‹ Louis XIIIChapitre 91 sur 166 · DUC ET PAIR 1003, MORT · texte numérisé non relu

DUC ET PAIR 1003, MORT

D'après le tableau de JusTUS 1648, gravé par Nantelil 1662

Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale.

2o8 LETTRES DE LOUIS XIII A RICHELIEL'

Ils demandent que l'argent qu'on a levé sur ceux de leur bailliage, qui ne sont venus, leur soit donné, et ne soit diverti ailleurs, ce que je leur ai accordé volontiers, étant de bonne volonté comme ils sont, offrant d'aller en Allemagne et partout pour quel temps que je voudrai, ^'oyant ce débandement, je suis contraint de me retirera Saint-Dizier, ne me restant plus que lo compagnies des gardes, en ayant encore donné 6 à M. de La Meilleraye, à cause de sa faiblesse. Il nous arrive ce soir 10 compagnies de suisses, outre les 5 de Berne qui y sont déjà ; je les ferai partir demain, si je puis, ou après-demain matin pour le plus tard, si nous pouvons trouver de l'argent pour leur donner, pour les envoyer à mon cousin le cardinal de La Valette. Je vous envoie le contrôle des troupes de MM. d'AngouIême et La Force, lesquelles vous trouverez en petit nombre.

Cramail, que j'avais envoyé à Mandres, l'a pris après avoir souffert 70 coups de canon; il s'est aussi saisi de Bouconville. Lenoncourt a écrit à celui qui commande dans Pierrefort, qui est h lui, de le remettre à celui que j'y enverrai. J'ai baillé la lettre à mon cousin le cardinal de La Valette pour y envoyer, n'étant qu'à deux lieues de Pont-à-Mousson. M. de Coislin, porteur de la présente, vous assurera de la continuation de mon affection, et du déplaisir que j'ai d'être contraint de nie retirer. Je finirai donc en priant le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

Depuis ma lettre écrite, j'ai reçu une lettre de M. d'Angoulème, dont je vous envoie la copie, par laquelle vous verrez l'état des ennemis, et le manque de fourrages qu'ils ont.

Louis.

Bar-lc-Duc, " octobre 1635.

Mon cousin, vous verrez dans le paquet de M. Bouthillier les avis de MM. de La Meilleraye et d'Arpajon, de ce que doit faire l'armée de MM. d'Angoulème et La Force, eux y étant joints ; je crois que, quand vous aurez vu ces deux avis, vous choisirez celui de M. de La Meilleraye, nos troupes étant trop faibles pour faire deux corps séparés.

Je m'en vais à Vitry où j'attendrai de vos nouvelles, étant bien fâché d'être contraint de me retirer d'ici.

M. le Comte s'en va à Paris, qui nous doit tailler en pièces auprès de vous, M. Bouthillier, Saint-Simon et moi, et ce sans aucun sujet ; je vous prie de ne le vouloir croire et de garder une oreille pour les absents.

Je me porte assez bien, et vous assurerai de la continuation de mon affection, priant le bon Dieu de tout mon cœur qu'il vous tienne en sa sainte garde.

LOLIS.

Il serait à propos qu'on fit savoir des nouvelles à Renaudot ' de la prise de Saint-.Mihicl, pour l'empêcher de dire quelque sottise.

Louis.

Saint-Dizicr ', 8 octobre.

Mon cousin, depuis la lettre que je vous ai écrite par le marquis de Coislin-, j'ai rallié quelque 900 gentilshommes de ceux qui s'étaient débandés, lesquels m'ont tous donné leur parole de servir jusqu'à la Saint-.Martin ; il s'en est peut-être allé 80 sur 900 ; j'ai fait un état par estimation de ce qui reste, lequel vous verrez dans l'état des troupes; .M. de la .Meilleraye en doit faire la revue aujourd'hui, laquelle il m'enverra ; je ne manquerai pas de vous la faire tenir promptement.

Je vous envoie une relation d'une entreprise sur Longwy ; celui qui l'a apportée assure que Lemont a passé la Moselle, à Sierck, et est allé joindre Gallas à Vodrenange, et que .M. l'évèque de Verdun^ fait une armée; mais elle n'est encore qu'en papier.

Le chevalier de Lorraine % fils de .M. du Hallier, est lieutenant-colonel de son régiment, de façon que ce régiment ne sera commandé que par un évèque et par le fils d'un autre. Il faudrait que tous les soldats fussent bâtards de moines et chanoines, et que l'abbé de Chailly en fût l'aumônier pour rendre le régiment parfait ''.

M. de Cossé m'a mandé que ceux d'Etain'' se sont rendus, et qu'il va le faire raser.

Louis.

Lettre 219. — Archives de C'hantilh-.

I. Théophraste Renaudot, fondateur de la G.iiettc de France. Comme on l'a vu, Louis XllI v envoyait de nombreux articles, et tenait toujours à ce que la presse fut dirigée et surveillée.

Lettre 220. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(C.)

I. Saint Dizier, chef-lieu de canton de la Haute-Marne. — 2. Le marquis de Coislin, cousin de Richelieu, mourut au siège d'Aire, en i64i.

3. François de Lorraine, cardinal de Lorraine, frère du duc Charles, était évèque de Verdun avec une seigneurie et une jurisprudence territoriale fort importantes. — 4. Le chevalier de Lorraine était le fils de Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin, ancienne maîtresse de Henri IV, et de Louis de Lorraine, cardinal de Guise. Elle avait épousé François de l'Hôpital, seigneur du Hallier, dont il est si souvent question.

