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malheureusement, les fossés n'étaient pas en état, que les bateaux pussent couler tout autour de la place et l'on ne pouvait rien y faire, avant que les fondations ne fussent entièrement achevées. On continua donc à amener les briques par charrois au centre des bastions, d'où les manœuvres les transportaient par brouettes sur les ateliers. Par la suite, en juin 1669, M. de Vauban trouva l'expédient de faire la communication du rivage avec les fossés de la citadelle par le moyen d'un petit canal, qui ne coûta pas 200 florins et fut d'une grande épargne non seulement pour la voiture des briques, mais encore pour celle des grès et même du bois.
La voie d'eau fut utilisée pour les carrières d'Esquermes, qui n'étaient éloignées de la Haute-Deûle que de 200 toises. Il est vrai que, pour transporter les parpaings par le canal, la difficulté ne venait pas de l'éloignement de la rivière, mais de la différence du niveau des eaux de cette rivière et des fossés de la citadelle. Voilant prétendait que, si l'on faisait un canal allant de cette rivière dans les fossés, la contrescarpe serait entièrement noyée. On chercha donc des remèdes à cela ; l'ingénieur qui avait soin des nouvelles carrières et qui était très bon géomètre, M. de Chazerat, examina la situation. Voilant proposait de faire un canal, dont la dépense monterait à 10.000 florins, mais qui pei mettrait de voiturer les parpaings à proportion de 20 patars seulement le cent ; il voulait abandonner les carrières de Lezennes et mettre tous les ouvriers à Esquermes. Le 10 décembre, M. de Vauban arriva à Lille et approuva les desseins de Voilant ; on se mit donc à travailler au canal et à la chaussée nécessaire, pour conduire des carrières à ce canal ; le 16, l'ouvrage était en route et M. de Vauban, satisfait, repartit à Ath. Le canal et le chemin pavé devaient être terminés le 15 janvier, mais ne devaient être utilisés, que quand les fondations seraient achevées et que les bateaux pourraient entrer dans le grand fossé de la citadelle. C'est le 20 mars qu'on commença à voiturer. des parpaings par ce canal ; on aurait pu en voiturer jusqu'à 30.000 par jour, mais les carieurs n'en fournissaient que 15.000.
Les travaux.
Les fondations. — Après avoir dit comment on se procurait les matériaux et comment on les voiturait, il me faut expliquer comment on les mettait en œuvre.
Le 20 juillet, on était déjà en train de revêtir le corps de la place, dont on avait ouvert les fondations le 1er dudit mois ; tout ce revêtement devait être de brique et M. de Louvois avait présent de n'employer des parpaings et du moilon blanc, que pour les fondations du revêtement et des éperons ; mais M. de Vauban jugea qu'il n'était pas indispensable de faire en briques l'épaisseur entière du mur, ce qai aurait coûté 26 florins la toise, alors qu'avec un tiers de brique et deux tiers de parpaings, le prix n'en était plus que de 19 fl. 10 pat.
On poussait toutes les fondations, aussi activement que le temps le permettait. M. Le Peletier s'était occupé de trouver des ouvriers et, le 2 août, il avait conclu un marché avec un entrepreneur, pour l'excavation des terres, aux endroits où l'on prétendait commencer de nouvelles fondations. Dix jours après, les dites terres étaient excavées et l'on se préoccupait de mettre toutes les fondations hors d'état de ne pouvoir plus être endommagées par les injures de la saison. Une partie des ouvrages était même déjà quelques pieds hors de terre et l'on était décidé à ne commencer à élever, que lorsque la saison ne permettrait plus de fonder. A la mi-septembre, la moitié du corps de la place était fondée et il y avait même déjà 5 rangs de grès posés aux deux faces du bastion de Turenne. Le 4 octobre, 8 rangs de grès étaient posés partout et la muraille était élevée par derrière au-dessus du soubassement. On ne fit pas de fausse braye, parce qu'on aurait trouvé beaucoup trop de difficulté à la revêtir.
On travailla ensuite à élever le derrière des murailles et à achever la contremine et, pour profiter du beau temps de l'arrière-saison, on fonda le reste de la courtine du bastion du Roi ; au bastion du Dauphin, on entreprit les fondations de la
demi-courtine, depuis la porte de secours jusqu'au bastion d'Humières. Le 20 octobre, M. de Va Liban arriva à Lille et fut surpris de l'avancement des ouvrages : il ne restait plus à fonder qu'une partie de l'angle de l'épaule du bastion du Roi ; l'ingénieur en chef fit voir à Montgivrault le cours qu'il comptait faire prendre à la rivière, pour la sûreté de la citadelle et la commodité de la ville.
