Ibid., t. CCCXXVI,p
Aguirre, bénédictin espagnol, se distingua par son ardeur contre les quatre articles de 1682, « ce qui lui valut le chapeau », dit M. l'abbé Le Noir1. Il fut nommé cardinal le 2 septembre 1686. Ses écrits les plus célèbres sont : La grande collection de tous les conciles d'Espagne et du Nouveau Monde, et la Théologie de saint Anselme. Le pape le tint en très grande estime, le considéra comme la personnification de la théologie et le fit venir à Rome en 1687. A peine arrivé dans cette ville, il fut visité tous les jours par Gasoni. D'après le cardinal d'Estrées, c'était un docteur monacal qui faisait des pointes à l'espagnole et qui ignorait les choses du monde2. Le cardinal d'Estrées, après lui avoir rendu sa visite, en écrivit ainsi à Louis XIV, le 5 août 1687 : « Je connus qu'il était fort opposé aux jansénistes. Je ne sais si la fréquentation de Gasoni le changera. Il est fort ami du général des jésuites, et ils se voient fort souvent; du reste on le regarde comme un homme d'étude et de littérature; mais son estime pour les choses du monde diminue de jour en jour3. » Au mois de septembre suivant, il fit faire des avances au cardinal d'Estrées, en vue d'un accommodement des affaires de France4. Songeait-il à se préparer des amis dans la faction de France, pour le prochain conclave ?
Sfondrate, de Milan, moine et abbé de Saint-Gall, écrivit, entre autres choses, contre la régale et contre les franchises des ambassadeurs, en faveur de l'immaculée conception et d'une sorte de béatitude naturelle dont jouiraient les enfants morts sans baptême. Cette dernière opinion, qui se trouve dans son Nodus prœdestina-
1. Dictionnaire de théologie de Bergier; édit. de M. l'abbé Le Noir, art. Aguirre.
2. Le cardinal d'Estrées au roi, le 24 juin 1G87, Correspondance de Rome, t. CCCIV, p. 228-244.