Correspondaance de Rome, t. CCLII, p
2. Bourlemont à Pomponne, le 16 novembre 1678 (ibid. t. CCLVIII, p. 121-122).
grâce aux faveurs que l'Espagne lui avait accordées depuis de longues années.
Déjà nous avons vu le fanatisme du Père Chrétien Lupus, de l'ordre de Saint-Augustin et docteur de Louvain. Ses excentricités à l'Académie de la reine de Suède en 1677 sont connues. Lupus avait pour compagnon le Père de Brou, que le duc d'Estrées signala ainsi à Pomponne le 6 avril 1678 : « Le Père Fabri, jésuite, m'ayant dit hier qu'un augustin, docteur de Louvain, nommé de Brou, qui était venu ici avec Christianus Lupus, en était reparti pour s'en retourner en France. J'en donne avis aujourd'hui à M. l'archevêque de Lion, afin qu'il le fasse arrêter s'il le juge à propos, y ayant beaucoup d'apparence qu'il n'a point de passe-port du roi *. » Le duc se trompait, de Brou avait un passe port 2.
Lupus était un des trois docteurs que l'université de Louvain avait députés à Rome, pour y solliciter la condamnation de plusieurs propositions dénoncées par certains Louvanistes comme dangereuses. Il était très affectionné à l'Espagne. Le cardinal Altieri avait déjà voulu l'attirer à Rome sous Clément X; « mais, dit Servient, l'affaire manqua par l'épargne d'une pension5.» L'abbé de Bourlemont manda à Pomponne, le 18 août 1677 : « Les trois docteurs de la faculté de Louvain, qui sont ici depuis quelque temps, ont. donné à la congrégation du saint office une note des quatre-vingts propositions théologiques qu'ils estiment dangereuses. Ils demandent la résolution du pape et de cette congrégation sur icelles. On croit que cela ira en long 4.»
Le 3 janvier 1679, Louis XIV écrivit de sa main au cardinal Cibo, pour le prier de remettre à Sa Sainteté un mémoire sur cette affaire et d'appuyer auprès d'elle ses