‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 112 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLIX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLIX, p

jésuites, pour se venger et détourner le coup, ripostaient en accusant leurs adversaires de jansénisme, en en appelant aux condamnations d'Innocent X et d'Alexandre VII, et en mettant pour ainsi dire Innocent XI dans la nécessité de condamner ces Louvanistes, sous peine de passer pour un adversaire de ses prédécesseurs.

Rome trouva un biais que le duc d'Estrées signala à Pomponne le 14 mars 1679 : « Les docteurs de Louvain, dit-il, avaient apporté ici deux cent vingt-cinq propositions pour les faire examiner; mais vous verrez, monsieur, par l'imprimé que je vous envoie, que l'on n'a prononcé que sur soixante-cinq et seulement par un décret de la congrégation du saint office, signé du secrétaire, et en cette occasion le pape ne parle point ex cathedra. Vous verrez, monsieur, que de ces soixante-cinq propositions, il y en a vingt-cinq ou trente qui ne méritaient aucun examen pour être désapprouvées, et qu'il ne faut pas être théologien pour en juger ainsi qu'on a fait1. » Le lendemain 15 mars, Servient, en envoyant aussi de son côté les propositions condamnées, ajouta : « Il y a, entre autres, un livre imprimé en 1645 chez Jean Baptiste Creel à Liège, intitulé : Jus Belgarum circa bullarum ponlificiarum receptionem, qui traite à fond de cette matière, » c'est-à-dire des décisions des congrégations 2. Dans une autre dépêche, du 10 mai, Servient insista et fit remarquer que, dans ce décret de l'inquisition, c'était bien le pape qui, appuyé sur l'examen de cette congrégation, défendait d'enseigner ces propositions sous peine d'excommunication latœ sententiœ, comme scandaleuses et pernicieuses, et cela in globo, selon les termes dans lesquels elles étaient conçues; mais que, d'après les principes de Louvain, les bulles des papes et à plus forte raison les décrets des congrégations n'étaient reçus dans

1. Correspondance de Rome, t. CCLIX, p. 290-291. L'imprimé envoyé par le duc se trouve au t. CCLXIV, p. 7-8 ; il est daté du 2 mars 1679.

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