Arch. Guerre. Vol. 296, f. 227 et vol. 404, f
2. Par la suite, la chose devint un «usage» et fut régularisée par une autorisation du Roi.
et eût semblé telle à M. de Louvois, il exprima le désir que 14.000 de ces florins ne fussent d'aucune façon connus ou portés dans les comptes ou états de quelque receveur. Et le Magistrat chercha quelqu'expédient ou voie secrète, car il tenait absolument «à captiver le sieur Maréchal pour les services qu'il » rend, tant pour le maintien des impôts, que pour les pré- » tentions de fournitures et autres de militaires à l'égard de » la ville. » 1
Cette pension annuelle n'empêchait du reste ni les gratifications officielles et ordinaires, que lui accordaient les Etats et le Magistrat, ni même d'autres gratifications clandestines2; et, quand M. d'Humières fut nommé commandant des armées du Roi, — fonction dont il devait s'acquitter avec la gloire que l'on sait — le Magistrat lui porta 100 pistoles en manière de congratulation, et y ajouta 100 autres pistoles à l'adresse de Madame la Maréchale.... 3
M. de Magalotti. — Un si haut exemple devait porter ses fruits. Quelques années après, c'est le gouverneur de Valenciennes, M. de Magalotti, qui fit des siennes. En septembre 1679, le ministre apprit que les Magistrats de Valenciennes faisaient beaucoup de mauvais marchés ; il en rendit compte au Roi et S. M. fit dire au gouverneur de mander ces Magistrats et de leur défendre de passer aucun marché autrement qu'en présence soit de M. Le Peletier, soit de son subdélégué, M. de Valicourt, soit du commissaire des guerres Chastelain. C'est ainsi qu'un important marché de meubles de casernes et du chauffage de la garnison avait été traité de gré à gré, et sans aucune formalité, avec un nommé Borla, parce qu'il paya un pot-de-vin de 4.400 patagons. Or, le secrétaire de M. de Magalotti lui-même, nommé Collin, avait part dans ce marché, et le gouverneur fut vertement réprimandé par le ministre ; celui-ci n'alla pas jusqu'à rendre à l'autre le mauvais office