‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 124 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLXI, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXI, p

jésuites, de ce que contient cette censure, afin qu'il pût l'envoyer en France. Je n'ai pas cru devoir accepter cette proposition sans un ordre de Sa Majesté, et j'ai repondu à ce cardinal, comme le mérite un tel procédé, que Sa Majesté avait un très grand et très juste sujet de s'en plaindre, et qu'il me semblait qu'il y avait peu de prudence d'ajouter celui-là à tant (Vautres qu'elle avait, d'être mal satisfaite de la conduite du pape sur les choses que Sa Majesté désirait l. »

Le ducd'Estrées au roi, le 10 octobre : « Je témoignai au pape de la surprise de ce que M. le cardinal Cybo m'avait fait savoir quelques jours auparavant, touchant la censure du livre du Père Maimbourg. Sur quoi Sa Sainleté me pria de considérer qu'elle ne savait pas que les décrets de la congrégation de l'Indice n'en devaient pas sortir et de le vouloir représenter à Votre Majesté. » — A qui, en vérité, fera-t-on croire que le pape ignorait que les décrets de cette congrégation ne dussent pas être communiqués au dehors, si tel était réellement l'usage de cette congrégation? La ruse était flagrante. — Le duc d'Estrées fit dire au Père Oliva, par le Père Fabri, qu'il pouvait de lui-même l'aire ce qu'il jugerait à propos, touchant la communication proposée par le cardinal Cybo de prendre connaissance des reproches adressés au livre du Père Maimbourg, et d'en faire part au Père La Chaise, qui en rendrait compte à Sa Majesté 2.

Le 8 novembre, l'abbé Servient engagea Pomponne à ne point laisser les procédés de la curie impunis, mais à « ramasser » dans les condamnations de l'Index toutes les censures des livres français et à « les faire biffer et lacérer en justice, comme injurieuses et contraires au droit du roi, de son royaume et aux libertés de l'Église de France. » « Ce moyen, ajouta-t-il, serait excellent pour prévenir le dessein de quelques gens, et surtout des con-

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