‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 118 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCXC, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCXC, p

romain dans les controverses de la foi, il doit évidemment montrer que sa décision est conforme aux saintes Ecritures et aux traditions, et s'il ne le montre pas évidem ment, ils ne sont pas tenus d'accepter ses décisions. — 4. On doit, dans les controverses de la foi, en appeler du pontife romain comme d'un juge faillible, à une assemblée des évêques qui représente l'Église de l'univers; le seul concile général est infaillible. — 5. On doit tenir pour infaillible ce qui été défini par la plus grande partie (a majori parte) des Pères du concile général, quand même le pape ou son légat président y contredirait. — 7. Le Père Gabrielis nie que ces textes contiennent l'infaillibilité du pape et il s'efforce ailleurs d'en détourner le s'ens. » Il s'agit des textes des Evangiles où Jésus-Cbrist dit à Pierre : Tues Pierre, etc.; J'ai prié pour toi, etc.; Pais mes brebis, etc. — 8. Le pontife romain dans les conciles généraux n'a aucune autre prérogative et autorité sur les autres évêques, si ce n'est que, à cause de la dignité du siège apostolique, il préside et profère le premier avis, comme le Bienheureux Pierre l'a fait au concile des apôtres. — 9. Les Français prétendent qu'il est de foi que le pontife romain est faillible, même quand il définit ex cathedra l . »

Dans l'article précité, le Père Gabrielis s'exprimait ainsi : « L'indéfectibilité de l'Église dans la foi est fondée sur les promesses du Christ faites à Pierre : Tu es Pierre..., J'ai prié pour toi..., Pais mes brebis... De ces textes les saints Pères ont conclu à la primauté de Pierre et de ses successeurs dans le siège romain et à l'indéfectibilité de l'Eglise catholique dans la foi. Si tu exiges pour cette indéfectibilité le consentement universel de toutes les Eglises, fais en sorte de ne pas ébranler la foi des conciles généraux, et observe que, l'Église étant scindée en deux parties et plus, en latine et grecque, en romaine, calvi-

1. Le texte latin de ces propositions se trouve au t. CCXC, p. 212-213.

niste et luthérienne, tu ne trouveras ce consentement qu'à la condition d'établir que, dans la définition des questions de foi, le siège romain de Pierre, auquel tu accordes la primauté et que tu fais centre de l'unité, est infaillible, quelque nombreuses que soient les personnes ou les Églises particulières séparées de sa foi ou de son unité; et tel est, selon nous, l'esprit des Pères *. »

Le 14 juillet, le cardinal d'Estrées écrivit à Louis XIV que, quatre ou cinq semaines auparavant, on avait reparlé au saint office de l'affaire du Père Gabrielis; qu'on y avait lu la réponse de l'internonce de Bruxelles, d'après laquelle il serait difficile de procéder juridiquement contre lui dans le Brabant. L'internonce, après avoir conclu qu'il était mieux d'amener ce Père à donner satisfaction au pape, fit observer que ce Père doutait de l'authenticité des écrits qu'on lui attribuait et qu'on déférait au saint siège, que ses ennemis avaient pu les dénaturer et qu'il en demandait copie. Un cardinal remarqua que l'explication envoyée par ce Père comme satisfaction était pire que ses anciens écrits. Le cardinal d'Estrées soutint « qu'elle était catholique, que ce serait ne l'être pas que de la condamner, et qu'à la réserve de la faute qu'il avait commise en divisant l'Église latine en romaine, luthérienne et calviniste, rien n'y pouvait être condamné. On résolut ensuite qu'on lui communiquerait ses écrits, que l'internonce tâcherait de tirer le plus de preuves possible qu'il les avait enseignées (sic), et qu'on lui demanderait le projet de la déclaration qu'il voudrait faire 2. »

Louis XIV répondit au cardinal d'Estrées, le 13 août suivant (1084), que l'affaire de ce Père ne lui « paraissait pas d'une si grande importance 3. »

Le 27 mars 1685 se tint encore à Rome une congrégation, dans laquelle on continua l'examen des propositions

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