‹ Louis XIIIChapitre 96 sur 166 · LEVEE DU SIEGE DE CASAL · texte numérisé non relu

LEVEE DU SIEGE DE CASAL

LE 2b OCTOBRE 1630

D'après le tableau de la Galerie du Château de Richelieu actuellement au Musée de Versailles, n" 593.

VOUS ai écrit avec chaleur à ce sujet. Je crois qu'il faudra que je prenne demain

quelque petit remède, le ventre commençant h me boutîer.

Louis.

Le 4 décembre 1635'.

Je vous envoie le mémoire dont je vous ai parlé, et Nogent vous porte un marcassin, que mes chiens prirent hier, non pas ceux qui ont la rage; je ne vous l'enverrais pas.

C'est bien fâcheux qu'on ait laissé s'évader les prisonniers de Maëstricht^

Pour Buire ', je voudrais le faire juger par contumace, et faire raser sa maison. J'enverrai quérir Saint-Simon, ayant donné ordre à son régiment.

Si ma santé eût pu me le permettre, j'eusse été à Rueil; mais, étant dans les

remèdes, je n'ai osé le faire, de peur d'accident, par les chemins où il n'y a point

de couvert.

Louis.

Lp 7 décembre 1635'.

J'attendrai ^L le Jeune avec impatience. C'était bien ma résolution de faire ma fête - ; mais je la ferai encore, sur ce que me mandez, avec la plus grande dévotion possible. Vous avez très bien fait d'écrire à Rambures qu'il fasse remplir les compagnies de Langeron, qui sont à DouUens.

Je vous renvoie votre mémoire dans ce paquet.

Le ventre me gonflant toujours, malgré plusieurs petits remèdes que j'ai pris, je

me suis résolu à prendre médecine ce soir.

Louis.

Le 15 décembre 1635 '.

J'envoie ce gentilhomme pour savoir de vos nouvelles, ne vous avant pas trouvé hier en bonne santé.

Lettre 241. — .\rchives des affaires étrancréres. à Paris. — Topin.-(CXVL)

I. De Saint-Germain-en-Lavo. — 2. ^L^ëstricht, ville forte sur la Meuse, dans les Paj's-Bas actuellement à la Hollande.

3. Buire. l'officier qui avait rendu le fort dWubac, en Lorraine, sans le défendre.

Lettre 242. — .\rchives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(C"XVn.} I. De Saint-Germain-en-Laj-e. — 2. La fête de la Vierge, le 8 décembre.

Lettre 243. — .Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXVIIL) 1. De Saint-Germain-en-Lave.

224 LETTRES DE LOUIS XLII A RICHELIEl'

M'"'' de Rohan- demande le gouvernement de Sondrio^ pour le sieur de Saint- Léger', aide de camp. Je ne sais si, pour cause de religion, je dois le lui donner. — J'oubliai de dire à Nogent, quand il vous porta le jambon de marcassin, que je vous priais d'en faire faire l'essai à quelqu'un, avant que d'en m.anger, comme aussi de tout ce que je vous envoie par les uns et par les autres.

Je me porte bien, Dieu merci ! Je vais emmener mon frère chasser le merle à la forêt.

Louis.

Il y a ici des Pères Récollets qui m'ont parlé pour la Terre sainte, et m'ont dit que c'était le Père Joseph % qui me les envoyait. 'N'ous verrez ce qu'il faudra faire en cette occasion avec ledit Père Joseph.

Paris, 19 décembre 1635.

AL Servien' vient de me parler d'une dépèche à M le Comte pour entrer dans le comté de Bourgogne-, et, parce moyen, jeter des vivres dans Colmar et Schlestadt\ Je lui ai dit de vous dire que je désirais vous voir avant que cette dépêche partît; jai voulu vous écrire ceci de peur qu'il ne vous dise autrement que ce que je lui ai dit, ou qu'il n'ajoutât quelque chose à la vérité.

Louis.

Saint-Germain. 27 décembre 1635.

J'ai fait parlera AL de Limoges', qui fera tout ce qu'il faut pour mon affaire.

Quelques capitaines d'infanterie m'ont averti que, pourvu qu'on donnât la

7" montre aux officiers, que pour 1-es soldats ils n'en auraient pas besoin, et qu'on

2. Marguerite de Béthune, fille du duc de Sully, avait épousé, le 7 février 1605, Henri, duc de Rohan, qui venait de terminer la campagne dans la Valteline, vallée italienne au sud des Grisons.

3. Sondrio, chef-lieu de la Valteline. — 4. Le sieur de Saint-Léger et le duc de Rohan étaient protestants.

5. Le Père Joseph, appelé par les historiens l'Eminence grise.

Lettre 244. — Archives des affaires étrangères, à Paris. • — Topin.-fCXIX.) 1. Abel Servien, secrétaire d'Etat de la guerre. — 2. La Franche-Comté.

3. Colmar et Schlestadt en .Alsace. Les villes d'Alsace s'étaient placées sous la protection de la France, depuis le traité d'Heilbronn en 1633.

Lettre 245. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXX.)

I. François de La Fayette, aumônier de la reine Anne d'.A.utriche, et évéque de Limoges; il était oncle de M""" de La Fayette. Louis XllI désirait que son amie fût laissée tranquille par sa famille.

pourrait s'en servir pour la première de janvier. Je crois que vous ferez plaisir à M. de Bulion de lui donner cet avis.

