‹ Louis XIV et Innocent XI (volume 2)Chapitre 173 sur 373 · Correspondance de Rome, t. CCLX, p · texte numérisé non relu

Correspondance de Rome, t. CCLX, p

formel d'une réforme de l'Église et d'un retour à l'ancienne discipline.

Nous ne reviendrons pas sur l'appréciation des théologiens gallicans dont parlent les dépêches : le cardinal d'Estrées, le docteur Dirois, l'abbé Servient, de Launoy, qui habita pendant vingt ans chez le cardinal d'Estrées f, de Callières, l'abbé Melani, etc. Ce dernier était un ecclésiastique italien, du diocèse de Pistoie, qui s'était attaché au cardinal d'Estrées dès 1671, et qui s'était « fort commis » pour lui avec la cour de Rome. Il touchait plusieurs pensions de Louis XIV, soit sur l'abbaye de Beaubec, soit sur l'évêché de Béziers. Sa franchise et ses principes libéraux avaient fort indisposé la curie contre lui. Dans une lettre adressée àCroissy le 18 juillet 1680, le cardinal Rospigliosi manda « qu'il ne croyait pas qu'il fût du service du roi d'envoyer l'abbé Melani à Rome et de le charger d'aucune négociation, étant un homme trop ouvert2. » Ce cardinal le connaissait d'autant mieux, qu'il avait sans doute eu connaissance des mémoires rédigés par Melani sur les négociations avec Clément IX, qui était un Rospigliosi 3.

Le Père Mabillon, de la congrégation de Saint-Maur, n'est signalé qu'une fois, dans une dépêche du duc d'Estrées du 25 septembre 1685, comme étant à Rome depuis quelques mois pour y examiner les manuscrits des bibliothèques et comme animé des meilleures intentions pour le service du roi 4.

L'abbé Renaudot (Eusèbe) composa plusieurs mémoires sous les ordres de Colbert de Croissy. Il était premier commis des affaires étrangères, et fort apprécié pour sa science étendue. Il avait commerce avec tous les gens de lettres et possédait une vaste érudition. Le 28 sep-

1. Le cardinal d'Estrées au roi, les 2 et 3 mai 1682 (Correspondance de Rome, t. CCLXXXIII, p. 197-239).

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