Le bon plaisir de M. de Vauban. — M. de Vauban n'était pas venu à Lille depuis le 14 août ; encore n'avait-il fait que passer, se rendant à Dunkerque. Mais son court passage avait été le point de départ d'un incident. Il avait dit à Voilant qu'il voulait que le pénultième rang de grès formât un soubassement tout autour des ouvrages, — ce qui devait donner un petit ornement. Mais Voilant estimait que cela nuirait beaucoup à la solidité, parce que les eaux coulant du haut du glacis le long du talus de la muraille resteraient sur ce soubassement, mangeraient le mortier et, s'insinuant ensuite dans l'épaisseur des grès, causeraient des éboulements dans le fossé. Quand M. de Vauban connut qu'au lieu de lui obéir, on élevait des objections, il répliqua qu'il ne s'agissait pas de raisons et qu'il voulait que cela soit ainsi : le digne ingénieur établissait à son profit la loi du bon plaisir. Quant à Voilant, il se mit à trembler et craignit d'être disgracié, pour avoir été si haidi que de dire son avis ; il savait, par expérience, que MM. les ingénieurs n'avaient pas ordinairement l'humeur très douce. Mis au courant de l'affaire, le ministre écrivit à M. Le Peletier : « Le Roi s'étant remis avec » beaucoup de raison au sieur de Vauban de la conduite des » travaux de toutes les places de Flandres, l'on doit faire exécu- » ter son sens en toutes choses, sans souffrir que les subalternes » en parlent davantage, après que sur leurs remontrances il a » décidé. » En conséquence, l'intendant assura le ministre que la volonté de M. de Vauban serait faite au sujet du soubassement ; mais il faut croire que l'argumentation de Voilant était persuasive, car, une semaine après, M. Le Peletier écrivait encoie, qu'il appréhendait que l'eau coulât dans les jointures et il ajoutait que, pour tailler les grès ainsi que le voulait M. de Vauban, il faudrait non des caris, qui n'étaient pas assez longs, mais des
boutis, qui coûteraient plus cher à tailler. M. de Louvois mit fin à l'incident par la dépêche suivante : « Je vous ai prié de ne » pas souffrir qae l'on contredit Vauban en quoi que ce soit au » monde et de le faire obéir par tous ceux qui travaillent aux » fortifications ».
Les travaux d'hiver. — En venant à Lille en octobre, et pour profiter du beau temps qui durait plus qu'il n'aurait osé l'espérer, M. de Vauban prit la résolution de continuer de fonder coffre à coffre, tant que la saison le permettrait. Ainsi on fonda 5 coffres au flanc du bastion d'Humières et 3 à la face du bastion du Roi. Il y avait deux sortes de coffres : les plus grands, qui étaient entre deux éperons, contenaient 15 pieds de long sur 16 de large ; les petits, qui étaient vis-à-vis des éperons, n'avaient que 10 pieds de long sur 15 de large.
Le ministre, qui était venu à Lille à la fin de l'été, avait exprimé le désir que, l'année prochaine, on pût élever les casernes et bâtir l'arsenal. Vauban ni Voilant ne croyaient pas que la chose fût possible. Mais, pour faire diligence, Montgivrault et Voilant avaient conçu le projet d'achever entièrement les fondations à six pieds de hauteur, en dépit de l'hiver. M. de Vauban ne les désapprouva pas ; en effet, la plus grande difficulté des fondations venait du sable bouillant, qu'on avait de la peine à contenir et que les eaux rendaient encore plus capricieux ; aussi fondait-on plus aisément pendant la gelée qu'en mars ou avril, époque où les eaux sont abondantes. Il est vrai que la gelée causait d'autres difficultés, relatives à l'excavation des terres et à la nature des parpaings. Du reste, dès le début de novembre, le temps se mit à la pluie et il fallut renoncer à fonder continuellement, tant par l'incommodité des chemins que par l'impossibilité d'épuiser les eaux en beaucoup d'endroits. Néanmoins, le 20 novembre, M. Le Peletier conclut un nouveau marché avec les entrepreneurs de la maçonnerie ; il leur avait proposé d'augmenter d'un sol le prix de la verge et d'en donner 51 patars au lieu de 50 ; mais les entrepreneurs aimèrent mieux rabattre d'un sol et ne recevoir que 49 patars, à condition de ne plus être chargés de l'excavation des terres. Pour les coffres,
ils les faisaient faire et fournissaient tout le bois pour 25 florins par chaque coffre de 15 pieds.
En outre, l'intendant arrêta l'état des dépenses pour l'année 1668, l'exercice finissant au 1er novembre, ainsi qu'il était d'usage.
