‹ Louis XIV en FlandresChapitre 36 sur 59 · La Flandre Wallonne, p. 273 et ss · texte numérisé non relu

La Flandre Wallonne, p. 273 et ss

» vivre. Plusieurs gens languissaient de faim et plusieurs aban- » donnaient leur femme et leurs enfants ».

La situation se retourna complètement quand, par l'accession au trône d'Espagne du duc d'Anjou, nos voisins furent devenus nos alliés. Dans les Pays-Bas, les Espagnols avaient conservé, tant qu'ils avaient pu, le commerce avec la Hollande. Mais tout changea. Le commerce avec la Hollande fut entièrement fini et même, le gouvernement français, aidé sur place par MM. de Bagnols et de Puységur, fit tout pour « le rompre avec rigueur ». Il désirait en effet que l'argent, que le Roi de France allait consommer aux Pays-Bas, « ne pût aller plus avant ». Le pays était trop petit, pour fournir les subsistances nécessaires à ses habitants ; aussi, par le moyen des blés, des avoines, des vins, des eaux-de-vie, des bœufs, des moutons et des étoffes, qui venaient de France, l'argent déboursé devait-il, en grande partie, rentrer dans le royaume. Mais il fallut faire un nouveau tarif, diminuant de part et d'autre les droits d'entrée et de sortie et facilitant les échanges. On se relâcha de ce qu'on trouva nécessaire pour le bien des deux nations et des deux Rois .

Il est certain que les Pays-Bas espagnols devinrent ainsi, un sérieux débouché pour les produits français ; mais la guerre malheureuse devait, hélas, atténuer singulièrement les bons effets de cette situation. Les villes conquises, qui avaient tant besoin déjà de « respirer et de se remettre », allaient connaître les horreurs de l'invasion et, pendant plusieurs longues années, il y fit encore bien pauvre temps !

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