Correspondance de Rome, t. CCLXXXIX, p
2. Dépêche du 30 novembre 1683 {ibid., t. CCLXXXVI, p. 338- 342).
3. Dépêche du 4 janvier 1684 {ibid., t. CCLXXXIX, p. 297-306).
aigre sur les ouvrages du Père Alexandre. Les jugements que les examinateurs en ont faits, ont été portés au pape, et l'on croit que, pour noter davantage cet ouvrage, ils le condamneront par un bref. On m'a promis de me communiquer le vœu qu'en a fait le Père Bianchi, dominicain, que le pape a commis lui-même. Il conclut que les autres tomes soient prohibés jusqu'à ce qu'ils soient corrigés, prohibeantur donec corrigantur; mais pour le dernier, qui rapporte les différends du pape Grégoire VII et de l'empereur Henri IV, omnino prohibeatur. Ce Père Bianchi a dit que quelque autre avait été commis pour examiner ce livre, dont on ne lui a pas voulu dire le nom. 11 appréhende qu'on ne croie, parce qu'ils sont, le Père Alexandre et lui, d'un même ordre, qu'il a voulu épargner son confrère et qu'on ne s'attache à des avis plus rudes que le sien. Je ne crois pas qu'on fasse revenir cette affaire à la congrégation. Peut-être ils éviteront de m'entendre opiner; mais j'ai dit et redit tant de fois qu'ils ne peuvent sortir d'une défense simple et générale sans tout gâter, qu'ils ne seront guère excusables s'ils le font1. »
Ce que le cardinal d'Estrées prévoyait, arriva. Afin de lui soustraire la connaissance de cette affaire, on résolut de la soustraire au saint office même et de faire examiner les livres incriminés hors de cette congrégation2. C'est ainsi qu'on fuyait la lumière etla discussion, qu'on voulait condamner les doctrines gallicanes sans entendre leurs défenseurs, et qu'on choisissait, pour les condamner, des hommes gagnés à l'avance. Le Père Bianchi vit les avis de quelques examinateurs, et. des cardinaux lui avouèrent que ces avis étaient confus et inintelligibles; « de sorte, raconte le cardinal d'Estrées, qu'il croit qu'on suivra la forme de la condamnation qu'il a marquée, qui est la plus légère de toutes, puisqu'elle aboutit à défendre