‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 133 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLXX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLXX, p

ravant, et on ne pouvait réfuter plus fortement les faibles réflexions que le sieur Schelestrat s'était avisé de publier sur cette matière ». Ce Schelestrat, sous-bibliothécaire du Vatican, était embarrassé de cet ouvrage ; et, pour se tirer d'affaire, il fit dire qu'il avait des manuscrils à lui opposer. « Mais, ajouta le cardinal d'Estrées, cela ne me paraît guère possible1. »

Cet ouvrage, dont la seconde édition parut à Paris dès 1685, était intitulé : « Traité historique de rétablissement et des prérogatives de l'Église de Rome et de ses évêques,pnv M. Maimbourg. » Dès le 30 décembre 1684, le cardinal d'Estrées écrivit au roi, à propos du titre : « Ce terme des évêques de Rome parait ici fort injurieux et affecté pour abaisser la dignité du saint siège, parce que, depuis huit à neuf cents ans, il a cessé d'être en usage, quoiqu'on le trouve énoncé dans les premiers conciles généraux. » Le cardinal d'Estrées déclara aux membres de la curie que cet ouvrage était une représaille de la condamnation du Père Alexandre2. Les Romains ne tardèrent pas à en devenir de plus en plus furieux3. Le bruit courut aussitôt à Rome que le Père Noris, augustin et régent de l'université de Pise, serait chargé de faire la réponse. « Mais, dit le cardinal d'Estrées, cette réponse n'est pas trop aisée, car il s'agit de détruire ou de détourner des faits véritables et bien représentés1'. »

On ne saurait parler plus clairement ni dévoiler plus franchement les visées de Rome, lorsqu'elle trouve dan» l'histoire des faits qui renversent ses doctrines et ses prétentions. La papauté, qui se dit la source de la vérité divine et le centre de l'Église chrétienne, ne recule pas devant la tâche honteuse ou de détruire ou de détourner ces faits véritables. C'est le cardinal d'Estrées même qui

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