‹ Louis XIV en FlandresChapitre 40 sur 59 · Cf. Arch. Lille, afï. gén., c. 146, d · texte numérisé non relu

Cf. Arch. Lille, afï. gén., c. 146, d

outils. M. Le Peletier envoya à Roujbaix et à Tourcoing une personne intelligente, qui lui rapporta que cette cessation d'ouvrage ne devait pas donner d'inquiétude, parce qu'elle était inévitable et ordinaire pendant les grandes gelées. D'autres causes néanmoins menaçaient cette manufacture : il y avait dans Roubaix et dans Tourcoing plusieurs gros marchands, qui faisaient un assez grand commerce de damas blancs ; ils envoyaient leur marchandise à Gand et en Hollande, où elles étaient teintes et calandrées et de là expédiées en Allemagne. Or, M. Colbert avait interdit la sortie des damas blancs *, dans le but de les faire teindre et calandrer soit à Lille et à Tournay ; j'ai dit les encouragements qu'il avait prodigués aux teinturiers de ces deux villes ; il avait établi à Lille, sous sa protection directe, un maître calandreur. Les Allemands déclarèrent du reste, qu'ils aimaient mieux tirer les damas teints et tout apprêtés que blancs. Il arriva donc que les négociants du plat pays, qui entretenaient un grand nombre d'ouvriers, cessèrent de les faire travailler, jusqu'à ce qu'ils eurent établi leurs correspondances directement en Allemagne. Ce fut l'affaire de quelques mois, pendant lesquels, pour éviter une crise, les Magistrats de Lille et de Tournay prirent tout ce qui se fabriqua de ces étoffes. Et l'on peut dire que cette matière fut une de celles où M. Colbert réussit le mieux et le plus rapidement.

Il s'installa à Tournay quelques tapissiers, venus de Bruxelles et de Grammont et qui faisaient de fort belles tentures ; mais leurs ouvrages eurent peu de débit, du moins sous le règne de Louis XIV.

A Lille, s'établit en 1675 une nouvelle manufacture de saies d' « Honscotte » et de serges de Leyde. Mais les maîtres n'étaient pas en état de faire les grandes avances nécessaires pour entretenir les ouvriers, jusqu'à ce que l'on sût comment ces étoffes seraient reçues dans les pays étrangers et quel en serait le débit ; aussi l'intendant exhorta-t-il le Magistrat à les aider et à leur prêter de l'argent, tant pour acheter les matières que payer les ouvriers ; et même le ministre permit d'employer à ces avances 15.000 1. de fonds de l'aide annuelle, payée par la Ville. « Ce

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