5. Cette boutade de Louis XllI est à retenir. — 6. Etain, petite ville forte, entre Verdun et Metz, chef-lieu de canton de la Meuse.

LETTRES DE LOUIS XIIl A RICHELIEU

A Saint-Dizier, ce 8 octobre 1635, à 8 lieures du soir.

Depuis ma lettre écrite, deux de mes chevau-légers, qui étaient demeurés malades derrière, m'ont assuré avoir trouvé deux bandes de noblesse de Poitou', qui se retirent en gros, l'une de 90 et l'autre de 60 : elles leur dirent que tout le reste suivait après. Comme ceux-ci voulurent répondre qu'ils avaient tort de se retirer de cette façon, elles répliquèrent, en jurant Dieu, que s'ils parlaient davantage, il leur serait fait un mauvais parti.

Louis.

Saint-Dizier, 10 octobre 1635.

Mon cousin, je commencerai cette lettre par vous dire que je ne m'ennuie nullement ici, au contraire ; j'attends avec impatience les troupes, que vous m'avez mandées devoir venir, pour me rapprocher de la Lorraine.

J'ai déjà les compagnies de chevau-légers de Roquelaure, Coupet. et Lalande, que j'attends dans trois jours ; j'ai envoyé hâter Treilly. Dès que j'aurai I 000 chevaux, compris mes compagnies, je m'avancerai aux lieux où .^L^L d'Angouléme, La Force et La Meilleraye seront d'avis.

M. de La ^leilleraye m'écrit que la noblesse s'est un peu rassurée, et qu'ils sont encore le nombre qui s'en suit : le Poitou, 280 ; Bourbonnais, Haute et Basse Normandie et Cotentin, 310; Lyonnais, Berry, Touraine et l'Auvergne, commandée par Langeac, 320 ; l'Auvergne de Polignac, Orléans et petits bailliages, 300 ; .M. du Rivau, 120; Anjou, 80 : le ALiine, Haute et Basse .Marche et Alencon, iio ; outre ce que dessus, il s'est mis dans le régiment de Saint-Simon plus de 80 gentilshommes de condition, qui n'ont voulu servir sous les arrière-bans.

De tous les volontaires qui étaient ici. il ne s'en est retourné des jeunes à Paris, que Sourdis, Bourdeille, Rostaing, Pransac et Saint-Preuil. Je trouve cela bien étrange. Je vous envoie de quoi je vous parle ci-dessus. J'ai fait laire une dépêche aux généraux d'Angouléme et La Force, de quoi .M. de Chavigny ' vous envoie

Lettre 221. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CL)

1. L'arriére-ban de la noblesse de Poitou paraît avoir été le plus excité contre les projets militaires de Louis .XIIL C'était du reste le plus éloigné de sa province.

Lettre 222. — Archives de Chantilly.

I. Léon Bouthillier, que Louis XIII appelait jusqu'ici familièrement c le Jeune >>, était le fils de

copie, laquelle, selon mon petit sens, est assez à propos, les choses étant par de là en état qu'elles sont.

Le comte de Hanau me vient de dire qu'il lui vient d'arriver un messager dudit Hanau. qui lui assure que le Landgrave de Hesse- se rapproche de Francfort avec une puissante année ; si cela était, il faudrait que Gallas '' s'en retournât, ou y envoyât la moitié de son armée ; je vous donne cette nouvelle comme on me l'a donnée. D'Argiles, présent porteur, lequel vient de l'armée de Gallas, vous en dira toutes nouvelles. Je vous envoie un mémoire des points sur quoi je l'ai enquis, auquel il m'a très bien répondu. Il est revenu tout nu : je lui ai baillé un de mes habits, pour vous l'envoyer ; il est gentil garçon et a bon esprit. En achevant cette lettre, je viens de recevoir un paquet de M. d'Angouléme, par lequel vous verrez la continuation de leurs timidités ; j'espère que M. de La Meilleraye les réchauffera ; je vous puis assurer qu'il a avec lui i 200 bons chevaux de compagnies réglées et la noblesse.

Je me vas purger selon ma coutume, le mois étant expiré ; je me porte bien et vous assurerai toujours de la continuation de mon atlcction. priant le bon Dieu de tout mon cceur qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

Le 10 octobre 1635, à 6 heures du soir'.

Le courrier de M. d'Angouléme dit que l'armée a pris le logement de Saint- Nicolas % ce que AL d'Angouléme ne mande point. Il dit aussi que la cavalerie du duc de Weimar ' est venue loger à Lunéville, ce que je ne crois pas : il dit également que le bruit court dans l'armée que le duc Charles' a quitté son camp, et s'en va vers Remiremont, pour faire des courses dans la Bourgogne. J'ai voulu vous mander le tout ci-dessus, bien que je n'y ajoute pas grande foi.

Je vous avais mandé que Sourdis s'en était allé : il est encore ici.

Louis.

Claude Bouthillier, surintendant des finances, conseiller d'Etat, puis secrétaire d'Htatet surintendant des finances ; il était seigneur de Pont-sur-Seine, et avait été nommé comte de Chavignj- et de Busançais. — 2. Le landgrave de Hesse était un des princes confédérés allemands hostiles à l'Empereur. Son mouvement, en arriére des Impériaux, constituait une diversion fort utile à l'armée française. 3. Le comte de Gallas, commandant en chef les Impériaux.

Lettre 223. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CIl.)

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