‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 106 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLXVI, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXVI, p

avec une grande avidité que Gerbais allait réfuter l'ouvrage de feu Launoy intitulé : De la puissance royale sur le mariage (1664). On était heureux, à Rome, de tout ce qui pouvait affaiblir l'autorité des rois, faire disparaître le contrat naturel et civil de mariage dans le sacrement, et réserver à l'Église seule, c'est-à-dire en dernière analyse, à la papauté, le pouvoir de régler, de prohiber et de dirimer sur ce point si important1.

Un moine flamand fut très considéré par le pape, en août 1681, pour avoir représenté comme « choses atroces et inouies, l'épiscopat de droit divin, le jugement des évêques en première instance dans les matières de la foi et leur déposition par les conciles généraux » 2. Evidemment, Innocent XI voulait être le maître des évêques ; il voulait pouvoir les déposer à son gré, les considérer comme des délégués qui n'auraient d'autorité que celle qu'il consentirait à leur départir; il voulait s'adjuger à lui seul le droit de prononcer en matière de foi, comme étant lui-même le dépositaire de la seule autorité hiérarchique de droit divin. Des évêques frères et coopérateurs lui étaient odieux; il n'admettait que des évêques serviteurs. On les avait appelés jusque-là ordinaires, comme étant les dépositaires ordinaires, dans leurs diocèses, de la puissance ecclésiastique; mais il voulait, lui, être le seul ordinaire de tous les diocèses et transformer ainsi les évêques diocésains en simples vicaires de l'ordinaire. C'était une révolution hiérarchique qu'il voulait opérer dans l'église au profit de la papauté absolutiste.

On s'étonne, au premier abord, que quelques papistes espagnols, ainsi que Favoriti, aient fait chorus aux théologiens jansénistes, pour presser le pape de réunir un concile général; il semble, en effet, que la tenue d'un concile général eût été la démonstration et l'aveu de l'iri-

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