‹ Louis XIV en FlandresChapitre 4 sur 59 · Les peintres flamands d'aujourd'hui, p. v et vi · texte numérisé non relu

Les peintres flamands d'aujourd'hui, p. v et vi

Avais-fe exagéré le danger ? Ah, comme il s'agissait bien (le conquêtes et d' annexions ! C'est de vie ou de mort qu'il était question pour nous, et n'est-ce pas dans une même pensée que, répondant à notre appel, le 27 juillet 1914, à l'occasion du septième centenaire de la bataille, M. Etienne Lamy était venu faire entendre, dans les champs de Bouvines, ci trois lieues de Lille, le cri d'alarme des écrivains de France et de la patrie menacée ?

Présentant à mes compatriotes le Comité du Centenaire, le 30 septembre 1913, je leur disais : (\) « Xous vous convions éi un » pèlerinage sacré sur le champ de bataille de 1214, pour y faire » à nouveau une affirmation solennelle de l'amitié française. » C'est une fête de la Patrie une et indivisible, que nous preten- » dons organiser... On ne glorifiera jamais assez les vainqueurs » de Bouvines, parce que ce sont eux, devant le danger commun, » qui ont fondé la conscience nationale. Là, toutes les forces vives » du pays : les gens d'armes, les métiers et les communes ont fra- » iernellement combattu. La nécessité où on les mit de défendre » leur sol, la vertu guerrière qui les anima et, par dessus tout, » leur volonté de vaincre leur donnèrent la victoire... Un sem- » blable péril ne peut-il pas, quelque jour prochain, nous menacer » encore et les Barbares ne peuvent-ils pas, demain encore, se » présenter à nos frontières ? »

Grâce éi l'ingénieux courage de mes parents, restés à Lille, et à celui de M. Henri Motel, imprimeur de ce livre, les clichés et les papiers, dans des cachettes successives et par des déménagements clandestins, purent être soustraits aux Allemands et ci la destruction. Les Lillois mettaient ainsi leur point d'honneur à dissimuler aux inquisitions de l'ennemi et à ses légendaires équipes de « fouilleurs », mille objets de toute nature, et l'on devine avec quels risques! Il me fut donné d'entrer à Lille le 17 octobre 1918, et je n'y vis jamais tant de drapeaux français aux façades ni tant de cuivres aux étedages, chacun montrant avec fierté ce qu'il avait réussi à cacher.

Je n'ai donc rien pu ni, du reste, voulu retoucher aux chapitres de cet ouvrage ; ils paraissent dans l'étal où ils étaient en 1914. La guerre s'est chargée de les « actualiser », sans qu'il soit utile

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