme. Le reste du convoi de Ligny doit partir demain pour Nancy; il en part un autre d'ici et de Mtrv. qui va à Bar attendre que je sois à Saint-Dizier, pour leur donner escorte.

La Chapelle de Charleville mande que 1500 croates et 2000 hommes à pied, qui viennent de l'armée d'Espagne, ont passé la Sambre, et vont vers la frontière de Picardie. Le dit Chapelle dit aussi qu'il n'y a nulles troupes dans le Lu.xembourg. J'attends Charost demain ou mardi, qui nous en dira des nouvelles.

Grenelle qui est mon page a reçu une lettre de son frère, qui est revenu de Flandre auquel la reine ma mère avait fait retirer ses livrées, parce qu'il parlait trop à l'avantage des Français , qui le prie, de la part de .Meigneux sa tante, de me demander un passeport pour elle, pour se retirer chez ses sœurs, en Picardie, à cause du mauvais traitement qu'elle reçoit de Chanteloup-, l'accusant d'avoir été votre espionne et la mienne, lui faisant ensuite tout le mal qu'il peut. J'ai cru ne pou- Lettre 206. — .\rchives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-,XCII. Lettre 207. — .-Vrchives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-^XCIII .

I. Vitry-le-Fran<,-ais, prés Chàlons-sur-Marne, chef-lieu d'arrondissement du département de la Marne. — 2. Jacques dWpchon, seigneur de Chanteloup, d'abord militaire, entra dans les ordres en 162 1. Il accompagna Marie de Médicis dans sa fuite en 1631. et devint son aumônier. Naturellement il était hostile à Richelieu.

voir lui refuser cette grâce à cause de l'ancienne connaissance, et que j'ai cru que cela ne vous déplairait pas.

J'ai été contraint de prendre encore aujourd'hui médecine, le ventre m'ayant toujours boufle " depuis que je me suis senti de la goutte; quoique j'aie pris quatre petits remèdes, cela n'y faisait rien. J'espère que ce sera la dernière pour ce mois; je ne me sens du tout de la goutte depuis hier.

J'attends avec impatience des nouvelles de M. d'Angouléme.

Louis.

Chàlons, i6 septembre 1635. à 5 heures du soir.

Mon cousin, ne voulant perdre aucune occasion de vous écrire, j'ai trouvé celle de ce porteur, qui est enseigne du régiment liégeois de Henin, qui est à Longwy' ; ils ont fait quelque petite défaite -, qu'il vous dira, ou à celui que vous commanderez de l'entendre, si vous ne lui voulez parler.

Nous n'avons encore nulle nouvelle de M. d'Angouléme. M. Bouthillier vous envoie des lettres de Vaubecourt, que nous venons de recevoir; c'est pourquoi je ne vous en parlerai pas davantage ; seulement je vous assurerai de la continuation de mon affection, qui durera jusqu'à la mort, et je prierai le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

Je m'étonne que La Meilleraye ne soit pas encore arrivé; il nous manque bien ici: je vous prie, s'il n'est pas parti, de le faire hâter.

s. L. 22 septembre 1635.

Mon cousin, je vous écris ce mot pour vous dire que la voiture est à ^'itry, et qu'elle arrivera ici demain, à midi. Les 50000 écus en pistoles arrivèrent hier; vous

3. Louis XIII se plaindra souvint de ce que son ventre est bouffé (gonflé) ; ce n"est pas étonnant, à cause du grand mmibre de purgations et remèdes, qu'on lui fait prendre, et qui, comme il le dit luimême, lui remuent les humeurs.

Lettre 208. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-^XCIV.)

I. Longwy, chef-lieu de canton du département de la Meuse. — 2. Ont infligé une défaite à l'ennemi.

Lettre 209. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(XCV.)

le direz à M. de Bullion, et que je suis bien content de lui; je suis très satisfait du Jeune, et vous puis assurer qu'il me soulage extrêmement, et travaille jour et nuit. Je me porte bien, grâce au bon Dieu, lequel je prierai de vouloir vous tenir toujours en sa sainte garde.

Louis.

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