Correspondance de Rome, t. CCLXIX, p
2. Le cardinal d'Estrées au roi, les 27 et 28 août 1681 (ibid, t. CCLXXIV. p. 211-229).
suffisance du pape seul. Mais telle n'était pas la pensée de Favoriti ni des Espagnols, qui, en effet, voulaient un concile général pour y prendre le gallicanisme d'alors dans son propre piège, c'est-à-dire pour faire définir par le pape et la majorité des évêques la supériorité du pape sur le concile. Les jansénistes avaient d'autres intentions.
Les théologiens romains ne voulaient pas que le pape fût considéré comme soumis aux canons. Ils le tenaient généralement pour supérieur au concile, même universel, et par conséquent aux canons des conciles. Ce fait est relaté très expressément dans le mémoire de Servient, du 13 novembre 16801.
La thèse de l'infaillibilité papale était soutenue à Rome, notamment par Innocent XI; tels et tels y glissaient des sous-entendus et des tempéraments, mais vaguement. Le cardinal Capizucchi lui-même se calma comme infaillibiliste en juillet 16892.
Aussi tout le monde devait-il obéir au pape. Les nonces mêmes, à qui l'on avait toujours laissé une certaine latitude pour juger de l'opportunité ou de la non-opportunité des circonstances dans l'exécution des ordres reçus, n'étaient plus considérés que comme des serviteurs chargés d'exécuter les ordres pontificaux sans réplique et sans délai. Une lettre du nonce de Venise à l'abbé Melani, en date du 2 juillet 1678, en fournit une preuve péremptoire. En effet, « cette lettre fait voir que le palais de Rome veut présentement que les nonces du pape exécutent sans réplique ses ordres, encore bien que pour le service du saint siège ils aient des raisons assez fortes pour en différer l'exécution... Le roi doit être informé que le nonce Varese, n'ayant reçu le premier bref qu'il eut ordre de rendre au roi sur la régale qu'à la veille du départ de Sa Majesté pour la Flandre, et jugeant à propos