J'ai eu une pensée pour faire mener les blés qui sont à Toul, à Nancy, qui est de se servir des chariots des Suédois-, en les payant comme les autres.

Leur quartier d'hiver n'est qu'à di.\ lieues de Toul, le plus loin ; ceux qui viennent de l'armée m'assurent qu'ils en ont plus de douze cents; ce serait pour mener une belle voiture"* à Nancy; il faudrait en faire la proposition au duc Bernard'. M. de la Force m'écrit qu'il faut se hâter de pourvoir à Schlestadt et Colmar, et qu'il envoie un mémoire, je crois que c'est à .M. Servien.

Louis.

Il est aussi temps de penser aux recrues. Bourdonnais demande vingt compagnies comme les autres. La Tour fait la même demande. J'ai remis la capacité de celui à qui j'ai donné l'abbaye de N'ierzon sur la responsabilité de .^L de Chartres" : je voudrais, pour m'ôter tout scrupule, qu'il m'envoyât un certihcat du collège où il est, pour savoir s'il est capable de la tenir.

Louis.

Comme j'allais envoyer un gentilhomme vous porter ce billet, AL'.yolas" est venu; je l'ai envoyé pour vous le porter.

2. Les Suéddis, allies de la France, avaient pris leurs quartiers d"hiver en Lorraine.

3. Une belle voiturée, un beau convoi. — 4. Le duc Bernard de Saxe-Weimar avait pris le commandement en chef de l'armée suédoise depuis la mort de Gustave- Adolphe; il était complètement à la disposition de Louis XIII; il m<Hirut en 1639, à lâge de trente-cinq ans.

5. Leonor d'Ktampe-\'alençay, évéque de Chartres, devint archevêque de Paris, en 1641. — 6. Mavolas, lieutenant aux gardes de Richelieu.

D'après la gravure de Mariette. — Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale. (Gaston d'Orléans est à la gauche du Roi).

Le duc de Parme à Paris. — Invasion de la Picardie par les Espagnols, et prise de Corbie. Siège et reprise de Corbie par le roi. Le duc d'Orléans et le comte de Soissons essayent de se révolter, puis négocient leur soumission.

1636 est l'année de Corbie, dont le souvenir resta longtemps dans le peuple. Cette année pouvait être l'année du désastre; elle apporta le salut.

A l'improviste les Espagnols envahissent la Picardie, surprennent Corbie et sont maîtres des passages de la Somme.

Louis XIII, dont les troupes sont médiocres, cherche à préserver Paris où la fraveur était grande. Il organise la défense sur la ligne de l'Oise, puis reprend l'offensive, et va diriger le siège de Corbie, qui capitule le 14 novembre.

La campagne est terminée et l'entreprise des Espagnols a définitivement échoué.

Après le succès de Louis XIII, Monsieur et le comte de Soissons essayent de conspirer contre le cardinal; mais Monsieur négocie sa soumission, et demande la rentrée en grâce de M. le Comte.

En Italie, les Espagnols avaient envahi les États du duc de Parme, qui, dès le début Je l'année, était venu demander des secours à Louis Xlll.

Sur les côtes de Provence, ils conservaient les îles de Lérins, qu'on n'arrivait pas à leur reprendre.

Sur la frontière des Pyrénées, ils avaient fait de petites incursions, et s'étaient même emparés de Saint-Jean-de-Luz; mais leur défaite en Picardie amena un ralentissement général de leurs opérations.

Saint-Germain, i'"'' janvier 1636 '.

Mon cousin, j'envoie ce gentilhomme exprès pour savoir de vos nouvelles, étant en peine de votre santé. Je vous envoie, ci-joint, un mémoire d'un avis que j'ai eu.

Je me porte bien, grâce au bon Dieu, lequel je prie de vous donner la santé telle que je vous la souhaite, et qu'il vous tienne en sa sainte garde.

Louis.

5 janvier 1636 '.

Je juge très à propos d'envoyer quérir ceux du Parlement pour samedi. Je remettrai l'audience des nonces à dimanche; il faut que .M. de Chavigny- leur fasse dire, parce que .M. de Hrulon ^ n'est pas ici pour les avertir.

On a quelque espérance de Saint-Simon ', et les médecins disent que le 14 commence assez bien.

M. de la Force est arrivé à qui j'ai cru devoir faire chère'.

Louis.

5 janvier 1636 '.

Je vois par votre mémoire que vous n'oubliez rien pour que mes alTaiies aillent bien -.

Lettre 246. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Tnpin.-(CXXI.)

I. Saint-Germain-en-Layc. Le roi, la reine et la cour avaient Ihabitude de s'y rendre au nouvel an.

Lettre 247. — Archives des affaires étrangères, à Paris. — Topin.-(CXXIL)

I. De Saint-Germain-en-Laye. — 2. Léon Bouthillicr, que Louis XIII jusqu'ici appelait familièrement « le Jeune >■, fils de Claude Bouthillier. surintendant des finances. Il était conseiller d'État, seigneur de Pont-sur-Seine, comte de t'havigny et de Husançais et surtout fort apprécié du roi et de Richelieu.

3. M. de Brulon était conducteur ^on dit aujourd'hui introducteur) des ambassadeurs. — 4. Le duc de Saint-Simon. Louis XIII parle du quatorzième jour de sa maladie.

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