‹ Louis XIV en FlandresChapitre 42 sur 59 · Areh. Lille, alï. gén., C. 148, d · texte numérisé non relu

Areh. Lille, alï. gén., C. 148, d

3. Arch. Nat. G7 258, 19 mai 1691. - Augustin de Lespaul, originaire de Roubaix, expédiail en Italie el en Lspagne des paires de bas el des pièces d'élamine. 1 u ballot de 2. 400 paires de bas valait, en moyenne, de 1.000 à 1.300 florins.

Mais encore convient-il d'ajouter que l'immense effort pécuniaire, dont ces pays furent sollicités, ils le donnèrent ; toutes les sommes, qu'on exigea d'eux, ils les payèrent, et tous les sacrifices matériels, ils les firent. C'est qu'au fond, leur richesse était grande et que leur commerce n'avait besoin que d'une chose pour fleurir : la paix. En fin de compte et malgré tant de traverses, la politique de M. Colbert porta d'heureux fruits : de nouvelles manufactures s'établirent, qui, par la suite, prospérèrent ; le trafic s'établit par et avec la France 1 et les pays cédés purent apprécier, pendant le xvmme siècle, ces excellents résultats, alors que tout le reste des Pays-Bas resta plongé, au point de vue commercial, dans un profond marasme.

1. On sait que l'un des principaux désirs de M. Colbert était d'attirer dans les pays conquis, certaines manufactures étrangères. A l'inverse, les ennemis faisaient mille promesses, pour débaucher nos ouvriers et artisans et les attirer chez eux. Y réussirent-ils ? On peut répondre : incontestablement non. Il n'y eut, en Flandres, sous Louis XIV, aucune désertion en masse ou émigration d'artisans ; il y eut des chômages et, au plus mauvais moment, un exode de quelques individus. — Quant aux commerçants et bourgeois, ils restèrent tous dans les pays cédés ; ils menaçaient parfois d'émigrer, à l'occasion de certains impôts, qui frappaient particulièrement leurs manufactures, comme les teinturiers de Tournay en 1679 ; mais aucun n'émigra. — Si j'affirme qu'il n'y eut aucun mouvement d'émigration, ce n'est pas en vertu des textes, mais en l'absence de textes prouvant qu'il y en ait eu un ; c'est une menace souvent agitée par les Magistrats et les corps de marchands, parce qu'elle avait le don de faire réfléchir le gouvernement de Louis XIV ; mais on peut croire que s'il y avait eu un mouvement important d'émigration, on en trouverait des traces dans les plaintes des Magistrats, les mesures gouvernementales et, simplement, dans la correspondance quotidienne de l'intendant. Or, M. Le Peletier ne parle pas du départ des ouvriers et, en ce qui concerne la classe bourgeoise, il dit que les seuls mécontents, qui témoignèrent leur mécontentement en s'en allant, furent quelques fils de famille, ne possédant rien par eux-mêmes, qui prirent du service dans les armées d'Espagne.

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