Correspondance de Rome, t. CCLXXXIX, p
Autre dépêche du 21 : « On (la cour de Rome) fait écrire secrètement sur le livre du Père Alexandre, qui tient toujours fort à cœur aux cardinaux du saint office : car, quoiqu'il parle respectueusement du pape Grégoire VII, il attaque les principes de son entreprise contre l'empereur Henri IV, et prétend démontrer qu'il a abandonné la tradition de ses prédécesseurs en la faisant. Je crois que ce livre n'évitera pas quelque note. De mettre de pareils traités entre les mains des théologiens de cette cour, c'est proprement faire juger un procès par les parties, et la plupart croiraient passer pour criminels s'ils opinaient modérément l. »
Vers le 25 novembre suivant, une congrégation extraordinaire se tint chez le cardinal Ottoboni. « On m'assure précisément, écrivit Servient à Croissy, que le motif a été d'examiner le livre du Père Noël Alexandre, dominicain, qu'on veut censurer et défendre, parce qu'il contient les propositions de rassemblée2. » « L'acharnement des casuistes, ajouta le cardinal d'Estrées, est si grand contre le livre du Père Alexandre, quoiqu'ils ne s'échappent pas quand je suis à la congrégation, qu'il est difficile qu'il ne soit pas mis dans VIndice comme celui de M. Maimbourg. » Le cardinal d'Estrées les engageait bien à ne le pas condamner; mais, dit-il, g on écoule les considérations que je fais et l'on n'y répond pas3. » C'était donc évidemment un parti pris de la part de la congrégation : se taire devant le cardinal d'Estrées et le laisser parler à son aise, mais sans y faire attention, telle était la tactique.
Jusqu'au mois d'avril, silence des examinateurs ou plutôt travail soigneusement caché aux d'Estrées. Le cardinal manda. à Louis XIV, le 11 avril 1684 : « La disposition de plusieurs gens de cette cour est encore plus