Un bon maçon : Simon Voilant. — Simon Voilant, dont le nom est mêlé à l'histoire de tant de travaux publics et particulièrement de la citadelle de Lille, appartenait à une famille de maçons lillois. On désignait, sous ce vocable de « maçons », non seulement des entrepreneurs de maçonnerie, comme Faucille, qui était l'un des principaux de la ville, mais même des architectes ; Simon Voilant fut plutôt architecte qu'entrepreneur. Son père était maître maçon et son grand-père, né à Linselles, village de la châtellenie, acheta la bourgeoisie de Lille en 1626, après avoir été doyen du métier pendant 46 ans. Simon était né à Lille en 1623 et fut lui-même doyen du métier depuis 1648 jusqu'en 1659. La conquête française lit sa fortune. M. de Vauban et M. de Louvois eurent vite fait de l'apprécier et l'employèrent d'abord à la citadelle ; en avril 1668, il fut nommé ingénieur et architecte du Roi.
Ses mérites sont connus et mon intention n'est point de les diminuer : la citadelle et la porte des Malades parlent assez pour lui. Mais il me faut faire connaître quelques-uns de ses défauts, par impartialité d'abord et puis parce que ses aventures fournissent sur son époque des éclaircissements singuliers.
Voilant avait la plus détestable humeur du monde ; très jaloux d'autorité, opiniâtre comme un vrai Flamand et vindicatif à un point que l'on n'imagine pas, il avait encore la véritable manie de la persécution. Voici la lettre qu'il écrivit à M. de Louvois, le 20 mars 1669, et que je transcris sur l'autographe, au sujet de parpaings gâtés par la gelée : « ... Comme » nous faisions la revue de la première carrière, nous trouvâmes » une grande disproportion au compte ([n'en avait fail le sieur » Chazarat ; ne pouvant s'empêcher à témoigner le méconten- » tement qu'il en avait, étant arrivé à la deuxième carrière, » il se prit à crier tout haut, présents les soldats : o Et à ces » soldats-ci, combien leur voulez-vous donner pour l'intérêt
— le. —
» que la gelée leur a causé ? » Les soldats voyant que leurs » intérêts étaient soutenus si fortement et publiquement, ils » se sont mis à me quereller et à me dire mille injures, tellement, » qu'à l'heure qu'il est, je cours risque de ma personne, ne » pouvant sortir du logis en sûreté. Et les soldats, non contents » des injures qu'ils me donnèrent, abandonnèrent tout leur » travail et obligèrent tous les autres carrieurs paysans travail- » lant à Esquermes à se retirer, en les chassant à coups de » pierres..... Pardonnez-moi, Mgr, si je prends la liberté de vous » dire (quoique je sois un vassal de S. M., conquis depuis un an » et demi), je n'ai pas moins de fidélité pour Elle, que l'un des » plus fidèles serviteurs de son royaume, et que tous mes soins » et actions n'aboutissent à autre fin, qu'à la fidélité de son » service... Depuis trois jours, on n'entend que des déclara- » tions abominables contre moi, si avant que le sieur Chazarat » me menace de coups de bâton. » Le ministre faisait le plus grand cas de Voilant, tellement que, lorsqu'il y avait une observation à lui adresser, il recommandait à M. Le Peletier de la lui faire doucement, afin de ne le pas affliger ; en outre rien ne pouvait causer un plus grand déplaisir à M. de Louvois, que d'apprendre le désordre des travaux de la citadelle et l'indiscipline des soldats. Aussi écrivit-il incontinent à l'intendant de réprimander très sévèrement l'ingénieur Chazerat et même de le menacer de prison ; quant aux soldats, s'ils faisaient la moindre insulte à Voilant, il fallait les faire pendre *. M. Le Peletier fut très surpris qu'une telle bagatelle ait fait tant de bruit ; la chose lui avait paru si peu importante, qu'il n'en avait même pas rendu compte ; mais il répondit clairement que Chazerat n'avait pas tant de torts que Voilant le prétendait. M. de Chazerat était un gentilhomme d'Auvergne, plus riche de titres que cl'écus, qui, étant lieutenant réformé de cavalerie, s'était fait recevoir ingénieur ; il commença à correspondre directement avec le ministre à partir du 7 février 1669 2, ce qui montre que
1 . A la réflexion, le ministre jugea sans doute la chose un peu dure; il ratura le mot « pendre » et écrivit : « punir ».
2. La correspondance de Louvois et de Chazerat se trouve à la Bibl. de Clermont-Ferrand. — Extraits analytiques publiés par Ciiotard, 1 vol. Paris, Pion.
