Correspondance de Rome, t. CCLXXX, p
donnés par l'appétit déréglé de réformer toutes choses. On en est convenu, et l'on a écouté fort attentivement l'explication des articles sur lesquels on a déploré la volontaire incapacité et V obstination de Sa Sainteté1. » Donc, même dans l'entourage de Favoriti, on était loin de croire à la vérité des doctrines papistes et encore moins à l'infaillibilité du pape, qu'on traitait d'incapable et d'obstiné. Le prix de tels aveux ne saurait échapper aux esprits attentifs.
Le jeudi 30 avril 1682, Servient écrivit à Croissy, et lui répéta que Rome, en différant d'expédier les bulles de Pamiers, violait le concordat; que ce délai « n'était nourri par nos ennemis que dans l'espérance de semer le désordre dans le royaume, commençant par le diocèse de Pamiers et continuant par celui de Toulouse, ce qu'on aurait dessein de faire faire à Sa Sainteté, si les projets de Pamiers réussissaient2. » Le 7 mai, il conseilla à Croissy de donner simplement huit jours au pape pour se prononcer sur l'affaire de Pamiers, et il rapporta que le pape avait prié le cardinal Rospigliosi de négocier avec le cardinal d'Estrées pour« faire cesser les entreprises (?) de l'assemblée tant sur les réguliers que sur les bulles de M. de Pamiers, et sur tous les autres points, par l'espérance d'une satisfaction prochaine sur l'affaire de Pamiers3 ». Mais ce n'était qu'un nouveau piège de la curie.
Leduc d'Estrées, sous l'influence des derniers conseils énergiques qui lui avaient été inspirés, parla ainsi au pape, dans son audience du 1er mai : « Je suis venu ensuite sur le sujet des bulles de Pamiers, et je lui ai répété ce que je lui avais dit dans deux autres audiences il y a déjà quelques mois, dont le pape s'est bien souvenu, que c'était manquer au concordat que de ne les accorder
1 Correspondance de Rome, t. CCLXXX, p. 290-293.