Ibid,, cf. p
sième siècle, ce clergé rejette l'infaillibilité des décisions du pape.
Le 17 décembre 1688, le parlement défendit la publication en France du décret de l'inquisition du 13 octobre.
Gilbert de Choiseul, se voyant condamné après quarante-deux ans d'épiscopat par les théologiens de l'Index romain, se décida à sortir de son dédain et à écrire la lettre désirée par le cardinal d'Estrées. Elle se trouve, sous des dates différentes, au tome CGCIX (p. 167-172) et au tome CCCXIX (p. 341-348) : là, elle est datée, évidemment par erreur, du 28 décembre 1687, V. Kalend. januar, 1688; ici, de Tournai, le 3 janvier 1689. « Je connais, dit ce prélat, la grande différence qu'il y a entre les décrets de l'Inquisition et les constitutions des papes, et je sais que les livres que cette congrégation condamne n'en sont pas moins estimés des gens de bon sens, principalement quand elle le fait sans avoir entendu les raisons des auteurs ou sans ij déclarer aucune erreur particulière. C'est aussi cette connaissance qui m'a rendu peu sensible au décret de l'Inquisition du 13 du mois d'octobre dernier... Je suis évêque, très saint Père, et, quoique le moindre d'entreles évoques et qui me reconnais indigne d'un nom si auguste, cependant depuis quarante-deux ans on me compte parmi ceux que le Saint-Esprit a destinés au gouvernement de l'Eglise et que Votre Sainteté daigne appeler ses frères; souffrira-t-elle que ses inquisiteurs abusent de son nom pour condamner un évêque et un de ses frères sans V entendre, lorsqu'elle ne voudrait pas permettre qu'un étranger ou un profane fût condamné de cette sorte? » L'évêque de Tournai démontre ensuite que, s'il a erré, c'est avec les docteurs de l'Église, avec les Pères, avec les anciens conciles; puis il dit : « Vous êtes, très saint Père, le chef de l'Église, et comme successeur de saint Pierre, nous vous reconnaissons pour tel; et je conjure Votre Sainteté de considérer que la souveraineté de l'Église n'a été déférée à saint Pierre qu'à cause de
sa charité, connue à Jésus-Christ par trois différentes épreuves. J'ai donc recours à votre charité comme au patrimoine assuré que saint Pierre a transmis à Votre Sainteté, et je la supplie de ne pas moins user de cette charité apostolique que de son autorité. »
C'est sans doute de cette lettre que le cardinal d'Estrées a parlé dans sa dépêche du 1er mars 1 G89 à Louis XIV, lorsqu'il a dit qu'il avait reçu pour le pape une lettre de M. de Tournai, lettre « toute digne de ce prélat ». Son Éminence pensa qu'il valait mieux la tenir en réserve, en attendant qu'on la plaçât à propos 4.
Nous reviendrons sur l'affaire Gabrielis en traitant du jansénisme.
Quant à celle de Mathieu de Moya 2, elle n'est touchée, dans les dépêches, qu'en passant et très superficiellement. Le 22 janvier 1G8Î, le duc d'Ëstrées manda à Louis XIV qu'au dernier consistoire, le pape avait parlé au cardinal Pio« avec beaucoup de chaleur et de colère». « Il s'agissait, à ce que l'on m'a conté, ajouta-t-il, d'un livre de Guimenius, contre lequel Sa Sainteté a fait une bulle. Mais le présidial de Lins n'y a pas voulu déférer et a ordonné que ce livre serait examiné pour voir si la. bulle de Sa Sainteté était bien fondée, et cependant qu'il aurait son cours comme auparavant 3. » Le 7 mai suivant, le duc d'Ëstrées écrivit encore : « J'ai su aussi qu'il y a le commencement d'une affaire entre Sa Sainteté et l'em-