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son rôle était de quelque importance. Voici ce qui s'était exactement passé : sitôt que la gelée eût endommagé les parpaings, Chazerat en fit la visite avec un maître carieur et trouva que le compte des parpaings gâtés montait à 18.000. Voilant, « à qui Chazerat n'avait pas le bonheur de plaire », examina à peine la chose et dit qu'il n'y en avait pas 3.000. En voyant cette disproportion, M. Le Peletier intervint et obligea Voilant et Chazerat à aller encore de carrière en carrière avec le chevalier de Montgivrault ; ils s'échauiïèrent l'un contre l'autre et se dirent des choses fâcheuses. Dans le fond, Voilant s'écartait plus de la véiité que Chazerat ; mais il prétendait ne considérer comme gâtés que les parpaings entièrement réduits en poudre et non pas ceux qui n'étaient que brisés ; il disait que ces pierres étaient si mal taillées, qu'il les aimait autant en moilons qu'en parpaings. En tous cas, il s'agissait d'une perte de 200 il. et l'intendant, bien que s'appliquant à ménager l'argent du Roi, pensait justement qu'il fallait mieux perdre cette petite somme, que de dégoûter et rebuter les ouvriers, en leur laissant supporter la perte. — « La véritable source de tous ces petits différends, » ajoutait M. Le Peletier, est la jalousie et la défiance continuelle » de Voilant. Il croit que tout le monde lui rend de mauvais » offices auprès de vous, qu'on veut le supplanter et mettre une » autre personne à sa place et ces visions lui entrent si avant » dans l'esprit qu'elles l'abattent et le rendent malade. Cepen- » dant, vous devez être persuadé de sa capacité par le témoi- » gnage que vous en a rendu M. de Vauban. Je crois pouvoir » de ma part vous répondre de sa probité, de sa fidélité et de » ses bonnes intentions. Ainsi c'est un homme qu'il faut ména- » ger et à la faiblesse duquel il faut compatir. Je prendrai la » liberté de vous dire qu'il serait au désespoir, s'il savait que » vous m'eussiez fait l'honneur de me renvoyer sa lettre et qu'il » est dans une extrême inquiétude de n'avoir point reçu de » réponse. Ainsi il serait à propos qu'en lui faisant réponse, » vous lui marquassiez seulement (pie comme la justification » de ses plaintes dépend de la connaissance de beaucoup de » détail, il doit s'adresser à M. le mal d'Humières et à moi et » que nous le maintiendrons dans l'autorité que vous voulez » qu'il ait pour le bien du service. »
Il est tout de même heureux pour Chazerat, que M. Le Peletier ait éclairé le ministre avec son équité coutumière ; car le pauvre ingénieur pouvait, du fait de Voilant, perdre sa place. Du reste, au mois de juillet ensuivant, Chazerat, qui avait 100 livres d'appointements, eut dès lors 40 écus et, en 1670, il fut envoyé à Douay, dans un poste important.
A Menin, dont il dirigeait la fortification en 1680 1, il eut de semblables démêlés avec un autre ingénieur, nommé Champenois, sur la qualité de la chaux qu'on y recevait. Il se prétendit maltraité par le nommé Baudouin, l'un des entrepreneurs de ces ouvrages, avec qui cependant le ministre l'accusait d'être trop d'intelligence ; il est vrai que M. de Louvois prenait toujours sa cause en mains: «Faites mettre Baudouin en pri- » son, commanda-t-il à l'intendant, et faites lui payer une » amende de 500 fl. applicable aux religieux mendiants de » Lille », et, en outre, le pauvre Baudouin dut encore demander publiquement pardon à Voilant. Il se plaignit même de M. le maréchal d'Humières, sur quoi l'intendant écrivait : « Comme » il sert très utilement le Roi et que sa capacité et sa fidélité » doivent faire excuser les mauvaises qualités qu'il peut avoir » d'ailleurs, je crois qu'il est bon que vous ne fassiez pas sem- » blant d'être informé de cela et que vous ayiez la bonté de » lui mander qu'il a tort de se mettre dans l'esprit que M. le » maréchal d'Humières lui veuille du mal. » Il souffrait même, à l'en croire, des persécutions de l'officialité ; or c'est lui qui, entretenant chez lui une créature, avait obligé sa femme à se retirer dans un couvent et à faire quelques procédures, du reste non poursuivies, devant la justice ecclésiastique.
Voilant avait l'esprit naturellement très lent, mais aussi il était parfaitement négligent et paresseux. Il faut ajouter qu' «il » ne savait pas tout à fait si bien le français que MM. de l'Aca- » demie » et qu'il faisait tant de fautes dans ses devis, que M. Le Peletier devait les corriger, avant de les faire imprimer. On sait que M. de Louvois l'avait fait nommer argentier de la ville de Lille ; mais il négligeait tellement le service de la ville, que le Magistrat en était chagriné et s'aigrissait contre lui.
1 . Cf. le chapitre de cet ouvrage consacré aux fortifications de Menin.
