‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 156 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCCIX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCCIX, p

sur cette condamnation quelques détails intéressants, qu'on peut résumer ainsi.

Le 20 juillet 1688, le cardinal d'Estrées fit au roi l'éloge de son parent et ami, l'évèque de Tournai. Toutefois, Son Eminence s'étonna qu'il eût publié sous son nom la lettre susdite, et qu'il se fût ainsi exposé à une censure de la congrégation du saint office. Cette censure lui paraissait d'autant plus probable que cette lettre était, contre Grégoire VII, Pie II et autres, plus forte que ce que les Pères Maimbourg et Alexandre avaient écrit. Mais Gilbert de Clioiseul ne s'en effrayait aucunement; il écrivit expressément au cardinal d'Estrées « qu'il ne se mettait guère en peine des résolutions que la congrégation pourrait prendre l. » Le 10 septembre suivant, le cardinal manda au roi que le pape avait chargé de nouveaux théologiens d'examiner la lettre de l'évèque 2. Le 8 octobre, le saint office prononça son jugement, à savoir que cette lettre serait mise au nombre des livres défendus, mais sans qualification. Le cardinal d'Estrées lit inutilement remarquer qu'avant de faire un décret sur un ouvrage, il fallait le communiquer à plusieurs examinateurs, et qu'un seul examinateur avait fait rapport sur la lettre en question. « Ce qui me paraît de mieux en cela, ajouta Son Eminence, c'est que ce décret ne diminuera rien du prix de cet ouvrage et sera fort indifférent à Fauteur*. » Dans sa dépêche du 19, Lavardin mentionna le fait en ces termes : « La lettre de M. l'évèque de Tournai au docteur Strayart de Louvain a été condamnée et mise sur l'index des livres défendus, » mais sans qualification4. Le décret de l'inquisition est daté du 13 octobre

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