‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 146 sur 373 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

aucun mécontement à Rome, au sujet de cette condamnation *. Le surlendemain, ce cardinal, qui n'avait pas encore reçu cette dépêche, manda à Sa Majesté : « Le Père Alexandre, dont je ne connaissais pas la personne et qui même ne m'avait jamais envoyé ses livres, quoiqu'il en donnât à quelques cardinaux, m'a écrit depuis peu pour me remercier des offices que je lui ai rendus. Il me parle, dans sa lettre, des deux derniers tomes de son ouvrage, qui viennent d'être imprimés. Les événements des deux siècles dont il continue l'histoire lui ayant donné lieu de parler de la régale et de la doctrine des propositions du clergé, il me mande qu'il s'en explique selon les maximes d'un docteur français, et zélé pour son prince et pour sa nation... Il ne faut pas douter que ces deux volumes ne renouvellent l'indignation du pape contre lui et n'émeuvent les esprits. La cabale ne manquera pas d'animer Sa Sainteté à une nouvelle condamnation, et je ne sais si le silence qu'on aura gardé sur la première ne leur inspirera pas V audace d'entrer dans un plus grand détail dans cette seconde condamnation, s'ils se résolvent de la faire2. » Cette leçon de Son Émmence ne fut pas comprise par Louis XIV, qui lui répondit, le 26 octobre, que même une condamnation nouvelle du Père Alexandre ne saurait le déterminer à faire aucune démonstration éclatante contre Rome3. C'est à cette époque que les derniers livres en question arrivèrent à Rome, et aussitôt les cardinaux du saint office s'en saisirent4. Casoni en profita pour irriter plus encore le pape. En effet, écrivit le cardinal d'Estrées le 23 décembre suivant, « le chagrin que le pape a conçu contre le Père Alexandre semble passer de sa personne aux théologiens français de son ordre, auxquels Sa Sainteté veut que le général défende de prendre des degrés dans

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