ÉCI SSON l>i: l.\ PORTE DE L'ARSENAL, 1670
En 1678, l'intendant dut le menacer de mettre garnison chez lui, pour l'obliger à rendre les comptes et, le jour où ceux-ci furent arrêtés par les commissaires du Roi, il ne daigna même pas venir à l'hôtel de ville ; cela ne l'empêchait pas de se représenter comme une victime du Magistrat. Il arriva qu'en 1679, le Magistrat ne put achever de fournir les 20.000 écus qui lui avaient été demandés l'année précédente pour la fortification et cela parce que Voilant avait oublié d'en parler : « Envoyez-le quérir, commanda » cette fois le ministre et gourmandez-le fort. » Sa négligence était aussi grande en ce qui concernait les travaux militaires ; on le vit bien pour les ouvrages de Menin, où l'on ne pouvait achever, par sa faute, les bâtiments de l'état-major et des prisons : « Il » n'a jamais été en mon pouvoir, avouait M. Le Peletier, d'obli- » ger Voilant à faire des devis et à donner des dessins ou des » modèles aux ouvriers », et M. de Louvois, qui avait si souvent montré tant de patiente bienveillance, finit par dire : « Le Roi » est las de voir son service retardé par le caprice du sieur » Voilant », et il donna l'ordre de le faire mettre en prison, s'il ne fournissait pas sans tarder aux ingénieurs les plans, devis et profils qui leur étaient nécessaires. Voilant, dont on connaît la crainte de déplaire aux grands et de perdre ses places, fit alors une chose, qui ne l'honore pas du tout ; il déclara que si les toisés de Menin n'étaient pas prêts, ce n'était pas sa faute, mais celle de son gendre, le sieur de Valory. — « Je m'aperçois, » écrivait M. de Souzy, que depuis le beau mariage qu'il a fait, » il cherche à faire des affaires à ce jeune homme, qui cependant » me paraît sage et appliqué. » Simon Voilant, devenu veuf, venait en effet de se remarier, le 8 juillet 1681, à l'âge de 58 ans, avec Melle Marguerite Haccou ; et il avait si bien manœuvré contre Charles-Guy de Valory, son gendre, que le ministre avait donné ordre de lui retirer le poste d'inspecteur qu'il avait à Menin et n'était revenu sur sa décision qu'à cause du billet suivant de M. Le Peletier : « Je ne sais point en quoi il peut » avoir failli ; mais je suis obligé de vous dire que c'est un jeune » gentilhomme capitaine réformé, fils de feu Valory, capitaine » des portes de Lille, qui a servi d'ingénieur les deux dernières » campagnes et de qui j'ai ouï M. de Vauban parler avantageu- » sèment ; son père, qui est mort depuis peu, a laissé 10 ou
» 12 enfants et je ne crois pas qu'ils aient du pain. » Guy de Valory fit du reste une belle carrière : il devint lieutenantgénéral et grand croix de l'ordre de Saint-Louis.
C'était l'époque où les fortifications de Menin semblaient troubler quelque peu les bureaux de la guerre ; l'on y soupçonnait et l'on y gourmandait un chacun : les entrepreneurs, les ingénieurs et M. Le Peletier lui-même. Simon Voilant en eut sa part ; les ouvrages qu'il avait faits à la porte de la Madeleine, à Lille, avaient dépassé son devis de 7.884 fl. et un pareil mécompte avait fort indisposé contre lui le ministre. A ce moment il reçut avis d'un voyage assez mystérieux, qu'avait fait Voilant ; celui-ci avait été quinze jours à Lille sans aller à Menin, malgré les ordres ministériels ; puis il était parti prétendument pour Liège et s'en était allé à Anvers, où il avait séjourné trois jours ; il avait mené avec lui son frère, maçon à Lille, qui s'était habillé en officier ; d'Anvers, il s'était rendu à Liège, où il était demeuré trois autres jours, sortant quasi toujours la nuit sans autre compagnie que celle de son frère; et enfin il était allé deux jours seulement à Spa, sans y faire aucun remède, alors que c'est pour guérir une prétendue maladie qu'il était parti aux eaux de Spa. Tout cela n'était pas clair et le ministre soupçonnait bien Voilant d'avoir fait passer à l'étranger une importante somme d'argent. — «Je vous prie » de le faire discourir, écrivit-il à M. Le Peletiei, sans lui témoi- » gner aucune méfiance. » L'intendant le fit et eut même la curiosité de faire visiter les livres des banquiers, pour connaître si l'on avait remis quelque somme bien considérable de Lille à Anvers ; il ne trouva rien et répondit que c'était « l'effet de » quelque haine secrète ou peut-être de la vengeance des entre- » preneurs de Menin, qui sont persuadés qu'il leur nuit en tout » ce qu'il peut » ; sur quoi M. de Louvois confessa : « Je ne crois » pas que les gens qui m'ont donné avis du voyage du sieur » Voilant soient fort de ses amis ; mais il est juste de profitei » des haines des particuliers pour le service du Roi. » Quoiqu'il en soit, l'affaire ne mit qu'une seule chose en lumière : la probité de Voilant. Sa « capacité » et sa « fidélité », comme disait M. Le Peletier, voilà les deux vertus qu'on ne saurait retirer à Voilant ; ce fut, pour le surplus, un assez vilain bonhomme.
