Ibid.y p
i.Ibid., p. 133-134.
CONDAMNATION DU P. M A IMBOURG. 201
second. Après l'ouvrage sur le grand schisme d'Occident, vint le tour de l'ouvrage sur la décadence de l'empire depuis Charlemagne. Cette seconde intrigue commença en mars 1680. En effet, le 6, le duc d'Estrées dépêcha ta Louis XIV : « Le général des jésuites prit une audience du pape il y a quelques jours, dans laquelle Sa Sainteté lui parla avec beaucoup de chaleur du Père Maimbourg, touchant la décadence de l'empire après Charlemagne et les différends des empereurs avec les papes au sujet des investitures et de l'indépendance; qu'il était tout à fait contraire au saint siège et aussi pernicieux que celui de Fra Paolo. Sa Sainteté dit aussi au général que c'était à lui à y remédier ; qu'elle s'étonnait qu'il n'empêchât pas dans sa compagnie ces sortes d'écrits, et que le Père Boucher, assistant de France, ne fut pas venu me trouver, pour voir avec moi quel expédient on pourrait prendre pour ne laisser point courre ce livre. Comme Votre Majesté ne m'a point encore fait l'honneur de m'en parler, je n'ai garde d'entrer en rien qu'elle ne me l'ait ordonné. » Le duc ajouta qu'il n'avait pas laissé soupçonner au Père Boucher que Sa Majesté ne lui avait encore rien dit de ce livre, « parce que le pape en aurait tiré une conséquence, que Votre Majesté prend peu d'intérêt à ce livre et ne se soucierait guère de ce qui en pourra arriver *. » On le voit, le duc reprochait doucement et indirectement à Louis XIV sa nonchalance à l'égard des empiétements de Rome et des coups frappés par la curie contre les maximes galiicanes et contre l'indépendance des Etats.
Servient parla plus nettement. Le même jour, il écrivit à Pomponne: « Je sais du côté du palais qu'on voudrait intéresser le R. Père général des jésuites à arrêter la plume du Père Maimbourg et le cours du bel ouvrage qu'il a fait, en dernier lieu, sur la décadence de l'empire • et les différends touchant les investitures. On voit ici