Bibl. Nat. mél. Clairambault, vol. 433,Jf
Je ne prétends point remplir les conditions que souhaitait M. Colbert et, du reste, aucun intendant ne m'a excité à de pareilles entreprises. Mais je manquerais véritablement à toute bienséance, en ne reconnaissant pas les hauts témoignages, qui m'ont encouragé et soutenu : ceux de i Académie française et de la Faculté de Droit de Paris, ceux aussi de mes amis de V Université libre de Lille et du Comité flamand de France m'ont profondément touché.
Je demande la permission d'associer ici, en un même geste de gratitude les noms illustres de MM. Etienne Lamij, Marquis de Ségur, Henry Roujon, Comte d'Haussonville, Henry Cochin, André Hallays, et ceux de tous les amis, dont la chaude sympathie ne m'a jamais manqué.
Plusieurs chapitres ont fait l'objet de conférences, prononcées cet hiver aux Facultés libres de Lille. J'y avais devant moi les nobles exemples de Mgr Haulcœur, l'historien de la Collégiale Saint-Pierre de Lille et du vénéré Mgr Baunard, l'auteur de tant de bons livres. Je remercie les amis très chers que [y ai retrouvés, de leur cordial accueil : Mgr le Eecteur ; M. Selosse, doyen de la Faculté de Droit ; M. Eugène Dulhoil, un peu parrain de ce livre et tous mes anciens maîtres voudront bien trouver ici l'expression de ma reconnaissance.
Lille-Esquermes, décembre 1913.
Le présent ouvrage était écrit, composé et même tiré pour la plus grande partie, lorsque la guerre éclata. Il devait, en effet, paraître en octobre 1914.
Les cahiers imprimés, les clichés sur cuivre, ainsi que mes notes et documents se trouvaient à Lille au moment de l'invasion. Tous les cuivres furent, on le sait, frappés de réquisition générale par Vautorité militaire allemande et celle-ci se préoccupait d'en faire autant pour les papiers de toute nature, imprimés ou non, lorsque la ville fut heureusement délivrée, après quatre années d'un martyre sans exemple, le 17 octobre 1918.
Mes modestes travaux attirèrent l'attention de l'ennemi, et feus l'honneur de subir, — à longue dislance, — les attaques d'un écrivain à sa solde, Marc de Salm, qui publiait un journal proboche : le « Bruxellois ». Dans ses articles, dont je n'eus évidemment connaissance qu'à une date toute récente, cet individu me représentait comme ayant, avec tous les Français, des visées annexionnistes sur la Belgique et il prétendait justifier par là l'agression des Barbares. Il est bien vrai que j'avais écrit (mars 1910), que l'expansion de la France vers le Nord était paralysée et que notre influence allait, chaque four, décroissant dans celle chère petite Belgique, où nous n'aurions dû, à mon sens, n'avoir que des amis, — presque des frères. « Au Nord, m'écriai-fe, » la marche en avant de l'esprit français s'est arrêtée ; nous nous » heurtons à l'ennemi traditionnel, qui déjà, à l'Est, nous refoule » et dont nous sentons par ici la menace : à l'Allemagne... Les » idées françaises sont en péril et non seulement dans la Flandre » belge, mais en France même où, sournoisement, sous le prétexte » des revendications linguistiques, s'ébauche l'invasion germaine (1).