‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 108 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLXIX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXIX, p

2. Mémoire du cardinal d'Estrées, le 5 juillet 1689 (ibid. t. CCCXX1I, p. 233-266).

de ne le point rendre qu'à son retour, il en donna les raisons à M. le cardinal Cybo, lequel, après une très rude réprimande, lui ordonna de prendre la poste, fût-ce avec un seul laquet (sic), pour rendre à Sa Majesté le dit bref en quel lieu qu'il la pût joindre, et heureusement pour lui il se rencontra que Sa Majesté revint, lorsque cet ordre lui arriva1. »

Le pape eut du chagrin, comme il a déjà été dit, de la lettre de l'évêque de Grenoble sur le culte des images et des reliques, en 1687. Ce chagrin montre qu'à Rome on attribuait aux images et aux reliques une vertu propre et particulière, relativement au salut 2. Ce fait n'a rien qui doive surprendre, si l'on réfléchit sur tout ce que Rome a autorisé et pratiqué à ce sujet pendant le moyen âge. C'était en entretenant ses adeptes dans le matérialisme superstitieux, habilement présenté comme étant le seul vrai culte objectif et positif, que Rome cherchait à atteindre son but. Ne pouvant pas régner sur une Eglise instruite, la papauté préférait une Eglise ignorante. Elle étouffait autant que possible les discussions, écartait les questions qui pouvaient éveiller l'esprit des prêtres et des fidèles, et résumait toute la doctrine chrétienne dans cette proposition : « Il faut obéir au pape, vicaire de Dieu sur la terre. »

Rome comptait, dans toutes les Églises qui lui étaient soumises, des théologiens dévoués à ses doctrines et à ses desseins.

En France, plus le gallicanisme s'amoindrissait, plus l'ultrarnontanisme s'étendait et se fortifiait. Du cardinal

Page 1