LA PORTE DK SECOl RS
PON I I i:\ [S DE\ WT I \ PORTE DE SECOl RS
Les marchés et les travaux en 1669. — En février 1669, l'intendant fit un marché pour tout ce qui restait de terres à excaver, à raison de 3 florins la scafe. MM. des Etats qui, selon l'ancien traité conclu avec M. Charnel, étaient chargés de ces frais, avaient offert, l'année précédente, 4 florins au même entrepreneur, qui avait refusé de conclure à ce prix. — « Cela vous » fait voir que je ne me suis pas trompé, disait M. Le Peletier, » lorsque je vous ai dit que le Roi seiait beaucoup mieux servi » et à bien meilleur marché qu'eux. » Cet entrepreneur s'appelait Champagne ; il était presque continuellement à Ath, où il avait un autre marché à exécuter. A Lille, il y avait plus de 500 ouvriers occupés à excaver les terres, à quoi il faut ajouter plus de 600 soldats employés au même ouvrage.
On continuait de fonder coffre à coffre. En avril, on acheva la face droite et la courtine du bastion du Roi et, le 28, toutes les fondations étaient achevées.
M. de Vauban n'avait pas paru à Lille depuis six mois ; aussi l'intendant écrivait au ministre : « Il serait à propos que vous » ordonnassiez à M. de Vauban de revenir ici de temps en temps, » pour y donner ses ordres, qui seront d'autant plus nécessaires » que, Voilant se portant mal et n'étant pas en état d'agir, » nous n'avons personne qui puisse avoir l'œil à la conduite » de la maçonnerie », à quoi M. de Louvois fit cette réponse : « Le sieur de Vauban étant à Ath, il pourra, toutes les fois » que vous le jugerez à propos, se rendre 24 heures à Lille, pour » décider toutes les difficultés qui se présenteront. » Le ministre vint du reste, lui-même, en mai 1669, visiter les travaux, dont il ne cessait de prendre un soin ponctuel : il s'intéressait aux moindres détails, se faisait précisément renseigner sur tout, écrivait de longues lettres qui se terminaient ou se résumaient ainsi: «Mandez-moi si j'ai bien ou mal raisonné; » montrez cette lettre au sieur de Vauban, lorsqu'il passera » à Lille et cependant écrivez-moi, je vous en supplie, le sen- » timent de Voilant. » On conçoit que tous les subalternes avaient à cœur de se montrer dignes d'un pareil chef.
Dans le même temps, Jurent conclus des marchés pour le charbon, la pierre et la chaux.
Le charbon était nécessaire pour cuire de la brique et de la
chaux. Il est vrai qu'on aurait pu le remplacer par du bois ; mais Voilant fit remaïquer qu'on ne pourrait faire une aussi grande quantité de briques et que cela coûterait le double plus cher ; et, d'autre part, tous les bois du pays appartenaient à des sujets d'Espagne. Néanmoins il y avait de la difficulté à se procurer du charbon ; en juillet 1669, M. Le Peletier avait un marchand à Saint-Ghislain, qui faisait le chargement ; un autre à Condé, pour fa'ire le passage et un troisième à Tournay pour la réception ; la marchandise arrivait par l'Escaut jusqu'à Tournay, mais lentement à cause de la baisse des eaux ; puis on l'amenait à Lille par chariots. M. Le Peletier fit si bien, qu'à la fin de l'année, on avait en provision 20.000 razières de charbon à cuire chaux et 18.000 à cuire briques : quantités qui devaient suffire pour toute l'année 1670.
La pierre était nécessaire pour faire le cordon de la citadelle ; on ne pouvait le faire de pierre noire, laquelle était fort cassante. M. de Vauban envoya Voilant entre Oudenarde et Gand, pour y acheter une pierre très dure, qui se tirait de là ; mais Voilant revint sans rien conclure, ayant trouvé qu'on ne pourrait tirer la pierre de ce côté-là avec assez de diligence ; aussi fût-on obligé de se servir de pierre d'Anzin, qui se tirait auprès de Valenciennes ; elle revenait à 20 patars le pied courant taillé et il en fallait 6.500 pieds.
Quant à la chaux, elle était fournie par le sieur Cambier, qui avait passé un marché avec l'intendant.
Au mois de juin, le soubassement était posé partout et l'on travaillait de brique au-dessus des grès en plusieurs endroits. En septembre, 3 bastions et toutes les courtines étaient au. cordon ; il restait encore à élever les bastions du Dauphin et de Turenne.
