Ibid., t. CGCV, p
4. Le cardinal d'Estrées au roi, le 9 septembre 1687 (ibid , p. 157-171).
tioniSy souleva une vive opposition, surtout en France, où Bossuet et Noailles demandèrent que cet ouvrage tut censuré. Innocent XI avoua lui-même qu'il ne l'avait pas fait cardinal en 1686, parce qu'il n'avait été que le second et non lepremier, comme Aguirre, à écrire contre les doctrines de l'assemblée de 1682; mais il promit de le récompenser et de le pourvoir autrement. D'après le ducd'Estrées, onpensaitque le pape avait l'intention de le nommer évêque deNovare1. — Dans sa dépêche du 27 décembre 1688, Lavardin avertit Louis XIV que cet abbé de Saint-Gall était delà même cabale que le cardinal Le Camus, Lambert Casoni et autres2. — Le 3 mai 1689, l'abbé d'Hervault manda à Croissy : « On croit savoir à Rome que le pape avait fait promettre de grosses sommes aux Suisses par l'abbé de saint-Gall, appelé Sfondrat, qui est l'auteur de plusieurs petits livres qui ont été faits depuis peu en faveur du pape sur les affaires de France, et qui ne croit pas devoir être moins récompensé que le cardinal Aguirre3. »
Tels sont les principaux théologiens, qui, avec quelques Flamands dont il sera parlé plus loin, furent les lumières d'Innocent XI.
On ne craignait point à Rome de fabriquer les documents dont on avait besoin pour le besoin de la cause papiste. Les négociations relatives à la sécularisation de l'abbaye d'Aisnay démontrent ce fait. Plusieurs autres dépêches font aussi ressortir l'esprit de mensonge qui caractérisait la curie romaine, la facilité avec laquelle on
1 . Le duc d'Estrées au roi, le 17 septembre 1686 {Correspondance de Rome, t. CCCI, p. 263-273).