Sauf cependant de l'avoine, qui se vendait à Lille
2. Un arrêt du Conseil d'août 1669 mit néanmoins certains droits sur les sels, le charbon et les blés. Un autre arrêt diminua, au contraire, les droits sur le lin qui se préparait à Marchiennes, sur les toiles qui se blanchissaient à Menin et à Ath et enfin sur le charbon qui entrait dans les pays cédés pour y être consommé.
toute espérance de les voir levés. Cette union fut réalisée en décembre 1669.
On s'était occupé, dans le même temps, de régler avec soin la quotité des droits d'entrée et de sortie ; on avait déchargé des droits d'entrée toutes les denrées, dont les marchands avaient besoin pour leur subsistance et leurs ouvrages ; et, à l'inverse, on avait exempté des droits de sortie toutes celles qu'ils avaient en abondance et qu'ils envoyaient au dehors 1. Le premier tarif est du 3 février 1669 ; il fut révisé et complété par ceux des 18 juillet 1670 et 21 décembre 1680.
D'autre part, le régime des prohibitions était atténué par une large tolérance : on avait permis aux marchands d'envoyer à Ostende, pour y être chargés sur des vaisseaux prêts à partir, un nombre considérable de ballots. On les avait autorisés à faire voiturer par des bateliers ou des charretiers espagnols et jusque dans les villes cédées, certaines marchandises de grand encombre. Mais ils n'avaient pu obtenir satisfaction sur la question des « francs navigeurs » de Gand ; ceux-ci, qui formaient la puissante corporation des bateliers gantois, prétendaient avoir seuls le privilège de naviguer sur l'Escaut et la Lys espagnols et ils arrêtaient au passage les bateliers venant des villes françaises ; comme, d'autre part, le gouvernement français interdisait l'accès desdites villes aux bateliers gantois, cela équivalait à dire que le passage de Gand était fermé, par la voie d'eau, aux marchands français et c'était pourtant la route de Hollande et de Zélande ; M. Le Peletier disait que cette affaire était de celles dont on ne pouvait espérer aucun succès, à moins que de la faire traiter par ordre du Roi et quelques instances qu'ils firent, les négociants lillois et tournaisiens n'obtinrent pas cette liberté de passage ; c'est qu'en réalité, M. Colbert ne fit rien pour la leur faire obtenir ; « elle aurait préjudicié au dessein, » qu'il avait, d'établir le commerce des pays conquis par la » France ».
1. Il y eut néanmoins encore bien dis réclamations. Particulièrement un arrêt du Conseil de décembre 1670, qui excluait du bénéfice du transit les draperies étrangères, souleva de l'opposition ; « Le menu peuple en » soufTrira, ne se pouvant pas faire cici des étoffes d'aussi bas prix que les » draps et serges du pays de Liège ».
La guerre recommence. — Les villes cédées commençaient à peine à respirer et le commerce à reprendre, quand éclata la guerre de Hollande. Il semble, à première vue, qu'elle n'ait dû avoir aucune influence sur le régime commercial des pays conquis, puisque nos voisins immédiats, les Espagnols, étaient en paix avec nous. L'effet s'en fit néanmoins sentir, et sans tarder.
Les négociants de Lille et de Tournay durent éviter le risque qu'ils courraient pendant la guerre, en embarquant leurs marchandises sur des vaisseaux français : les Hollandais et les corsaires ne les auraient pas épargnées ; il leur fallait donc passer par la route de Flandres, pour joindre le port d'Ostende. Mais alors, M. Colbert leur créa toutes sortes de difficultés à la sortie, voulant ainsi les obliger à passer par la France ; il leur dit que les escadres françaises croisaient continuellement les mers et qu'en outre, il avait disposé des vaisseaux armés dans tous les ports pour servir d'escorte1. Mais l'on peut penser quelle source d'entraves ce fut là pour le commerce !
Les agressions de l'ennemi furent plus directes et plus meurtrières et montrent assez que, si les Espagnols n'étaient pas en guerre ouverte avec nous, leurs sentiments n'étaient certes pas amicaux : ils favorisaient, de tout leur pouvoir, les incursions des Hollandais à travers leur territoire. Les deux affaires les plus graves furent celles de Deulémont et de Menin.
La première arriva dans la nuit du 16 au 17 mai 1672. Le bureau des traites, installé à Deulémont, village sis sur la Lys à deux lieues de Lille, fut pillé ; le contrôleur fut tué et un garde enlevé. Les auteurs de cette « petite insulte » étaient 25 ou 30 Hollandais, venus de la garnison de l'Ecluse et que les autorités espagnoles avaient bénévolement laissés passer.
L'autre affaire est peut-être plus grave, en ce qu'elle indique les sentiments peu français de la petite ville de Menin, nouvellement annexée. Le 26 janvier 1673, sur les 10 heures du soir, il arriva du côté du cimetière de Menin, vis-à-vis du bureau, environ 50 hommes de pied, Venant de la garnison d'Ardenburg, en Zélande. Ils forcèrent la maison, emportèrent les meubles