Dans le même temps, on cherchait des entrepreneurs pour les demi-lunes ; mais il fallait leur fournir le parpaing, le charbon et la brique à un certain prix et demeurer chargé de la plupart des faux frais ; on n'aurait été débarrassé que de l'excavation des terres, de l'épuisement des eaux et des coffres. Le marché fut conclu, le 9 octobre, mais seulement pour le revestissement des demi-lunes ; M. Le Peletier traita avec les plus
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riches et les plus habiles des maçons de la région, à raison de 15 fl. 15 p. la verge de 100 pieds en briques ; il y avait bien d'autres maçons, qui auraient entrepris l'ouvrage à 14 et même à 13 fl. la verge ; mais c'étaient des misérables qui n'auraient jamais pu soutenir cette entreprise et qui se rendaient suspects par le trop bon marché qu'ils voulaient faire. Même à 15 florins, M. de Vauban et Voilant, qui entendaient tous deux parfaitement bien la maçonnerie, prétendaient que le marché était plus avantageux pour le Roi que pour les entrepreneurs. Il devait y avoir 5 demi-lunes et l'on y mit aussitôt 300 ouvriers ; dès le 15 octobre, on mit bas les eaux du grand fossé et l'entrepreneur commença les fondations.
Au printemps de la même année 1669, on s'était mis à fonder les casernes, à l'intérieur de la place, que M. de Vauban projetait de faire élever à l'automne. Le travail avança fort et quand M. de Louvois, se rendant à Dunkerque, passa à Lille au mois d'octobre, il put voir qu'on posait la charpente et que les couvreurs suivaient les charpentiers pas à pas, pour couvrir à même que la charpente était posée. Il devait y avoir 3 corps de casernes : le 15 décembre, 2 corps étaient entièrement élevés et couverts ; le troisième corps ne fut élevé qu'en août 1670. Les tuiles, qui couvraient ces bâtiments, ne s'attachaient pas avec des clous, comme cela se pratiquait en France, mais avec du mortier et de la chaux, ce qui empêchait le vent de pénétrer aussi aisément.
Le service des fonds. — Ces achats de matériaux et le paiement de tant d'ouvriers coûtaient fort cher ; la dépense allait extrêmement vite et, en décembre 1669, M. Le Peletier estimait à 15.000 fl. la dépense de chaque semaine. C'est M. de Louvois qui envoyait les fonds ; ceux-ci venaient de deux sources : ou bien du trésor de l'extraordinaire des guerres, ou bien d'un banquier nommé Sadoc, dont le correspondant à Lille était un sieur Duberon. Aucun paiement, si minime fût-il, ne pouvait être effectué que par ordre de l'intendant ; M. Pastoureau, trésorier de l'extraordinaire, avait à Lille un commis, qui assurait le détail des paiements et touchait 100 fl. d'appointements par mois.
L'argent n'était pas toujours aussi abondant qu'il eût été souhaitable. — « Il y a de la cruauté à nous refuser des fonds » dans le temps que nous travaillons avec plus de chaleur, » écrivait M. Le Peletier le 27 décembre 1669. Nous devons » beaucoup d'argent à nos marchands de charbon, à l'entre- » preneur des voitures et je suis réduit à en emprunter » pour payer dimanche les dépenses de cette semaine. » L'intendant, qui heureusement avait bon crédit en ville, en était souvent réduit aux expédients et il s'arrangeait pour avoir toujours de quoi entretenir les ateliers. — « J'espère, écrit-il certain » jour, que les Etats me remplaceront 5 à 6.000 florins pour » les frais du canal et de la chaussée d'Esquermes : c'est la » dernière corde que j'aie à mon aie. » Le ministre envoyait quelquefois jusqu'à 200.000 fl. d'un seul coup, mais le plus souvent n'en expédiait que 20 ou 25.000 à la fois. Ce manque de fonds ne fut pas tel, que les travaux de la citadelle languirent ; mais ceux qui en connurent le fâcheux effet, ce furent les propriétaires des fonds expropriés, qui, bien que dépouillés d'un revenu considérable, n'étaient nullement dédommagés en 1670 ; ils murmuraient fort et, étant donné la disette d'argent, M. Le Peletier ne voyait qu'un expédient, pour les satisfaire : c'était d'arbitrer le montant du dédommagement et d'en payer l'intérêt jusques à ce qu'on fût en état de payer le principal. L'intention était bonne, mais ne fut pas mise à exécution et les propriétaires continuèrent à attendre.
Les travaux à partir de 1670. — Au mois d'avril 1670, en prévision du voyage que S. M. devait faire en Flandres, on coupa les bois et les haies aux environs de la citadelle ; on laissa seulement quelques arbres et jardinages du côté d'Esquermes, parce qu'ils étaient suffisamment éloignés et situés de l'autre côté de la rivière. Le Roi arriva à Lille le 8 mai, escorté de 2.900 maîtres de la gendarmerie, de 400 dragons et de 1.100 chevaux-légers ; toutes ces troupes campèrent sous la ville, sur le terrain situé depuis la Basse-ville Notre-Dame jusqu'à Esquermes, qui était le plus uni et le plus commode pour camper ; la plupart des terres étaient plantées de colza, qui avait gelé pendant l'hiver et le dégât fut peu considérable ; on avait
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fourni aux troupes de quoi faire une hutte de paille de 7 pieds de long sur 5 1 /2 de haut et par 4 cavaliers. S. M. visita les ouvrages de la citadelle et se déclara très satisfaite 1.
