IbicL, t. CCCXV, p
3. Le cardinal d'Estrées au roi, le 16 octobre 1688 {ibid., t. CCGXVI,
A. Ibid., t. CCCXII, p. 126-129.
Le cardinal d'Estrées dressa aussitôt un mémoire sur un projet de réponse que cet évêque pourrait adresser au pape, pour se plaindre de la condamnation dont il venait d'être l'objet. Son Éminence, en l'envoyant à Louis XIV, ajouta : « Il me semble qu'il y aurait de la dignité qu'un des plus anciens évêques du royaume et des plus distingués lui demandât raison, avec regret, du décret d'un tribunal qu'il ne reconnaît pas et qui n'est d'aucune autorité en France. » Le cardinal pria le roi de faire supprimer son nom dans ce mémoire, dans le cas où on l'enverrait à l'évêque *. Par ce même courrier du 26 octobre, Lavardin adressa à Louis XIV un éloge de la lettre condamnée, disant qu'elle était « belle et bien forte 2. »
Le 25 novembre suivant, Louis XIV répondit de Versailles au cardinal d'Estrées qu'il ferait communiquer son mémoire à M. de Tournai, et qu'il tairait son nom 3. Ce mémoire se trouve au tome CCCXVI (p. 127-135). Il y est remarqué que la lettre projetée ne devrait pas être un acte de soumission à la condamnation, mais une « plainte » au pape contre elle 4, plainte qui devrait être revêtue « d'une apparence de respect, de retenue et de modération. » On y pourrait dire, entre autres choses, « que MM. les cardinaux de qui dépend le jugement des livres qu'on examine dans le saint office, s'en rapportent à la relation de quelques théologiens et ne se donnent pas la peine de les lire eux-mêmes, » et que, dans le cas présent, ils n'ont pas lu la lettre condamnée par eux; que les papes Libère, Honorius, Grégoire II, Grégoire III et Etienne II, qui ont prétendu parler comme des successeurs de saint Pierre, ont cependant erré, et que par conséquent on ne saurait condamner le clergé de France, lorsque, d'après une tradition constante depuis le troi-
1. Dépêche du 26 octobre • 1688 (Correspondance de Rome, t. CCCXVI, p. 192-201).