On avait fait un aqueduc, dont la dépense monta à 38.000 fl., mais qui n'empêcha pas que l'on mit de l'eau dans le fossé ; au mois d'avril, on dressa le pont et, en août, les portes et toutes les casernes fuient achevées. Les Etats de la province avaient montré leur zèle en fournissant, sans que rien les y obligeât, 250 pionniers ; ils le firent sur l'assurance donnée par l'intendant que « ce n'était point par ordre de la Cour et que cela ne tirait » pas à conséquence. »
Le 15 août, toutes les demi-lunes étaient à hauteur du cordon ; M. de Vauban décida qu'on ne les ferait pas plus hautes et il supprima le cordon et le parapet, - — sauf pour celle qui regardait la ville et celle qui, située à l'opposé, couvrait la porte de secours. On acheva ensuite le parapet de brique tout autour de la place, puis on travailla au parapet de terre et à la banquette. Il fallut aussi songer à faire les guérites, pour lesquelles on employa des pierres d'Avesnes ; à égaler le terre-plain, enfin à terminer deux corps de logis l'un au-dessus de la porte de secours, l'autre au-dessus de la porte d'entrée.
Dès le mois d'août, M. Le Peletier prenait des mesures pour ramasser la quantité d'arbres nécessaires, pour planter autour des remparts ; il en fallait 2 rangs sur le terre-plain et 3 sur le talus intérieur. M. le maréchal d'Humières opinait à planter des tilleuls, qui viendraient rapidement et donneraient une ombre agréable ; mais on jugea plus utile de choisir des ormes. En septembre, on ouvrit les trous et, en fin octobre, on planta les arbres à 12 pieds les uns des autres. M. de Vauban avait décidé de planter 4 rangées d'ormeaux : 2 sur le terre-plain du rempart, une au milieu du talus intérieur et une au pied, dans le centre du bastion. En outre, on planta 2 haies de charmes,
1 . Louis XIV passa encore à Lille Tannée suivante (avril 1671), en venant de Dunkerque. Mais cette fois, le Roi voulut faire ce voyage sans aucune dépense pour ses peuples ; il fut reçu sans cérémonie de la part du Magistrat et sans aucune harangue des compagnies tant ecclésiastiques que séculières.
qu'on ne devait laisser monter qu'à hauteur d'appui, l'une sur le bord du terre-plain, l'autre au pied du talus. Et enfin, M. de Vauban prétendait faire une espèce de petite forêt du talus et y planter des chênes, des bouleaux et des bois en confusion ; mais M. de Louvois, qui s'intéressait beaucoup à ces questions, ne voulut pas souffrir qu'on plantât des bois mêlés ensemble, par la connaissance qu'il avait que le bois blanc venant plus vite que le bon bois, l'étoufîerait ; «j'y défends, » ajouta-t-il, le bouleau, qui ne pourrait faire aucune fascine » et ne serait bon qu'à faire des ballets (sic) dans la ville. » Un nommé Perraut prenait soin des arbres et reçut pour ce fait une gratification de 300 fl.
Les corps de garde de la porte d'entrée furent en état et l'on y mit la garde à partir du 15 octobre. Puis, les casernes étant prêtes, on y fit entrer, le 20 décembre, 3 compagnies du régiment de Picardie, qui était, on le sait, l'un des quatre vieux régiments ; 3 autres compagnies du même corps furent désignées pour y monter la garde, tout en demeurant dans la ville. Le Roi fournit à ses dépens les chandelles et tourbes pour les corps de garde ; et le sieur de la Vercantière reçut un sol par jour et par soldat, pour pourvoir au chauffage des casernes. A partir du 15 février 1671, les trois compagnies de Picardie, qui logeaient encore en ville, allèrent rejoindre les autres à la citadelle et l'on y mit au 1er mai une compagnie suisse. A partir de l'hiver 1671, les soldats de la garnison recevaient un sol d'augmentation par jour pour leur chauffage pendant trois mois et M. Le Peletier avait ordre de tenir la main à ce qu'ils touchent effectivement ce sol et à empêcher que les capitaines ne l'appliquent à leur profit. Le sieur des Rogers devint major de la citadelle et le sieur de Laborie aide-major. Le capitaine des portes fut le sieur de Brignolle, marié avec la fille de Verly, qui fournissait des remèdes aux hôpitaux ; à Brignolle succéda le sieur Cousturier. Le premier lieutenant de Roi fut M. d' Aigremont, qui mourut en fonctions. On établit aussi un armurier, qui reçut 10 écus par mois.
On établit une forge dans le petit corps de garde du milieu de la place, où les soldats travaillaient à meilleur marché que
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